Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La figure de saint Vital vêtu d’un manteau militaire
- La maquette de la basilique dans les mains de l’évêque
- Les lettres entrelacées sur les blocs de pierre au-dessus des chapiteaux
- L’inscription au-dessus de l’évêque dans la procession impériale
L’histoire du lieu
Au-dessus de l’autel, le Christ tend une couronne de martyr à un homme vêtu d’un manteau militaire. C’est saint Vital, dont la basilique porte le nom. Aucune biographie fiable de lui n’a été conservée. Selon la tradition ecclésiastique, Vital servait auprès du juge romain Paulin et, à Ravenne, soutint un chrétien condamné à mort, le médecin Ursicin. Pour cela, Paulin ordonna d’enterrer Vital vivant. La tradition rattache l’exécution précisément à cet emplacement. Au cinquième siècle, un petit édifice dédié au martyr se dressait déjà ici ; il fut plus tard intégré à la nouvelle église.
De l’autre côté du Christ, l’évêque Ecclesius tient une maquette de cette église. Il commença la construction dans les années vingt du sixième siècle, lorsque les Ostrogoths régnaient sur Ravenne. Le banquier Julien Argentarius versa vingt-six mille solidi pour les travaux — les monnaies d’or de l’époque. La plus grande partie du chantier eut lieu sous l’épiscopat de l’évêque suivant, Victor. Son nom reste caché dans des lettres entrelacées sur les blocs de pierre au-dessus des chapiteaux.
Mais, à côté de l’empereur Justinien dans la mosaïque principale, c’est un autre homme qui est identifié par une inscription : Maximien. Il arriva à Ravenne lorsque l’église était presque achevée.
Maximien était un diacre de quarante-huit ans originaire de Pola, ville située sur la rive opposée de la mer Adriatique. Après la mort de Victor, le clergé de Ravenne espérait obtenir l’un de ses propres candidats. Justinien choisit Maximien et ordonna au pape Vigile de le consacrer évêque. La consécration eut lieu dans la Patras grecque, en cinq cent quarante-six. Pour les habitants de Ravenne, le nouvel évêque était un étranger qui devait sa fonction à la cour impériale.
Le prêtre ravennate Agnellus de Ravenne consigna cette histoire près de trois siècles plus tard ; ses détails doivent donc être considérés comme une tradition locale. Selon son récit, les habitants refusèrent d’abord d’accepter Maximien. Le futur évêque avait de quoi acheter leur faveur. Encore en Istrie, alors qu’il retournait la terre avant les semailles, il aurait trouvé un récipient rempli d’or. Maximien apporta une partie des pièces à Justinien et cacha les autres dans la carcasse d’un taureau abattu et dans des peaux de chèvre cousues par un cordonnier. L’empereur lui demanda s’il lui restait de l’or. Maximien répondit qu’il ne restait que ce qui se trouvait dans la carcasse et les vêtements ; Justinien comprit ces paroles tout autrement.
C’est avec cet or, poursuit Agnellus, que Maximien agit aux portes de Ravenne. Il invitait à dîner des habitants influents et des prêtres, distribuait des cadeaux et recommençait jusqu’à ce que ses adversaires consentent à le laisser entrer. Le trésor et la ruse ne sont pas attestés par des documents. En revanche, le conflit lui-même ne laisse presque aucun doute : l’empereur envoya à la ville son candidat, tandis que l’Église locale en voulait un autre.
Quelques mois plus tard, Maximien consacra San Vitale. C’est alors que les mosaïstes achevaient les deux processions de part et d’autre de l’autel. Justinien tient un plat d’or destiné au pain eucharistique ; l’impératrice Théodora, sur le mur opposé, porte une coupe destinée au vin. Ni Justinien ni Théodora ne vinrent à la consécration. Ils sont représentés comme des participants à la liturgie, s’approchant sans cesse avec leurs dons de l’autel auquel officiait l’évêque nommé par l’empereur.
Les chercheurs considèrent la tête de Maximien comme une modification tardive à l’intérieur d’un panneau déjà achevé. Il est probable qu’à cet endroit se trouvait auparavant Victor, qui avait dirigé la plus grande partie de la construction. Son visage fut remplacé et, au-dessus du nouveau, fut inscrite la seule inscription qui désigne incontestablement une personne dans la procession impériale : le nom de Maximien.
Justinien, qui obtint la nomination de Maximien, ne vint jamais à Ravenne. Dans San Vitale, l’évêque que les habitants ne voulaient d’abord pas laisser entrer a laissé son visage et son nom complet ; Victor, lui, n’a laissé que des lettres entrelacées sur la pierre.
Sur place
8 mars — 1 novembre 2026 : tous les jours 9:00–19:00 ; 3 novembre 2025 — 7 mars 2026 : 10:00–17:00. Dernière entrée 30 minutes avant la fermeture.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.L’essentiel se trouve dans la partie de l’autel : laissez vos yeux s’habituer à la lumière et observez les deux processions l’une après l’autre, sans gêner le passage.
