Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La ligne droite du canal maritime
- Les berges de pierre
- Vingt-deux jets distincts
- Le palais au-dessus de la Grande Cascade
L’histoire du lieu
Des bateaux arrivaient réellement au palais par le canal maritime. Les grands navires restaient dans la baie, les invités montaient dans des chaloupes, passaient par l’écluse et accostaient dans le bassin près de la Grande Cascade. En mille sept cent quinze, Pierre Ier ordonna de creuser un canal jusqu’à la mer. Le niveau de l’eau près du palais était plus élevé que celui de la baie ; l’ingénieur hydraulicien Vassili Touvolkov construisit donc une écluse : sans elle, le port d’apparat ne pouvait pas recevoir de bateaux.
Pierre lui fit subir sa principale épreuve en août mille sept cent vingt-trois. Deux ans auparavant, la Russie avait achevé la grande guerre du Nord, et Pierre avait pris le titre d’empereur. Certaines cours européennes ne reconnaissaient pas encore ce titre. L’empereur voulait alors montrer à leurs représentants à la fois la flotte de la Baltique et la nouvelle résidence au bord de la mer.
Les ministres étrangers arrivèrent à Peterhof sur un yacht prussien. Pierre les reçut directement au canal maritime. Parmi les invités se trouvait Jacques de Campredon, ministre plénipotentiaire français auprès de la cour russe. Il cherchait à conclure une alliance entre la France et la Russie et devait rapporter au roi Louis XV quel État prétendait prendre place parmi les empires européens.
Campredon consigna ce qu’il avait vu avec une précision administrative : un canal rectiligne de mille pas de long et de vingt de large, des berges de pierre, des écluses pour l’entrée et la sortie de la flottille, des bateaux le long des murs, de puissantes colonnes d’eau près du palais. Le lendemain, Pierre guida lui-même les diplomates à travers Peterhof et leur montra les palais, le parc et la conduite d’eau. Le Français envoya un rapport détaillé à Versailles. Il n’en résulta pas d’alliance immédiate, et la France ne reconnut le titre impérial de Pierre qu’en mille sept cent quarante-cinq, déjà sous le règne de sa fille, Élisabeth de Russie.
Pierre envisageait aussi de transformer le chemin depuis la mer en leçon pour les arrivants. Vingt-deux fontaines furent aménagées de part et d’autre du canal, dans des niches de clôtures en treillage. L’empereur choisit pour elles les fables d’Ésope : des figurines d’animaux devaient jouer des histoires édifiantes et des moqueries contre les adversaires de la Russie. Le sculpteur français Nicolas Pineau eut le temps de réaliser quatre petits groupes peints. Le reste du projet resta sur le papier, et les figures créées disparurent bientôt.
En mille sept cent trente-cinq, les fontaines, déjà sans scènes de fables, furent déplacées des niches jusqu’au bord de l’eau. La fontaine de Samson prit alors place dans l’ancien port près de la cascade, et les bateaux cessèrent d’atteindre le palais. C’est de là que vient l’aspect actuel de l’Allée des Fontaines : vingt-deux jets distincts se dressent le long du canal par lequel Campredon et les autres envoyés arrivèrent pour la présentation diplomatique de la nouvelle résidence.
Sur place
Accessibles aux horaires du Parc inférieur, 09:00–20:00 ; les fontaines fonctionnent 10:00–19:45 pendant la saison 2026.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Arrêtez-vous sur l’axe central et regardez des deux côtés. Vers le palais, la perspective se rassemble en une entrée solennelle ; vers la baie, elle se dissout peu à peu dans l’espace ouvert.
