Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Grande croix
- Fondations de pierre de l’église Saint-Sauveur
- Place du Vieux-Marché
L’histoire du lieu
Vieux-Marché signifie « Vieux Marché ». En mille quatre cent trente et un, la place était plus petite qu’aujourd’hui : on y trouvait une halle, deux églises et un pilori. On y procédait habituellement aux exécutions publiques. C’est pourquoi, le matin du trente mai, les organisateurs du procès y amenèrent Jeanne d'Arc, vers les échafauds et le bois déjà préparés.
Après son retour aux habits d’homme, les juges ecclésiastiques déclarèrent Jeanne retombée dans son hérésie précédente. Sur la place du Vieux-Marché, le théologien Nicolas de Midi prononça le dernier sermon, et Pierre Cauchon lut la décision : l’Église écartait la condamnée de son sein et la remettait à la juridiction séculière. Dans la procédure ordinaire, le juge de la ville devait alors prononcer sa propre sentence.
Cette sentence ne fut pas rendue. Le greffier principal du procès, Guillaume Manchon, témoigna plus tard que le bailli de Rouen, le juge royal de la ville, se contenta de faire un geste de la main et d’ordonner : « Emmenez-la, emmenez-la. » Les soldats anglais conduisirent aussitôt Jeanne au bûcher. Ces deux mots remplacèrent la procédure qui devait décider de ce que le tribunal séculier ferait de la prisonnière qui lui était livrée.
Jean Massieu resta près d’elle. C’était un serviteur ecclésiastique qui, pendant le procès, conduisait Jeanne de sa prison aux interrogatoires. Elle lui demanda une croix. Un soldat anglais assembla une petite croix avec un bâton ; Jeanne la baisa et la pressa contre sa poitrine. Puis on apporta une grande croix processionnelle de l’église paroissiale voisine Saint-Sauveur. Le dominicain Martin Ladvenu, qui accompagna Jeanne jusqu’au bûcher, la tenait levée lorsque le bourreau royal Geoffroy Thérage mit le feu au bois par-dessous.
Thérage gagnait sa vie en exécutant des peines judiciaires. Après la mort de Jeanne, les soldats lui ordonnèrent d’écarter le feu afin que les personnes rassemblées puissent voir le corps : les organisateurs de l’exécution craignaient des rumeurs selon lesquelles la prisonnière avait de nouveau réussi à s’échapper. Puis le bourreau reçut l’ordre de recueillir les cendres et les ossements restants, et de les jeter dans la Seine. Il ne resta pas de tombe où les partisans de Jeanne auraient pu venir.
Le même jour, Thérage se rendit au monastère dominicain auprès de Ladvenu et d’Isambart de La Pierre. Selon le témoignage ultérieur d’Isambart, le bourreau disait craindre la damnation éternelle pour avoir brûlé une sainte. Pour un homme qui exécutait professionnellement des condamnations à mort, les conséquences de cette exécution commencèrent immédiatement après l’achèvement de son travail.
La grande croix sur la place marque l’emplacement du bûcher, mais il n’y a pas de restes sous elle. Les fondations de pierre au milieu de la place du Vieux-Marché appartiennent à l’église Saint-Sauveur disparue — celle-là même d’où l’on apporta la croix que Jeanne demanda de tenir devant elle.
Sur place
Place publique ouverte accessible sans billet ; l’église, le marché et les établissements fonctionnent selon leurs propres horaires.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Trouvez un bord tranquille de la place et écoutez en gardant à l’esprit que le site médiéval était plus étroit et plus densément bâti qu’aujourd’hui.
