Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Monument équestre à Oleg Ivanovitch
- Bâtiment des administrations provinciales
- Entrée de pierre du parc de la Cathédrale
- Allée centrale
L’histoire du lieu
Au bord du parc de la Cathédrale se dresse un long bâtiment de quatre étages, et les allées dissimulent qu’il y avait autrefois ici un espace ouvert bien plus vaste qu’aujourd’hui. La place fut aménagée devant la route menant au Kremlin de Riazan, et son bâtiment principal fut affecté à une chancellerie commune, où l’on recevait les plaintes, menait les affaires judiciaires, percevait les impôts et exécutait les ordres. Plus tard, l’ancienne maison à deux étages fut surélevée lorsqu’une usine de chaussures y fonctionnait, et une entrée de pierre du parc apparut à côté.
Le cavalier équestre au centre de la place est le grand-prince Oleg Ivanovitch, dirigeant de la principauté de Riazan dans la seconde moitié du quatorzième siècle. Sous son règne, Pereïaslavl-Riazanski — tel était alors le nom de l’actuelle Riazan — devint définitivement la capitale de la terre de Riazan. La ville médiévale se trouvait devant vous, au-delà de l’actuel parc. La place autour du monument apparut près de quatre cents ans plus tard.
Selon le plan général de mille sept cent quatre-vingt, on traça une rue droite depuis le centre commercial jusqu’au Kremlin de Riazan et, devant son entrée, on réserva un emplacement pour les institutions du gouvernement. La place s’appela d’abord Ilinskaïa, d’après l’église du prophète Élie qui se dressait à son bord. Son nom actuel la rattache à la rue de la Cathédrale, qui se termine à la cathédrale de la Dormition.
Du vaste projet, on eut le temps de construire le long bâtiment des administrations provinciales à deux étages. C’était le nom donné à la maison commune des fonctionnaires du gouvernement : on y examinait les plaintes, menait les affaires judiciaires, percevait les impôts et exécutait les ordres du gouverneur. À l’été de mille huit cent cinquante-neuf, on décidait dans ces bureaux si la mort d’un enfant serf resterait inaperçue.
Le vice-gouverneur de Riazan était alors l’écrivain de trente-trois ans Mikhaïl Saltykov-Chtchedrine, qui publiait déjà sous le nom de Chtchedrine. Le vice-gouverneur était le deuxième responsable du gouvernement après le gouverneur et répondait du travail quotidien des chancelleries. Saltykov gagnait sa vie dans la fonction publique et y passait douze heures par jour, y compris les jours fériés : à son arrivée, les relevés mensuels comptaient jusqu’à deux mille dossiers non exécutés.
Le vingt-sept septembre, deux frères, Ivan Afanassiev, âgé de quatorze ans, et Gavrila Afanassiev, âgé de onze ans, tentèrent de se tuer avec un couteau de table dans le jardin voisin. Ils étaient des domestiques de la colonelle Kislinskaïa : des serfs gardés auprès de la maison de leur maîtresse pour son service personnel. Le frère cadet mourut, tandis que l’aîné put être sauvé. Les garçons craignaient de nouveaux coups de la part de Kislinskaïa et du major en retraite Veliachév, qui vivait avec elle.
Le chef de la police n’inclut pas l’incident dans son rapport du matin. Saltykov l’apprit par une autre voie, fit arrêter le chef de la police, commença lui-même une enquête préliminaire et exigea du procureur du gouvernement une instruction formelle. Dans son ordre, il signala séparément la rumeur qui courait en ville sur des sévices répétés. La tragédie elle-même eut lieu dans le jardin, mais elle devint une affaire criminelle ici, dans la chancellerie de la place Ilinskaïa.
Les nobles locaux s’efforcèrent d’empêcher l’affaire d’être rendue publique. Saltykov informa le ministre de l’Intérieur de l’affaire ; l’empereur en eut connaissance par l’intermédiaire du ministre. L’instruction traîna, et au printemps de mille huit cent soixante, Saltykov fut transféré à Tver. Après son départ, le tribunal de l’ouïezd et la chambre criminelle acquittèrent Kislinskaïa et Veliachév. Le Sénat ordonna de remettre la cause de l’acte des frères « à la volonté de Dieu ».
Trois ans plus tard, Chtchedrine publia le récit « Misha et Vania », fondé sur les pièces de cette affaire. Kislinskaïa échappa à toute sanction, il était impossible de ramener Gavriil, mais les noms des deux garçons domestiques passèrent de la correspondance du gouvernement à l’imprimé.
Le long bâtiment des administrations provinciales subsiste au bord de la place. Sa partie d’origine comptait deux étages ; on lui en ajouta encore deux dans les années mille neuf cent cinquante, lorsqu’une usine de chaussures y fonctionnait. À la même époque, des allées occupèrent une partie de l’ancienne place Ilinskaïa et une entrée de pierre fut installée pour le parc de la Cathédrale. Derrière les arbres, l’ancienne ampleur de la place a presque disparu, tandis que le bâtiment où l’on examina l’affaire d’Ivan et de Gavrila Afanassiev est resté sur son ancienne limite.
Sur place
Point extérieur sans billet ; il est préférable de commencer l’itinéraire à la lumière du jour.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Choisissez un point d’où les deux monuments sont visibles : leur voisinage importe davantage que de faire le tour de chaque piédestal.
