Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Murs de calcaire
- Toiture de cuivre
- Tourelles coniques
- Enseigne du musée
L’histoire du lieu
Sous l’enseigne du musée se trouve un bâtiment aux murs de calcaire, à la toiture de cuivre escarpée et aux petites tourelles, comme un château français réduit, à côté du Manège des Voltigeurs de Québec. Ses pièces ont aussi servi de salles de classe navales : on y préparait les habitants de Québec au service, tandis que l’extérieur est resté presque inchangé. C’est désormais d’ici que commencent les promenades dans les plaines d’Abraham ; on y prend des cartes du parc et l’on y voit des armes, des uniformes, des plans et des trouvailles liés au siège de la ville.
Lorsque ce bâtiment ouvrit en mille neuf cent trente-neuf, on n’y invitait pas les visiteurs. Le ministère canadien de la Défense y installa un service qui inspectait et testait les armes et les munitions. À côté fonctionnait l’Arsenal du Dominion, une usine publique de cartouches et d’obus. Les inspecteurs contrôlaient sa production, examinaient les plaintes des militaires concernant les armes et effectuaient des essais comparatifs. Leur conclusion déterminait l’acceptation ou non de chaque nouveau lot.
Auparavant, ces spécialistes travaillaient dans différents locaux. Le nouveau bâtiment les réunit dans un seul service avec l’inspecteur en chef des armes et des munitions. Les architectes Ludger Robitaille et Gabriel Démers reçurent une mission technique tout à fait moderne, mais conçurent la façade comme un château français : murs de calcaire, haute toiture de cuivre, tourelles à terminaisons coniques. Ainsi, le laboratoire et les bureaux prolongeaient visuellement le Manège des Voltigeurs de Québec voisin.
En mai mille neuf cent quarante-sept, une partie des pièces fut attribuée aux marins de la réserve canadienne. Ils appelaient leur unité à terre « NCSM Montcalm », en l’honneur de Louis-Joseph de Montcalm, le commandant français qui tenta de retenir Québec pendant le siège de mille sept cent cinquante-neuf. Une unité navale à terre était considérée comme un navire ; elle avait donc un nom de navire, un emblème et une devise. Peu à peu, les réservistes occupèrent tout le bâtiment, y aménagèrent des salles de classe et des bureaux, et préparèrent les habitants de Québec au service en mer. L’agencement intérieur fut transformé pour eux ; les murs de pierre, les fenêtres, les tourelles et la toiture de cuivre restèrent.
En mille neuf cent quatre-vingt-quinze, les marins s’installèrent dans le Vieux-Port de Québec. Un an plus tard, le bâtiment fut remis à la Commission des champs de bataille nationaux et, au printemps mille neuf cent quatre-vingt-dix-huit, on y ouvrit un pavillon pour les visiteurs du parc. Il reçut plus tard son nom direct actuel : Musée des plaines d’Abraham. Désormais, dans l’ancien centre de réception militaire, on distribue des cartes du parc et l’exposition présente des armes, des uniformes, des plans et des trouvailles archéologiques liés au siège de Québec ainsi qu’aux batailles de mille sept cent cinquante-neuf et mille sept cent soixante.
L’Abraham de l’enseigne du musée apparut bien avant ce bâtiment comme avant la célèbre bataille. Il s’agit d’Abraham Martin, dit l’Écossais, l’un des premiers colons français de Québec. Vers mille six cent vingt, il arriva ici avec sa femme Marguerite Langlois et gagnait sa vie par la pêche et le pilotage des navires sur le fleuve Saint-Laurent. Lorsque les Anglais occupèrent Québec en mille six cent vingt-neuf, la famille partit en France. Après le retour de la colonie aux Français, les Martin revinrent.
En mille six cent trente-cinq, la Compagnie de la Nouvelle-France attribua à Abraham douze arpents de terre sur les hauteurs, soit environ quatre hectares. Samuel de Champlain, fondateur de Québec, laissa au couple six cents livres précisément pour défricher la parcelle et subvenir à ses besoins. Martin abandonna son activité précédente et devint cultivateur. Il reçut vingt autres arpents dix ans plus tard. Les habitants s’habituèrent à rencontrer les Martin sur les hauteurs et commencèrent à dire « les hauteurs d’Abraham ».
Ce nom ne délimite pas précisément son domaine. Une part importante du parc actuel appartenait à d’autres familles, tandis que les terres de Martin se situaient surtout plus au nord, dans le secteur de l’actuel quartier Saint-Jean-Baptiste. Sur un plan de mille sept cent trente-quatre figure déjà une rue Abraham, mais elle n’atteint pas les plaines actuelles. Le nom lui-même se déplaça avec le temps, au rythme de l’urbanisation : il désignait d’abord la vaste hauteur hors de la ville, puis des secteurs de plus en plus occidentaux.
Après la mort d’Abraham et de Marguerite, les héritiers vendirent la terre aux Ursulines. La famille avait depuis longtemps cessé de la posséder lorsque les troupes françaises et britanniques s’y affrontèrent en septembre mille sept cent cinquante-neuf. Les militaires utilisèrent le nom local déjà existant, et la bataille le fixa sur les cartes. Sur l’enseigne actuelle du musée, deux destinées de ce bâtiment demeurent réunies : le mot « musée » a remplacé le service des munitions et les classes navales, tandis que le nom d’Abraham a survécu à sa parcelle.
Sur place
Le musée et l’exposition sur les batailles sont ouverts tous les jours de 09:00 à 17:00 ; les billets sont vendus en ligne et au comptoir. Les journées gratuites, réductions et expositions temporaires varient selon le calendrier.
Vérifié : 30 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Depuis l’extérieur, le contraste entre le parc paisible et le passé militaire du lieu se lit le mieux. Prévoyez l’exposition avec ses cartes et ses objets comme une visite de musée à part entière.
