Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Le mur d’enceinte en briques
- Le corridor inférieur fermé
- Le passage supérieur ouvert
- L’entrée du mur dans le bastion Saint-Marc
L’histoire du lieu
Le mur de briques traverse le Borgo depuis la résidence papale jusqu’au château Saint-Ange et, au bastion Saint-Marc, entre directement dans le corps du château. Les anciennes fortifications furent ici adaptées pour créer un passage protégé, puis une galerie inférieure couverte fut ajoutée. Au-dessus, on laissa un passage ouvert où la garde assurait son service.
Le sept janvier mille quatre cent quatre-vingt-quinze, le pape Alexandre VI Borgia, qui tentait de conserver son trône et de ne pas reconnaître les prétentions françaises sur le royaume de Naples, quitta le palais apostolique pour le château Saint-Ange. Il ne sortit pas dans la rue. Le pape rejoignit la forteresse par un passage aménagé au sommet de l’ancien mur à travers le quartier du Borgo.
C’est ainsi qu’est conçu le Passetto di Borgo. « Passetto » signifie passage étroit ; les Romains l’appelaient « er Corridore » — le corridor. Dès mille deux cent soixante-dix-sept, le pape Nicolas III Orsini, qui aménageait sa résidence au Vatican, ordonna de relier le palais au château Saint-Ange. Le mur d’enceinte existant fut transformé en voie permettant de gagner un refuge sans descendre dans la ville.
Le roi de France Charles VIII traversait l’Italie pour conquérir le royaume de Naples. Pour donner une légitimité à son expédition, il lui fallait une reconnaissance papale de ses droits sur la couronne napolitaine. Avec le roi voyageaient des adversaires d’Alexandre, qui proposaient de convoquer un concile de l’Église et de déposer le pape pour simonie — l’achat de voix lors de l’élection.
Le dernier jour de mille quatre cent quatre-vingt-quatorze, l’armée française entra dans Rome. Une semaine plus tard, Alexandre gagna le château Saint-Ange par le Passetto, avec son fils, plusieurs cardinaux et quatre cents soldats espagnols. Charles exigea qu’on lui remette la forteresse. Alexandre refusa, et des émissaires commencèrent à faire la navette entre le roi et le pape enfermé dans le château.
Le quinze janvier, les parties conclurent un traité. Charles obtint le passage à travers les États pontificaux, le contrôle temporaire du port de Civitavecchia et le fils du pape, le cardinal Cesare Borgia, comme otage. Alexandre conserva son trône et ne reconnut jamais le roi de France comme le souverain légitime de Naples.
Treize jours plus tard, Charles mena son armée vers le sud. Cesare s’échappa des Français dès deux jours plus tard. Alexandre rejoignit ensuite une ligue contre Charles et, dès juillet, était de retour à Rome. Les Français occupèrent rapidement Naples, mais ne parvinrent pas à conserver le royaume.
Les travaux du Passetto se poursuivaient encore à cette époque. Alexandre renforçait le corridor et le château Saint-Ange ; en mille quatre cent quatre-vingt-dix-sept, le passage fut achevé. Un niveau inférieur fermé y apparut alors, déterminant l’aspect actuel de l’ouvrage. Derrière le mur de briques se trouve encore aujourd’hui un corridor couvert ; au-dessus s’étend un passage ouvert pour la garde, et, du côté du château Saint-Ange, les deux niveaux entrent directement dans le bastion Saint-Marc.
Sur place
Visible librement de l’extérieur ; le passage à l’intérieur n’est accessible que lors de visites spéciales et selon les horaires.
Vérifié : 25 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Depuis la rue, la structure du passage se lit bien, mais l’entrée libre à l’intérieur n’est généralement pas possible. Il faut chercher l’accès au corridor comme une visite spéciale distincte.
