Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Salle à coupole
- Cinq tables élévatrices
- Panneaux de parquet
- Escalier de pierre
L’histoire du lieu
À la cour du dix-huitième siècle, le mot « ermitage » désignait des appartements destinés à un repas en petit comité, choisi à l’avance. À Tsarskoïe Selo, un pavillon distinct avec une salle à coupole fut construit pour ces réceptions ; deux ponts-levis y menaient, et l’actuel escalier de pierre fut ajouté plus tard. Les invités y étaient séparés de ceux qui préparaient et servaient le repas. Plus tard, le nom de ces appartements fermés du palais passa aux galeries de Saint-Pétersbourg et resta celui du musée de l’Ermitage.
En mai mille sept cent quarante-cinq, l’impératrice Élisabeth Petrovna ordonna de modifier le pavillon alors en construction. Au lieu d’un escalier ordinaire, elle exigea un siège élévateur et, dans la salle, des tables qui pouvaient descendre entièrement à l’étage inférieur. Élisabeth voulait recevoir des courtisans triés sur le volet et des ambassadeurs étrangers sans domestiques derrière eux, tout en étonnant les invités par un dispositif qu’ils n’avaient jamais vu auparavant.
La fonction du pavillon explique son nom. Dans le langage de cour du dix-huitième siècle, on appelait « ermitage » des appartements retirés destinés aux repas en cercle fermé. Il ne s’agissait pas de solitude : Élisabeth comptait y asseoir jusqu’à trente-cinq personnes. L’intimité commençait avec la liste des invités : tous les autres restaient de l’autre côté des ponts ou à l’étage inférieur.
Le maître fabriqua la première grande table pour vingt-deux personnes, mais elle se révéla trop longue. Élisabeth ordonna de retirer deux places à chaque extrémité, afin que les invités puissent passer entre elle et les quatre petites tables. La table centrale put ainsi accueillir dix-huit personnes, les autres prenant place autour. L’impératrice détermina elle-même la taille du groupe et contraignit la mécanique à se soumettre à l’étiquette de cour.
Le trente et un juillet mille sept cent cinquante-six, Élisabeth est attestée pour la première fois par les documents comme ayant déjeuné ici avec des cavaliers et des dames. À cette époque, deux ponts-levis en bois menaient au pavillon. À l’intérieur, les escaliers actuels n’existaient pas : les invités s’asseyaient deux par deux sur de petits divans-canapés, recouverts de velours vert à galon d’or, et montaient dans la salle sur des plateformes.
Lorsque les invités se trouvaient à l’étage, des parties du parquet s’écartaient et cinq tables déjà dressées apparaissaient depuis l’étage inférieur. Une assiette individuelle pouvait elle aussi être envoyée en bas : l’invité écrivait sur une tablette d’ardoise quel plat il souhaitait et tirait une corde. En bas, on lisait le billet, on changeait l’assiette et on la renvoyait par le même chemin.
Tout cela était actionné par des hommes. Une équipe de douze soldats était nécessaire pour manœuvrer les lourdes plateformes. Tandis que les ambassadeurs et les courtisans voyaient les tables surgir du sol, les soldats, à l’étage inférieur, tiraient les cordes, tournaient les treuils et maintenaient les plateformes à la hauteur voulue. De leur action coordonnée dépendait le fait que la vaisselle précieuse monte bien à niveau et qu’un retard ne trahisse pas tout l’effet préparé.
Après le repas, l’équipe descendait les tables et fermait les ouvertures avec des panneaux de parquet. Le mobilier disparaissait, et la même salle se libérait pour les danses. Élisabeth obtint exactement ce qu’elle recherchait : les invités montaient eux-mêmes au-dessus de l’étage de service, commandaient des plats sans qu’un laquais entre, puis voyaient la salle à manger disparaître sous leurs pieds.
Catherine II, qui succéda à Élisabeth sur le trône, transposa cette idée à Saint-Pétersbourg. En mille sept cent soixante-huit, elle ordonna d’installer des tables élévatrices dans un nouveau pavillon du palais d’Hiver, directement sur le modèle de Tsarskoïe Selo. Catherine y tenait des réunions d’un cercle choisi et y plaçait les tableaux qu’elle avait acquis. Le nom passa des appartements de repas fermés aux galeries du palais, puis au musée de l’Ermitage.
Les divans élévateurs du pavillon de Tsarskoïe Selo n’existent plus. L’un fut remplacé par un escalier de pierre en mille huit cent douze, l’autre fut démonté en mille neuf cent onze. Les cinq tables sont restées dans la salle ; les mécanismes qui se trouvent sous elles furent renouvelés au milieu du dix-neuvième siècle, puis restaurés plus tard. Lors d’une démonstration au musée, une assiette descend toujours sous le sol et revient en haut, là où Élisabeth avait réservé des places pour trente-cinq invités.
Sur place
En saison : 11:00–19:00, billetterie et entrée jusqu’à 18:00 ; jour de fermeture : lundi. Les visites intérieures se font selon des créneaux établis.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Si le pavillon est fermé, observez-le de tous les côtés accessibles : son aspect extérieur explique l’idée d’un palais à l’écart, et les tables élévatrices restent partie intégrante du récit de l’intérieur.
