Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Statue de l’apôtre saint Pierre avec les clés
- Statue de l’apôtre saint Paul avec l’épée
- Dix anges de marbre
- Instruments de la Passion du Christ dans les mains des anges
L’histoire du lieu
Dix anges de marbre s’étendent le long des deux parapets, portant la croix, les clous, les fouets, la lance, l’éponge et la couronne d’épines. Ce passage sur le Tibre menait d’abord au tombeau de l’empereur Hadrien, sur la rive opposée ; il était alors connu sous un autre nom, lié à la famille de l’empereur. Plus tard, l’ancien tombeau devint une forteresse, et le pont entra dans l’itinéraire emprunté par ceux qui se dirigeaient vers le principal sanctuaire de Rome. La procession de marbre fut installée ici selon le projet de Bernini : deux figures du pont reproduisent ses œuvres, tandis que les originaux sont conservés dans l’église Sant'Andrea delle Fratte.
Le dix-neuf décembre mille quatre cent cinquante, des milliers de pèlerins revenaient de la basilique Saint-Pierre vers leurs logements de l’autre rive du Tibre. C’était l’Année sainte, convoquée par le pape Nicolas V : les fidèles venaient à Rome pour obtenir une indulgence, c’est-à-dire la remise de la peine due pour des péchés déjà absous. Le seul pont qui menait directement du centre médiéval au Borgo et à saint Pierre se trouvait ici.
L’empereur Hadrien l’avait construit au deuxième siècle pour accéder à son propre tombeau, l’actuel château Saint-Ange. À l’origine, le pont s’appelait Ælius, du nom de famille de l’empereur, Ælius. Le tombeau devint une forteresse, les pèlerins affluèrent vers la tombe de l’apôtre saint Pierre, et l’ancien passage accueillit un flux de personnes pour lequel il n’avait pas été conçu.
Ce soir-là de décembre, le mouvement s’arrêta au milieu du pont, mais les gens continuaient à pousser par derrière. Les chroniques divergent sur les détails. L’une attribue la cause à une mule chargée de paniers qui se mit à ruer ; d’autres décrivent une bousculade survenue avant que les gens aient eu le temps de comprendre ce qui s’était passé. Un décompte moderne fait état de cent soixante-douze morts, de quatre chevaux et de cette même mule. Des personnes furent étouffées et piétinées, une partie du parapet s’effondra, et certaines tombèrent dans le Tibre. D’autres chroniqueurs portent le nombre de victimes à environ deux cents.
Après la catastrophe, Nicolas V ordonna de dégager l’accès urbain au pont. Les propriétaires des échoppes et des étals qui s’y pressaient furent évacués, mais ils reçurent de l’argent provenant des recettes jubilaires : ces emplacements étaient leur gagne-pain, et le dégagement les privait de leurs clients. Une large voie d’accès apparut devant le pont. Quelques années plus tard, le pape fit ériger à son entrée deux chapelles octogonales, dédiées à Marie Madeleine et aux Saints Innocents. Les pèlerins passaient entre elles, et leur dédicace rappelait les morts.
Après le sac de Rome, dont il a déjà été question près du château, le pape Clément VII ordonna de démolir les chapelles : les militaires les jugeaient gênantes pour la défense de la forteresse. Les chapelles commémoratives elles-mêmes ne sont plus ici. À leur place, du côté du vieux centre, se dressent l’apôtre saint Pierre avec les clés et l’apôtre saint Paul avec l’épée. Ces deux figures apparurent à l’entrée avant les anges de marbre et marquent la rive où Nicolas V avait placé le mémorial aux victimes de la bousculade.
Le nom actuel du pont s’explique par une tradition médiévale. En cinq cent quatre-vingt-dix, Rome connaissait une épidémie. Le pape Grégoire le Grand, qui cherchait à y mettre fin par la prière et la pénitence, mena une procession vers saint Pierre. Selon la tradition, lorsque les gens approchèrent du mausolée d'Hadrien, Grégoire vit à son sommet l’archange Michel en train de rengainer son épée. On y vit le signe de la fin du fléau. Le récit de l’ange donna un nouveau nom d’abord à la forteresse, puis au pont qui y mène.
Plus de mille ans plus tard, le pape Clément IX chargea Giovanni Lorenzo Bernini de fixer ce nom dans le marbre. En mille six cent soixante-neuf, dix anges portant les instruments de la Passion du Christ — la croix, les clous, les fouets, la lance, l’éponge et la couronne d’épines — furent placés le long des nouveaux parapets. Ceux qui se dirigeaient vers saint Pierre passaient entre les instruments du martyre de l’histoire évangélique.
Bernini dirigea l’ensemble des travaux, et ses assistants sculptèrent la plupart des figures. Le maître exécuta lui-même deux anges : celui portant la couronne d’épines et celui portant la tablette clouée au-dessus de la tête du Christ crucifié. Clément IX décida que ces statues étaient trop précieuses pour la pluie et l’humidité du fleuve, et ne permit pas qu’elles restent à l’air libre. Parmi les dix anges du pont, deux figures sont des copies. Les originaux de Bernini se trouvent dans l’église Sant'Andrea delle Fratte, à Rome.
Sur place
Le pont piétonnier est ouvert sans interruption ; aux heures de pointe, gardez vos affaires près de vous.
Vérifié : 25 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Observez les sculptures sur les côtés sans bloquer le milieu du passage. Deux originaux de Bernini ne sont pas ici : sur le pont se trouvent les remplacements réalisés pour eux.
