Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Le réduit français
- Les contreforts de pierre
- Le bâtiment de la fonderie
- La maison de l’officier
L’histoire du lieu
Un siècle après le départ de la garnison britannique, les restaurateurs faillirent construire ici une partie de forteresse qui n’avait jamais existé.
En mille neuf cent soixante-douze, le gouvernement canadien créa le parc de l’Artillerie. Son nom venait de la Royal Artillery, stationnée ici de mille sept cent quatre-vingt-quatre à mille huit cent soixante et onze. Les artilleurs occupaient cet angle des fortifications parce que, d’ici, ils pouvaient surveiller à la fois le plateau dégagé à l’ouest de la ville et la rivière Saint-Charles, par laquelle l’ennemi pouvait acheminer un débarquement. Autour de la place d’armes, ils aménagèrent des casernes, des salles d’armes, un dépôt de poudre, des ateliers et des hangars pour les affûts de canon.
Lorsque les spécialistes de Parcs Canada commencèrent à sauver les bâtiments délabrés, les travaux étaient déjà en cours : les murs étaient étayés, du béton était injecté dans la maçonnerie de pierre et les fortifications étaient ancrées dans le roc. Le projet de mille neuf cent soixante-quatorze proposait de rendre au complexe une apparence française cohérente du dix-huitième siècle. Pour cela, on envisageait de démolir les façades industrielles des Nouvelles Casernes, apparues à la charnière des dix-neuvième et vingtième siècles. On prévoyait de débarrasser l’ancien réduit d’une partie de ses transformations tardives et de le compléter par un saillant de pierre que l’ingénieur français n’avait laissé que sur des plans de mille sept cent douze.
L’historien Marc Lafrance rejoignit l’équipe de Louis Richet afin de vérifier de telles décisions à partir des plans d’archives, des devis et des rapports. C’était ainsi qu’il gagnait sa vie : les constructeurs demandaient à son service d’établir ce qui se trouvait réellement ici à différentes années. Mais les historiens risquaient d’être relégués au rôle de fournisseurs de dates pour un projet déjà arrêté. Lafrance et ses collègues exigèrent le droit de participer au choix de ce qui serait conservé et de ce qui serait détruit.
Ils considéraient les ajouts industriels comme des témoignages du passé au même titre que la maçonnerie française. Après le départ des militaires britanniques, le gouvernement installa dans les casernes une fabrique de cartouches. Elle devint plus tard l’Arsenal du Dominion : un atelier de mécanique occupa la place d’armes, tandis qu’une fonderie et une activité de laminage apparurent à côté. En retirant ces façades, les restaurateurs auraient effacé l’explication de la présence d’un bâtiment d’usine à côté des casernes et de celle, à l’intérieur, de machines servant encore à fabriquer des munitions.
Les arguments des historiens modifièrent le projet. En mille neuf cent soixante-seize, le nouveau concept prescrivit de conserver les traces de toutes les périodes. Lafrance et ses collègues obtinrent ensuite l’abandon du saillant de pierre complet : on décida de montrer au visiteur le projet de l’ingénieur sur une maquette, plutôt que de faire passer une construction moderne pour une ancienne. Les vestiges d’une structure inachevée, mis au jour par les archéologues, furent protégés et laissés sur place.
La restauration resta néanmoins controversée. Après son achèvement en mille neuf cent quatre-vingt-un, même des participants au projet reconnaissaient que les matériaux nouveaux étaient par endroits difficiles à distinguer des anciens. Aujourd’hui, un complexe muséal fonctionne ici : le réduit français, les contreforts britanniques en pierre, la maison de l’officier et la fonderie de l’Arsenal ont été conservés. Le réduit n’a pas de saillant complet : ni les ingénieurs français du dix-huitième siècle ni les restaurateurs canadiens du vingtième ne l’ont achevé.
Sur place
En 2026, le parc de l’Artillerie est ouvert du 19 juin au 7 septembre, tous les jours de 9:30 à 17:00. Les visites guidées et les langues varient selon l’horaire ; hors saison, la cour et les bâtiments peuvent être inaccessibles.
Vérifié : 30 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Même sans entrer dans les bâtiments, arrêtez-vous dans la cour et mesurez la longueur du complexe. Les espaces du musée ne sont pas toujours accessibles ; considérez les portes fermées et les zones de service comme la limite de la visite extérieure.
