Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Nef de la cathédrale
- Cathèdre de l’archevêque
- chapelle Sainte-Jeanne-d'Arc
- Vitraux de Max Ingrand
L’histoire du lieu
Jeanne d’Arc ne fut pas interrogée dans la nef de cette cathédrale. Pourtant, ce sont bien les hommes de Notre-Dame qui permirent que son procès ait lieu à Rouen.
Notre-Dame signifie « Notre Dame » : la cathédrale est dédiée à la Vierge Marie. On l’appelle cathédrale parce qu’elle abrite la cathèdre de l’archevêque de Rouen. À la fin de l’année mille quatre cent trente, la charge archiépiscopale était toujours vacante, et le diocèse était gouverné par le chapitre cathédral de Rouen, un collège de chanoines, les principaux prêtres de Notre-Dame. Tant qu’il n’y avait pas d’archevêque, seul le chapitre pouvait autoriser un évêque étranger à juger sur le territoire de Rouen.
Cette autorisation était nécessaire à Pierre Cauchon, évêque de Beauvais, qui cherchait à obtenir la condamnation ecclésiastique de Jeanne. Elle avait été capturée près de Compiègne, dans son diocèse, et il pouvait donc réclamer de la juger. Mais le conseil anglais avait choisi Rouen comme lieu du procès : son administration, sa garnison et la prison où était détenue la captive s’y trouvaient. Dans un diocèse étranger, les pouvoirs de Cauchon prenaient fin.
Cauchon lui-même ne pouvait déjà plus retourner à Beauvais après le ralliement de la ville à Charles VII. Il vivait à Rouen, accomplissait des missions pour le gouvernement anglais, et le Trésor lui remboursa cent cinquante-trois jours de négociations, après lesquelles Jeanne fut remise aux Anglais. Il lui fallait désormais transformer la captive détenue par des soldats en accusée d’un tribunal ecclésiastique.
Le vingt-huit décembre mille quatre cent trente, le chapitre cathédral de Rouen accéda à sa demande sans opposition consignée. Les chanoines accordèrent à Cauchon ce que l’on appelait un territoire : le droit d’agir temporairement à Rouen comme juge ecclésiastique, précisément dans l’affaire de Jeanne. Ils ne transférèrent pas les audiences dans la cathédrale et n’avaient pas encore rendu de jugement. Leur lettre leva l’obstacle sans lequel l’évêque de Beauvais n’avait ici aucune juridiction sur elle.
Le neuf janvier, Cauchon ouvrit l’enquête. En convoquant la première audience publique en février, il se référa expressément à l’autorisation du chapitre cathédral de Rouen. Puis le trésorier, les archidiacres et les chanoines de cette cathédrale comptèrent parmi les assesseurs. Le droit obtenu permit à Cauchon de mener tout le procès, des premiers interrogatoires jusqu’au jugement. Pour Jeanne, la chaîne commencée par la lettre du chapitre s’acheva place du Vieux-Marché ; Cauchon lui-même devint plus tard évêque de Lisieux et mourut quatorze ans avant que le procès qu'il avait mené ne soit déclaré invalide.
Dans le transept sud de Notre-Dame se trouve aujourd’hui la chapelle Sainte-Jeanne-d'Arc. L’ancienne chapelle du Saint-Esprit lui fut dédiée en mille neuf cent quatorze, et après la guerre, Max Ingrand créa pour elle des vitraux. Sur l’un d’eux, le parcours de Jeanne va de Compiègne, où Cauchon trouva le fondement de ses prétentions, à Rouen, où les chanoines de cette cathédrale lui accordèrent l’autorisation qui lui manquait.
Sur place
Entrée libre. Page officielle de la cathédrale : lundi 14:00–19:00, mardi–vendredi 9:00–19:00, dimanches et jours fériés 8:00–18:00 ; les offices peuvent limiter la visite. La page de la ville donne des précisions saisonnières et indique les fermetures le lundi matin, le 1 janvier, le 1 mai et le 11 novembre.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.La façade constitue une étape complète sans entrer ; à l’intérieur, gardez le silence et tenez compte du fait qu’il s’agit d’une cathédrale en activité.
