Étape 5 sur 8

Grande Allée

Grande Allée

Un hôtel particulier privé ajoutera aux façades gouvernementales l’histoire d’une famille qui construisait une maison coûteuse à un moment dangereux pour son entreprise.

20 min
La Grande Allée ombragée, avec des arbres et des maisons anciennes.
Jeangagnon · CC BY-SA 3.0; cropped/resized for app; ShareAlike applies
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Le perron sculpté
  • Le pignon à colombages
  • Le balcon semi-circulaire
  • La toiture de cuivre

L’histoire du lieu

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La Grande Allée s’étend vers l’ouest depuis le Vieux-Québec, sur le tracé de l’ancienne route de sortie vers Sillery et Cap-Rouge. La garnison britannique n’autorisa longtemps aucune construction sur son côté sud : l’espace ouvert permettait de repérer à temps l’ennemi près des murs de la ville. Lorsque les militaires partirent, de riches familles commencèrent à s’installer près du parlement, et l’ancienne trouée défensive devint une rue de grandes maisons. Au-dessus de l’ajout tardif, au bord du trottoir, on distingue encore le motif de bois du pignon, le balcon semi-circulaire et la haute toiture de cuivre.

L’ancien hôtel particulier au numéro cinq cent soixante-quinze abrite aujourd’hui un hôtel-boutique, un restaurant et un club de cigares privé. Le perron sculpté, le pignon à colombages, le balcon semi-circulaire et la haute toiture de cuivre proviennent de la Maison William-Price, celle de l’industriel qui, pendant sa construction, risquait de perdre l’entreprise familiale.

Le nom de Grande Allée est apparu bien avant ces maisons. En mille six cent quarante-huit, les jésuites appelaient déjà ainsi la route qui allait de la résidence du gouverneur, au cap Diamant, jusqu’à Cap-Rouge et à leur mission de Sillery. Le mot « allée » désignait alors un chemin ou une route d’accès ; la Grande Allée était la longue sortie occidentale de Québec.

Après la conquête britannique, les militaires gardèrent non bâtis les terrains du côté sud de la route, afin que l’ennemi ne puisse pas approcher des murs de la ville sans être vu. En mille huit cent soixante et onze, la garnison quitta Québec. Les autorités provinciales achetèrent l’ancien terrain de cricket pour y installer le parlement, les autorités fédérales commencèrent à vendre les parcelles voisines, et de riches familles se mirent à construire des maisons près du nouveau quartier parlementaire.

En mille neuf cent un, William Price, âgé de trente-quatre ans, s’installa ici. Il était le nouveau dirigeant de l’entreprise familiale de bois, de pâte à papier et de papier. Il y travaillait depuis mille huit cent quatre-vingt-cinq et prit en charge l’entreprise dans un état difficile : ses biens étaient évalués à près d’un million de dollars, mais les pertes s’accumulaient depuis plusieurs années et la firme risquait la faillite. Price devait préserver l’entreprise dont dépendait la prospérité de la famille.

En même temps, il dépensa vingt-cinq mille dollars pour construire cette maison. Sur la Grande Allée, la façade témoignait publiquement de la position du propriétaire : on y recevait des gens de son milieu, on y donnait des dîners et on y menait des discussions d’affaires. Price commanda une demeure qui affirmait la solidité de l’entreprise familiale à un moment où cette solidité restait encore à obtenir.

En mille neuf cent cinq, l’entreprise était de nouveau rentable, à hauteur de plus d’un million de dollars par an, et Price en devint le principal actionnaire. La coûteuse maison n’eut pas à être cédée aux créanciers ; la famille la conserva jusqu’en mille neuf cent trente-sept.

La résidence privée fut ensuite occupée par le Club Renaissance, où se réunissait l’élite conservatrice de Québec. En mille neuf cent soixante-treize, des entrepreneurs achetèrent l’hôtel particulier et y installèrent des bars, des restaurants et des discothèques. Un incendie en mille neuf cent quatre-vingt-huit ferma ces établissements et laissa la maison vide pendant plusieurs années. Une société de promotion immobilière et des responsables municipaux s’opposèrent au sujet de sa transformation ; après une action en justice, ils conclurent un accord et investirent trois millions quatre cent mille dollars dans la restauration. L’architecte Pierre Martin conserva la façade historique, et des espaces commerciaux apparurent au bord du trottoir.

Les nouveaux propriétaires transformèrent de nouveau l’intérieur en deux mille vingt-deux. Au-dessus de l’ajout tardif, on voit toujours le pignon, le balcon et la toiture de cuivre de la maison que Price commença à faire construire alors que son entreprise approchait de la faillite ; les chambres qui se trouvent derrière sont désormais louées à des clients.

Sur place

Temps sur place20 min
Point suivantMusée des plaines d’Abraham
Entréeentrée libre

La rue est ouverte en permanence ; les horaires des restaurants, des terrasses et des établissements privés varient selon la saison et ne sont pas nécessaires pour suivre l’itinéraire.

Vérifié : 30 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Observez les façades depuis l’espace public et gardez à l’esprit que de nombreux bâtiments sont encore utilisés. Il importe surtout de voir la Maison Garneau-Meredith et l’ancienne Maison William-Price comme des éléments d’un même quartier.

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Où aller ensuite ?

Revenez brièvement vers le manège et passez derrière lui, en direction du pavillon du musée.

Étape 5 sur 8Ensuite : Musée des plaines d’Abraham

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Québec : quartier parlementaire et plaines d’Abraham » — 8 étapes, ≈3 km, 2–3 h.

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