Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Le portique
- La figure du roi saint
- Les murs de briques
L’histoire du lieu
La partie sud de l’île était autrefois appelée Kertian, le quartier chrétien : c’est là que vivait la majorité des catholiques de Saint-Louis, et une maison qui servait d’annexe à l’hôpital se trouvait auparavant sur l’emplacement actuel. Près de l’hôpital et des maisons de cette communauté s’éleva la seule église catholique de l’île ; bien plus tard, elle reçut le statut de cathédrale. Les murs de briques et le portique avec la figure du roi saint au-dessus de l’entrée rappellent à qui sont dédiés aussi bien la cathédrale que la ville elle-même.
En mille huit cent vingt, Henri Baradère, le prêtre qui dirigeait la mission catholique du Sénégal, lança une collecte pour une véritable église à Saint-Louis. Avant elle, les offices se tenaient dans le fort, dans des salles de l’hôpital militaire et dans des maisons privées. Les trente mille francs promis par le ministère français ne parvinrent jamais, et Baradère proposa aux paroissiens de payer eux-mêmes. Il promit de faire graver les noms des donateurs sur une plaque de marbre dans le chœur de la future église.
Des femmes issues de familles sénégalo-européennes apportaient de l’argent et des tissus. Des maçons et des charpentiers donnaient des journées de travail, c’est-à-dire précisément le temps grâce auquel ils gagnaient leur vie. Mais les ingénieurs militaires estimèrent la construction à soixante-quinze mille francs, tandis que l’administration acceptait de fournir des briques et de la chaux pour seulement douze mille francs. En mars mille huit cent vingt-deux, Baradère quitta Saint-Louis sans avoir commencé la construction de l’église.
Peu avant son départ, Anne-Marie Javouhey, fondatrice des Sœurs de Saint-Joseph de Cluny, arriva sur l’île. Ses religieuses soignaient déjà les malades à l’hôpital et enseignaient aux filles ; Javouhey voulait consolider leur mission par une église permanente. Elle en exigea la construction et obtint l’appui du gouverneur Jacques-François Roger.
On choisit l’emplacement où se dressait une maison qui servait d’annexe à l’hôpital. La partie sud de l’île était appelée Kertian, le quartier chrétien : c’est là que vivait la majorité des catholiques de Saint-Louis. Les paroissiens n’avaient donc plus besoin d’aller au fort ni de demander une salle pour un office ; l’église s’élevait près de l’hôpital et des maisons de la communauté pour laquelle on recueillait des fonds.
Javouhey elle-même retourna en France en mille huit cent vingt-quatre et ne revit plus jamais le Sénégal. Trois ans plus tard, Roger posa la première pierre. Le quatre novembre mille huit cent vingt-huit, le nouveau responsable de la mission, l’abbé Girardon, consacra le bâtiment en présence de chrétiens européens et sénégalais. Dans l’acte, il le désigna comme la première et la seule église construite sur l’île, et le dédia à Louis, roi de France.
Il s’agissait de Saint Louis (Louis IX), roi médiéval que l’Église catholique a canonisé. L’église comme Saint-Louis portent son nom ; le nom de la ville renvoyait à Saint Louis (Louis IX), l’ancêtre saint de Louis XIV, tout en flattant Louis XIV, qui régnait lors de la colonisation française de l’île. Ce n’est qu’en mille neuf cent soixante-six, lorsqu’un diocèse de Saint-Louis distinct fut créé, que cette église fut appelée cathédrale.
Le choix d’un terrain bas sur l’île eut une autre conséquence. L’humidité salée remontait dans les murs de briques et détruisait la maçonnerie porteuse. En mille neuf cent cinq, la cathédrale fut fermée ; lors d’une restauration ultérieure, les ouvriers séchèrent les murs et appliquèrent un enduit capable de résister aux sels et à l’air marin. En mille neuf cent vingt, les portes furent de nouveau ouvertes pour les offices. Au-dessus de l’actuel portique se dresse une figure du roi saint et, derrière elle, la cathédrale est toujours en activité, celle qu’Anne-Marie Javouhey obtint sans jamais la voir.
Sur place
à l’extérieur à toute heure ; l’accès à l’intérieur dépend des offices et du calendrier paroissial
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.L’essentiel du récit se fait depuis l’extérieur ; si les portes sont ouvertes, n’entrez qu’en tenant compte des offices et des règles de la communauté.
