Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Trois façades de hauteurs différentes
- L’espace libre devant la maison la plus ancienne
- Le portail de pierre au-dessus de l’entrée de la maison du milieu
- Les portails et les armoiries dans la cour
L’histoire du lieu
Trois façades étroites, de hauteurs différentes, se tiennent étroitement côte à côte ; derrière l’aspect distinct de ces maisons se cache une ancienne façon d’habiter et de gagner sa vie dans un même bâtiment. Dans la maison la plus ancienne, le rez-de-chaussée était autrefois presque entièrement occupé par une pièce commune avec un foyer et une large cheminée : l’artisan y vivait avec sa famille, y travaillait et y recevait les clients, tandis que les objets finis étaient hissés de la cave aux trois niveaux de combles par des trappes intérieures. L’espace libre devant cette façade est resté à l’endroit où la boulangerie s’était autrefois agrandie vers la rue ; aujourd’hui, des personnes chargées de protéger le patrimoine architectural travaillent dans ces maisons, et le Musée de l’architecture de Lettonie y est ouvert.
Les Trois Frères n’ont pas de généalogie commune. Ce sont trois maisons d’habitation indépendantes, construites à des époques différentes : l’aînée à la fin du quinzième siècle, celle du milieu en mille six cent quarante-six, la cadette dans la seconde moitié du dix-septième siècle. L’histoire de trois bâtisseurs d’une même famille reste une légende. Une explication plus prosaïque relie ce surnom aux « Trois Sœurs » de Tallinn, un groupe d’anciens entrepôts auquel les habitants de Riga répondirent par leurs propres « frères ».
C’est l’architecte-restaurateur Pēteris Saulītis qui créa leur parenté. En mille neuf cent cinquante-trois, on lui confia la restauration de bâtiments qui, au fil de plusieurs siècles, s’étaient couverts d’ajouts et de remaniements. Saulītis vivait de la restauration, et ici une erreur professionnelle serait restée dans la pierre : il pouvait retirer une couche tardive avec la maçonnerie authentique, ou tout conserver sans distinction et obtenir trois vieilles maisons dont il serait déjà impossible de lire l’histoire. Les spécialistes débattirent plusieurs années de l’aspect qu’il fallait considérer comme juste.
La maison la plus ancienne, au numéro dix-sept, posa des difficultés particulières. À l’origine, presque tout son rez-de-chaussée était occupé par une seule pièce avec un foyer et une grande cheminée. L’artisan y vivait avec sa famille, y travaillait et y vendait ce qu’il fabriquait ; les marchandises étaient hissées depuis la cave, par des trappes intérieures, jusqu’aux trois niveaux de combles. En mille six cent quatre-vingt-dix-sept, une boulangerie ouvrit dans la maison. Le pain procurait un revenu au propriétaire et, pour la production, il agrandit la pièce, d’abord dans la cour, puis en direction de la rue. L’ajout occupa une petite place devant la façade.
Saulītis décida de supprimer la partie de la boulangerie donnant sur la rue. Ainsi, devant l’aîné des « frères », réapparut l’espace libre qui existait avant l’agrandissement. La maison du milieu retrouva une façade d’après un dessin de mille sept cent quatre-vingt-cinq, et un portail de pierre de mille sept cent quarante-six, transféré d’une vieille maison voisine, fut installé au-dessus de son entrée. Dans la cour, les restaurateurs réunirent trois parcelles auparavant séparées et intégrèrent aux murs des portails, des armoiries et de la maçonnerie provenant de bâtiments disparus de Riga.
Dès les travaux, les locaux furent destinés à des personnes chargées de la protection des monuments. Aujourd’hui, ils abritent le Musée de l’architecture de Lettonie et l’Office national du patrimoine culturel de Lettonie. Dans la cour subsiste un portail provenant d’une maison disparue de la rue Melngalvju. On peut y lire : « Tu seras béni en entrant ici, et tu sortiras avec Dieu. » La maison elle-même n’existe plus ; son entrée se trouve aux Trois Frères.
Sur place
La meilleure vue d’ensemble s’ouvre depuis l’autre côté de la rue étroite, mais le passage y est resserré : ne vous arrêtez pas au milieu. N’entrez dans la cour que si l’accès est ouvert et autorisé.
