Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Bâtiment de la Bourse de Saint-Pétersbourg
- Colonnes rostrales
- Bord semi-circulaire en granit
- Descentes en granit
L’histoire du lieu
La pointe est l’extrémité orientale de l’île Vassilievski, où la Neva se divise en Grande Neva et Petite Neva. L’identité de la personne à laquelle renvoie le nom de l’île n’est pas établie avec certitude. Selon une légende connue, Pierre le Grand adressait ses ordres à l’officier d’artillerie Vassili Kortchmine en ces termes : « À Vassili, sur l’île. » Kortchmine a bien existé, mais l’île est déjà appelée Vassiliev dans un registre cadastral de l’an mille cinq cents. On ignore quel Vassili ce nom conserve.
En mille sept cent trente-trois, le port commercial et la douane furent transférés ici depuis la place de la Trinité, sur l’actuel côté de Petrograd. Le long de la Petite Neva, on déchargeait les navires venus de l’étranger, les marchandises étaient envoyées dans les entrepôts, et les marchands concluaient des affaires de gros et assuraient les navires. Au début du dix-neuvième siècle, environ la moitié des importations et des exportations russes passait par le port et la Bourse de Saint-Pétersbourg. C’est pourquoi l’immense bâtiment entre les deux bras du fleuve était destiné à une activité tout à fait pratique : on y négociait le prix du blé, du lin, du chanvre, du sucre, des métaux et de cargaisons entières de navires.
Giacomo Quarenghi, architecte de la cour chargé de remplacer le bâtiment commercial en bois, commença la construction de la première Bourse de Saint-Pétersbourg en pierre. En mille sept cent quatre-vingt-sept, les ouvriers avaient enfoncé dix mille pieux dans le sol et élevé les murs. Puis le chantier s’arrêta. Les marchands, qui participaient aux dépenses et comptaient commercer à l’intérieur, n’acceptèrent pas le projet. On proposa à Quarenghi de remanier le bâtiment, mais il refusa de céder à leurs goûts. Pendant près de vingt ans, une carcasse inachevée se dressa au-dessus du port.
Jean-François Thomas de Thomon, récemment arrivé à Saint-Pétersbourg, la vit. Il était surtout connu comme dessinateur, enseignait la perspective et l’architecture à l’Académie des beaux-arts, et cherchait à obtenir la possibilité d’y construire tout un ensemble. Le conseil de l’Académie voulait réduire les dépenses et exigea de conserver les murs de Quarenghi. Thomas de Thomon s’y plia : dans ses deux premières versions, il tenta d’intégrer la carcasse d’autrui à son projet. Mais alors, il était impossible de placer la Bourse de Saint-Pétersbourg exactement au milieu de la pointe, et les deux côtés du port restaient séparés.
Le président de l’Académie des beaux-arts, Aleksandr Stroganov, tenta de réconcilier les architectes tout en sauvant l’argent déjà dépensé. La Bourse de Saint-Pétersbourg inachevée fut mise en vente aux enchères : l’acheteur pouvait la démonter ou l’adapter à un autre usage. Personne ne se présenta. Après cela, il fut permis de démolir les anciens murs. Quarenghi ne pardonna pas à Thomas de Thomon la destruction de son œuvre ; les contemporains se souvenaient encore de leur inimitié bien des années plus tard.
Ayant obtenu un terrain libre, Thomas de Thomon orienta la nouvelle Bourse de Saint-Pétersbourg selon l’axe central de l’île. La rive devant elle fut avancée dans la Neva d’environ cent vingt-trois mètres, rehaussée par apport de terre et revêtue de granit. Ainsi, la pointe naturelle aiguë reçut son actuel bord semi-circulaire. De part et d’autre, l’architecte installa deux colonnes ornées de rostres, des représentations de proues de navires. Dans la Rome antique, ces proues ornaient les monuments aux victoires navales ; ici, les colonnes indiquaient aussi les deux passages fluviaux du port commercial.
Les travaux principaux furent achevés en mille huit cent dix, mais la Bourse de Saint-Pétersbourg n’ouvrit que six ans plus tard. Thomas de Thomon ne le vit pas. En mille huit cent onze, il tomba d’un mur du Grand Théâtre endommagé par un incendie, fut longtemps malade et mourut en mille huit cent treize. L’inauguration solennelle eut lieu le quinze juillet mille huit cent seize.
L’esplanade près des descentes en granit, où les gens se tiennent aujourd’hui, était sous l’eau du temps de Quarenghi. Sa Bourse de Saint-Pétersbourg n’est plus là, mais, lors de sa démolition, on conserva environ deux millions de briques et on les posa dans le bâtiment de Thomas de Thomon.
Sur place
L’esplanade extérieure est généralement accessible jour et nuit ; le bâtiment de la Bourse de Saint-Pétersbourg n’est pas une étape publique de cet itinéraire, et les zones de restauration peuvent modifier les passages et l’aspect de la façade.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Pour la meilleure vue d’ensemble, il faut s’éloigner un peu des objets isolés. Si une partie de la Bourse de Saint-Pétersbourg est cachée par la restauration, concentrez-vous sur les colonnes et les contours de l’ensemble.
