Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Murs de pierre de la Citadelle de Québec
- Remparts de terre
- Porte de la Citadelle de Québec
- Plaques commémoratives
L’histoire du lieu
Les murs de pierre soutiennent ici de hauts remparts de terre, derrière lesquels une unité militaire active est toujours installée. Le Royal 22e Régiment, unité francophone de l’armée canadienne, se trouve sur ce territoire, et la seconde résidence officielle du gouverneur général du Canada est tout près. Les plaques commémoratives près de la porte rappellent que les fortifications ont aussi accueilli les deux conférences de Québec des gouvernements alliés.
Les militaires appelaient citadelle une forteresse où la garnison pouvait se replier si l’ennemi s’emparait de la ville. Des ingénieurs britanniques l’ont érigée sur le cap Diamant après la guerre anglo-américaine de 1812, au début du dix-neuvième siècle. Ils redoutaient à la fois une nouvelle invasion des États-Unis et une révolte au sein de la colonie francophone conquise ; c’est pourquoi une partie des fortifications est tournée vers la Haute-Ville. La Citadelle de Québec n’a finalement jamais subi d’attaque.
Une base militaire se trouve toujours derrière les remparts. Depuis mille neuf cent vingt, le Royal 22e Régiment y est stationné : cette unité francophone a été créée pendant la Première Guerre mondiale pour les Canadiens qui souhaitaient servir en français. La forteresse abrite aussi la seconde résidence officielle du gouverneur général du Canada. C’est elle qui, en août mille neuf cent quarante-trois, transforma l’ancienne citadelle en lieu de négociations secrètes.
À l’invitation du premier ministre canadien William Lyon Mackenzie King, le président des États-Unis Franklin Roosevelt et le premier ministre britannique Winston Churchill vinrent ici. Roosevelt logea dans la résidence du gouverneur général. Pour son état-major, on aménagea un central téléphonique distinct et une liaison télégraphique directe avec la Maison-Blanche ; les autres participants furent logés au Château Frontenac, hôtel fermé aux personnes extérieures.
Churchill cherchait à obtenir ici le retour des scientifiques britanniques dans le programme américain de construction de la bombe atomique. Les Britanniques avaient auparavant partagé avec leurs alliés des calculs montrant qu’une telle arme était possible. Les Américains avaient ensuite lancé le projet Manhattan, avec des laboratoires et d’immenses entreprises industrielles, et avaient restreint l’échange d’informations. Le Royaume-Uni ne pouvait reproduire ces usines sur son territoire ni achever la bombe pendant la guerre. Churchill risquait de se retrouver sans accès à la mise au point que ses physiciens avaient amorcée.
Le dix-neuf août, Roosevelt et Churchill signèrent à la Citadelle de Québec un accord sur le projet caché sous le nom de code « Tube Alloys ». Le document comptait quatre feuillets à en-tête « Citadelle de Québec ». Les deux dirigeants s’engagèrent à ne pas employer la nouvelle arme l’un contre l’autre, à ne pas l’utiliser contre un troisième pays sans consentement mutuel et à ne pas transmettre d’informations à des personnes extérieures. Churchill renonça à des avantages commerciaux britanniques garantis d’avance après la guerre. En échange, les Américains reprirent la coopération scientifique ; un ministre canadien obtint lui aussi un siège au comité conjoint.
Après l’accord, les spécialistes britanniques partirent pour les laboratoires américains. Dix-neuf d’entre eux travaillèrent à Los Alamos sur la bombe elle-même. À la Citadelle de Québec, on ne choisit pas les villes japonaises et on ne fixa pas le jour de la frappe. C’est ici que fut établie la règle exigeant l’accord britannique. Churchill le donna en juillet mille neuf cent quarante-cinq ; les six et neuf août, des bombes atomiques furent larguées sur Hiroshima et Nagasaki.
La coopération d’après-guerre promise fut de courte durée. En mille neuf cent quarante-six, une loi américaine ferma de nouveau aux Britanniques l’accès aux données atomiques. Le Royaume-Uni lança son propre programme et testa sa bombe en mille neuf cent cinquante-deux.
Sur les plaques commémoratives installées ici, Mackenzie King est nommé aux côtés de Roosevelt et de Churchill comme l’hôte des deux conférences de Québec. Sur les quatre feuillets à en-tête de la Citadelle de Québec de l’accord atomique, il ne reste que deux signatures : celles de Roosevelt et de Churchill.
Sur place
Le parcours extérieur est libre là où le passage public est ouvert. L’accès à l’intérieur de la Citadelle de Québec n’est permis qu’avec un guide ; le site officiel indique une ouverture quotidienne, des horaires variant selon la saison et une entrée payante.
Vérifié : 30 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Ne vous attendez pas à voir depuis la rue le plan pentagonal dans son entier : la dissimulation est inscrite dans la conception même. La Citadelle de Québec fonctionne comme base militaire ; les bâtiments intérieurs et les expositions du régiment ne se visitent que dans le cadre d’une visite distincte autorisée.
