Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Le platelage de bois
- Les pavillons vert et blanc
- La grille de fer
- Le fleuve Saint-Laurent
L’histoire du lieu
Les pavillons peints en vert et blanc et la grille de fer rassemblent le bord du cap en une longue promenade urbaine au-dessus du fleuve Saint-Laurent. Le tracé actuel est né d’une courte plateforme, puis s’est prolongé vers la Citadelle de Québec le long des murs de fortification conservés. Les six pavillons ne furent pas installés pour la décoration : cinq ouvraient la vue sur le fleuve, le sixième était destiné à la musique. Le dessin de la grille sur le nouveau tronçon fut repris de l’ancien modèle ; la terrasse paraît donc homogène, bien qu’elle ait été construite par étapes.
Le platelage de bois s’étire le long du bord du cap Diamant sur environ quatre cent trente mètres. On s’y promène, des artistes de rue s’y produisent en été et, en hiver, une glissade sur neige fonctionne à proximité. Le lieu fut ouvert au public après l’incendie de mille huit cent trente-quatre, qui détruisit le Château Saint-Louis, alors situé ici : la résidence des gouverneurs coloniaux, avec une promenade privée au-dessus du fleuve.
Quatre ans plus tard, le gouverneur John Lambton, comte de Durham, ordonna d’aménager une terrasse publique sur les ruines. Elle reçut son nom — terrasse Durham — et ne s’étendait que sur cinquante mètres le long du cap. Il fallut bientôt recouvrir la plateforme de terre de planches : tant de personnes venaient ici qu’en mille huit cent cinquante-quatre, le platelage fut prolongé jusqu’à quatre-vingt-cinq mètres.
Encore dix-sept ans plus tard, la garnison britannique quitta Québec. Les vieux murs et les portes étroites ne protégeaient plus la ville, mais gênaient les voitures, le commerce et la croissance des nouveaux quartiers. L’ingénieur municipal Charles Baillairgé était rémunéré précisément pour de telles modernisations : routes, adduction d’eau, égouts et bâtiments publics. Sous son mandat, on commença à démanteler les fortifications. En même temps, Baillairgé proposa de prolonger la populaire terrasse Durham : les habitants voulaient se débarrasser des obstacles militaires, sans pour autant perdre la promenade.
En mille huit cent soixante-douze, le nouveau gouverneur général du Canada, le diplomate Frederick Blackwood, lord Dufferin, arriva à Québec. Il cherchait à faire cesser les démolitions. Une simple interdiction ne suffisait pas : les passages étroits ralentissaient réellement la circulation et Dufferin, représentant de la Couronne nommé à son poste, ne pouvait pas dicter indéfiniment à la ville la manière d’aménager ses rues. Il proposa donc de remplacer les portes étroites par de larges arches, de conserver les murs et d’y aménager un cheminement piétonnier. Pour ce projet, il fit venir un spécialiste irlandais des anciennes forteresses.
Dufferin se disputa d’abord avec Baillairgé au sujet du démantèlement des fortifications, puis soutint le projet de Baillairgé pour ce même platelage. L’ingénieur eut la possibilité de réaliser un projet prestigieux au lieu de ses travaux habituels d’égouts et de dépôts de pompiers. On décida de prolonger la terrasse d’environ trois cents mètres vers la Citadelle de Québec, de conserver l’ancienne grille de fer et de la reproduire sur le nouveau tronçon, puis d’installer six pavillons le long du bord : cinq belvédères et un pavillon à musique.
Le mandat de Dufferin prenait fin en mille huit cent soixante-dix-huit. Son dernier acte public au Canada fut la pose de la première pierre de la terrasse. Il partit ensuite poursuivre sa carrière diplomatique et ne fut pas là pour l’inauguration. Baillairgé mena la construction à son terme et, l’été suivant, les habitants reçurent une promenade sur platelage longue de quatre cent trente mètres. L’ancien nom de Durham fut remplacé par celui de Dufferin.
Les pavillons de fer vert et blanc subsistent du projet de Baillairgé, et le dessin de la grille reprend celui de la courte terrasse Durham. Dufferin ne vit ici que le début des travaux ; c’est la promenade achevée qui reçut son nom.
Sur place
Terrasse municipale ouverte. La crypte des forts et châteaux Saint-Louis sous le platelage est un site saisonnier distinct : en 2026, Parcs Canada indique du 16 mai au 12 octobre tous les jours et du 13 au 25 octobre du mercredi au dimanche, 9:30–17:00.
Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Le récit principal se déroule en surface. Le site archéologique sous le platelage se visite séparément ; mieux vaut vérifier à l’avance son accessibilité.
