Étape 3 sur 8

abbaye Saint-Ouen de Rouen

Abbatiale Saint-Ouen

Cet arrêt montrera comment une concession publique a modifié la sentence et préparé une nouvelle accusation.

18 min
La haute façade gothique et les tours de l’abbaye Saint-Ouen de Rouen.
Txllxt TxllxT · CC BY-SA 4.0; cropped/resized for app; ShareAlike applies
12345678

0 sur 8 terminé

Audioguide · voix enregistréeÉcouter l’histoire du lieu

Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • L’église de l’ancienne abbaye
  • Le jardin près de l’hôtel de ville
  • Le bâtiment de l’hôtel de ville
  • La plaque commémorative près de l’entrée

L’histoire du lieu

Taille du texte

Devant vous se trouve l’église principale de l’ancien monastère bénédictin. Saint-Ouen est le nom de l’évêque rouennais du septième siècle. À sa naissance, il s’appelait Dadon ; dans l’histoire de l’Église, il est entré sous le nom de saint Ouen. Il fut enterré ici en six cent quatre-vingt-quatre. Des pèlerins affluèrent vers sa tombe et, plus tard, l’abbaye se développa autour de la basilique. Les moines ont disparu depuis longtemps : leur ancien dortoir est occupé par l’hôtel de ville de Rouen, et l’immense église accueille des offices et des concerts.

Le vingt-quatre mai mille quatre cent trente et un, l’action se déroula dehors, dans le cimetière du monastère. On y installa deux estrades. Jeanne d’Arc se tenait sur la petite ; sur la grande avaient pris place ses juges, des évêques et un cardinal anglais. Derrière les barrières, on avait rassemblé les habitants de la ville. À côté attendaient le bourreau et une charrette.

Jeanne était une prisonnière pour laquelle les Anglais avaient versé aux Bourguignons dix mille livres. Deux ans plus tôt, elle avait aidé les troupes françaises à lever le siège d’Orléans et conduit Charles VII à son sacre à Reims, en affirmant agir sur l’ordre de Dieu. À présent, Pierre Cauchon, évêque de Beauvais et juge principal, cherchait à obtenir qu’elle renonce publiquement à ces paroles. Un tel reniement s’appelait une abjuration : l’accusée reconnaissait que ses déclarations antérieures étaient erronées et promettait de se soumettre au tribunal ecclésiastique. Le refus signifiait sa remise au juge séculier et le bûcher.

On chargea le théologien parisien Guillaume Érard de prononcer un sermon et d’obtenir une réponse. Il déclara que Charles VII, en croyant Jeanne, s’était lié à l’hérésie. Jeanne l’interrompit : son roi était un bon chrétien. Lorsqu’on lui demanda de se soumettre à l’Église, elle consentit à soumettre son affaire au jugement du pape. On lui répondit que le pape était loin et que les évêques locaux étaient habilités à juger eux-mêmes.

Cauchon commença à lire la sentence de mort préparée. Sans attendre la fin, Jeanne céda. Elle accepta d’obéir aux juges, répéta la formule proposée, et sa marque apparut sur la feuille.

Ce qui était exactement écrit sur cette feuille demeure inconnu avec certitude. L’original du court document n’a pas été conservé. Les témoins interrogés un quart de siècle plus tard se souvenaient d’un texte de six à huit lignes. Le protocole définitif du procès consigna une abjuration bien plus longue — environ soixante-quinze lignes — dans laquelle Jeanne aurait reconnu que ses révélations et les voix des saints étaient inventées. Elle dit ensuite elle-même qu’elle n’avait cédé que par peur du feu.

Cauchon remplaça la sentence de mort par la réclusion à perpétuité — selon la formule du tribunal, « au pain de chagrin et à l’eau de tristesse ». Jeanne fut emmenée vivante de l’estrade. Les juges obtinrent l’abjuration consignée par écrit, sans laquelle son retour à ses anciennes déclarations et aux vêtements masculins n’aurait pu être déclaré une rechute dans l’hérésie.

À la demande de la mère de Jeanne, Isabelle Romée, l’affaire fut réexaminée. Le sept juillet mille quatre cent cinquante-six, les juges pontificaux déclarèrent invalides l’ancien procès, les condamnations et l’abjuration. Le même jour, la décision fut proclamée publiquement sur la place Saint-Ouen, après une procession générale et un sermon — là où, auparavant, la condamnation de Jeanne avait été lue.

L’ancien cimetière et les deux estrades ont disparu. À leur place se trouve le jardin près de l’hôtel de ville de Rouen. Une plaque commémorative près de l’entrée qualifie prudemment ce qui s’est passé ici d’« épreuve appelée abjuration ».

Sur place

Temps sur place18 min
Point suivantcathédrale Notre-Dame de Rouen
Entréeaccès libre

Entrée gratuite. La page de la ville indique une ouverture les samedis et dimanches de 10:00 à 12:00 et de 14:00 à 17:00 ; l’office de tourisme publie des créneaux saisonniers plus larges. À vérifier le jour de la visite.

Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Écoutez à l’extérieur, même si l’église est ouverte : l’événement qui nous intéresse ne se déroulait pas sous les voûtes, mais près de l’abbaye.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Depuis le lieu de la décision publique, dirigez-vous vers la cathédrale, dont les chanoines ont conféré au tribunal son autorité.

Étape 3 sur 8Ensuite : cathédrale Notre-Dame de Rouen

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Le procès de Jeanne d'Arc et le vieux Rouen » — 8 étapes, environ 2,8 km, 2 h 45 min sans l'Historial Jeanne d'Arc complet ; environ 4 h avec le parcours multimédia.

Sans App Store ni Google Play

Installer Guide On Map comme application

Une icône apparaîtra sur l’écran d’accueil et le site s’ouvrira sans l’interface du navigateur.

Android · Chrome
  1. Si « Installer maintenant » apparaît, touchez-le puis confirmez.
  2. Sinon : menu ⋮ → « Installer l’application ».
iPhone · Safari
  1. Touchez le bouton « Partager » en bas de Safari.
  2. Choisissez « Sur l’écran d’accueil », puis « Ajouter ».
Icône sur l’écranMode plein écranItinéraires hors ligneProgression de la promenade