Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Canal de la ville de Riga
- Bâtiment du Théâtre national de Lettonie
- Allées du parc
L’histoire du lieu
En mille huit cent quatre-vingt-seize, l’enseignant et cartographe Matīss Siliņš fut chargé de tracer sur des cartes les frontières des régions lettones et les liens entre elles. Ces cartes étaient destinées à une exposition que l’on construisait ici, entre l’actuel boulevard Kronvalda et le canal de la ville de Riga, de la rue Krišjāņa Valdemāra à la rue Miķeļa.
Siliņš gagnait sa vie en publiant le calendrier « Atbalss » ainsi que ses propres cartes en langue lettone. L’année où il commença à publier ce calendrier, il avait encore vingt-huit concurrents. Il en préparait lui-même presque tout le contenu, tandis que les cartes servaient de suppléments et étaient également vendues séparément. Ce qui lui assurait un revenu était désormais nécessaire à une entreprise plus risquée : pendant un mois, il allait falloir montrer à des milliers de personnes qui pouvait être qualifié de Letton et où vivaient les Lettons.
Le Xe Congrès archéologique panrusse, qui attirait à Riga des chercheurs de différents pays, en fournit l’occasion. La Société lettone de Riga décida de les accueillir avec sa propre exposition ethnographique. Les préparatifs commencèrent deux ans auparavant. Les membres des expéditions parcoururent différentes régions, achetant ou recevant en don des vêtements, des bijoux, des outils, des ustensiles domestiques et des manuscrits. Ils réunirent plus de six mille objets.
Sur deux hectares au bord du canal, neuf bâtiments temporaires grandeur nature furent construits : une grange de Vidzeme destinée au battage des céréales, une ancienne maison d’habitation de Courlande, une maison paysanne moderne, un établissement de bains, le pavillon principal, une scène, un restaurant et un pavillon de musique. Siliņš réalisait les cartes de l’exposition principale. Pour la première fois, on tentait d’y représenter les terres lettones comme un espace continu composé de différentes régions historiques, et non comme plusieurs périphéries provinciales isolées de l’Empire russe.
Au cours du mois d’août, l’exposition accueillit environ quarante-cinq mille visiteurs. Parmi eux se trouvaient des participants au congrès archéologique, mais les habitants de Riga furent bien plus nombreux à venir. Un mois plus tard, les neuf constructions furent démontées. Les objets recueillis furent conservés : l’exposition procura à la Société lettone de Riga une collection destinée à un musée ethnographique permanent. En mille neuf cent deux, Siliņš devint le directeur de ce musée et le conservateur de ces mêmes objets qu’il avait contribué à présenter au bord du canal. Plus tard, il dirigea les collections du Musée historique d’État de Lettonie. Une part importante de la collection de l’exposition entra dans les fonds de l’actuel Musée national d’histoire de Lettonie.
Aucune construction ne subsiste à l’emplacement des pavillons. Le bâtiment du Théâtre national de Lettonie occupe la majeure partie du site, tandis que le canal de la ville de Riga suit la même limite le long de laquelle se dressaient les maisons de l’exposition.
Le canal existait avant l’exposition. C’est une partie préservée et remaniée des douves de la forteresse. En mille huit cent cinquante-sept commença la démolition des fortifications en terre de Riga ; les douves furent rétrécies, leurs berges consolidées et une ceinture de verdure fut aménagée autour d’elles. Sur la rive opposée du canal, la Société allemande de tir de Riga obtint un terrain pour un stand de tir, un bâtiment de club et un jardin. Ce territoire était appelé Jardin des tireurs, et son accès resta longtemps un privilège réservé aux membres de la société.
Le jardin ne fut ouvert à tous les visiteurs qu’en mille neuf cent vingt-sept. Dix ans plus tard, il reçut le nom d’Atis Kronvalds. Kronvalds lui-même n’avait aucun lien avec ce jardin. Il était enseignant, publiciste et l’un des dirigeants du mouvement des Jeunes Lettons ; il œuvrait pour que la langue lettone soit utilisée dans l’enseignement et la presse, et créait de nouveaux mots pour cette langue. C’est à ce jardin urbain, alors déjà accessible à tous, que l’on donna son nom. Aujourd’hui encore, le canal sépare l’ancien territoire fermé de la Société allemande de tir de Riga de la rive où Siliņš déployait sa carte des régions lettones.
Sur place
Accès libre aux allées du parc et au canal ; vérifié le 29.06.2026.
Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Restez sur les chemins et approchez-vous prudemment de l’eau ; observez le pavillon de l’extérieur, sans compter pouvoir y entrer.
