Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Mur rond en pierre
- Porte élevée
- Escalier extérieur
- Parapet supérieur
L’histoire du lieu
L’escalier extérieur mène à la porte élevée de la tour ronde en pierre ; lorsque la garnison y était en service, elle tirait l’échelle amovible à l’intérieur. En bas, on entreposait la poudre et les provisions, les artilleurs vivaient à l’étage supérieur, et l’on préparait sur la plateforme sommitale les emplacements de trois pièces d’artillerie. La tour Martello un se trouvait à l’extrémité d’une chaîne de quatre fortifications au-dessus du fleuve Saint-Laurent, et leurs garnisons tenaient sous leur feu les intervalles entre les ouvrages voisins. Le mur le plus épais est tourné vers l’ouest, le plus mince vers la ville, afin que, si la tour était prise, leurs propres artilleurs puissent la détruire avant que les canons ne soient tournés contre Québec.
Au printemps mille huit cent huit, le gouverneur général de l’Amérique du Nord britannique, James Henry Craig, devait décider comment défendre Québec contre une éventuelle attaque des États-Unis. Les instructions reçues de Londres se contredisaient : si la guerre était proche, il fallait bâtir à la hâte des fortifications temporaires ; si elle pouvait être évitée, réparer les fortifications permanentes. Craig ne savait pas quelle issue était la plus probable, mais il voyait bien le point faible de la ville. À l’ouest des remparts s’étendaient des hauteurs dégagées, où une armée assiégeante pouvait installer des canons.
L’ingénieur militaire Ralph Henry de Bruyères réclamait depuis longtemps des fonds pour une ligne avancée de fortifications traversant les plaines d’Abraham. Craig était d’accord avec lui, mais il n’attendit pas l’approbation de Londres. La discussion du projet aurait pris toute la saison de construction. Le gouverneur ordonna de commencer les travaux aux frais de la caisse militaire et n’en informa sa hiérarchie que lorsque quatre tours étaient déjà en construction. Il enfreignait les instructions et répondait personnellement de cette décision ; Londres finit par accepter le fait accompli.
De Bruyères envisageait de prendre pour modèle les tours rondes d’Halifax, mais Craig choisit le type « Martello », qu’il connaissait de son service précédent. Le nom est né d’une défaite militaire étrangère. En mille sept cent quatre-vingt-quatorze, des navires britanniques bombardèrent sans succès une petite tour française au cap Mortella, en Corse. Les ingénieurs britanniques copièrent cette fortification efficace, et « Mortella » devint « Martello » dans leurs documents.
Les quatre tours de Québec reçurent des numéros. La tour Martello un occupait l’extrémité de la ligne, au-dessus du fleuve Saint-Laurent. Les autres prolongeaient la chaîne à travers le cap, de sorte que les garnisons pouvaient battre de leurs tirs les intervalles entre les ouvrages et empêcher les pièces de siège d’approcher des remparts de la ville.
La maçonnerie de pierre est conçue ici pour deux issues possibles du combat. Du côté ouest, d’où l’on attendait l’ennemi, le mur atteint environ trois mètres et un tiers. Du côté de Québec, il est presque deux fois moins épais. Si l’ennemi avait pris la tour, les artilleurs de la ville auraient pu la détruire et empêcher que les canons ne soient tournés contre la forteresse. L’unique porte fut placée au-dessus du sol et orientée vers la ville ; les soldats entraient par une échelle amovible et la tiraient à l’intérieur. En bas, on entreposait la poudre et les provisions, les artilleurs vivaient à l’étage supérieur, et trois pièces d’artillerie devaient se trouver sur la plateforme sommitale.
De Bruyères acheva la ligne au début de mille huit cent douze. Le même été, les États-Unis déclarèrent la guerre à la Grande-Bretagne, mais les troupes américaines n’atteignirent pas Québec. Aucune des quatre tours ne participa au combat et, vers les années mille huit cent soixante, les militaires les considéraient déjà comme dépassées.
Aujourd’hui, un escalier extérieur permanent mène à la porte élevée de la tour Martello un, et une exposition est installée à l’intérieur. Le mur mince du côté de la ville est toujours intact : les artilleurs de Québec n’eurent jamais à détruire leur propre tour.
Sur place
La tour peut être observée de l’extérieur pendant les heures d’accès au parc. Une présentation intérieure estivale est annoncée en 2026 du 1 juillet au 7 septembre, tous les jours 09:00–17:00 ; l’intérieur compte trois niveaux et n’est pas accessible aux personnes à mobilité réduite.
Vérifié : 30 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Faites le tour de la tour autant que l’espace ouvert le permet : son rôle défensif est plus clair lorsqu’on l’observe de différents côtés. L’aménagement intérieur n’est accessible que dans le cadre d’une visite autorisée.
