Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Arche centrale pour les véhicules
- Voûte pour les piétons
- Tour à créneaux
- Chemin au-dessus des portes
L’histoire du lieu
La porte Kent est intégrée à la muraille de la ville, là où la rue Dauphine quitte la vieille ville. Avant l’apparition du passage actuel, cette portion ne comportait qu’une poterne, une petite porte réservée aux soldats ; près du passage routier subsiste une petite voûte pour les piétons. La tour à créneaux, les meurtrières et les embrasures ne rappellent aucun combat : dès le début, ils ont servi de décor, et non de défense.
En mille huit cent soixante-dix-huit, lord Dufferin venait au bout de la rue Dauphine pour modifier les plans des futures portes. Il occupait le poste de gouverneur général du Canada — il représentait la Couronne britannique — et s’employait à préserver la muraille de la ville. Dans le projet de l’architecte William Lynn, Dufferin ordonna de faire pivoter l’ouvrage, d’élargir l’arche centrale et de modifier les passages latéraux. Il lui fallait des portes par lesquelles les voitures pourraient circuler, tandis qu’au-dessus se poursuivrait le chemin de promenade sur les fortifications.
À cette époque, le démantèlement de la muraille avait déjà commencé. Après le départ de la garnison britannique en mille huit cent soixante et onze, les étroites portes militaires gênaient les charrettes, le commerce et l’extension des quartiers au-delà des fortifications. À cet endroit, il n’existait qu’une poterne, une petite porte utilisée par les soldats. Les habitants de Québec avaient besoin d’une véritable sortie depuis la rue Dauphine. Dufferin proposa d’ouvrir ici une large brèche, de l’habiller de pierre et de supprimer ainsi l’une des raisons pour lesquelles les citadins réclamaient la poursuite de la démolition de la muraille. Il couvrit de ses propres fonds une partie des dépenses de l’ensemble du projet ; l’essentiel de son projet fut réalisé après son départ du Canada.
Kent est le titre ducal du prince Édouard Auguste, père de Victoria. En mille sept cent quatre-vingt-onze, il arriva à Québec comme commandant du Septième régiment d’infanterie et vécut trois ans dans la ville. Le prince ne passa jamais par ces portes : l’arche apparut près de quatre-vingt-dix ans après son départ. Dufferin obtint que Victoria donne de l’argent pour le nouveau passage en mémoire du séjour de son père à Québec.
En juin mille huit cent soixante-dix-neuf, Louise posa ici la première pierre : elle était la fille de Victoria, la petite-fille du duc de Kent et l’épouse du gouverneur général du Canada de l’époque. Ainsi, trois générations d’une même famille se retrouvèrent dans un seul ouvrage : le grand-père donna son nom aux portes, sa fille finança une partie de la construction, et sa petite-fille vint sur le lieu de la pose de la première pierre.
La large arche laisse toujours passer la rue Dauphine, la petite voûte sert aux piétons, et un chemin longe la muraille au-dessus. La tour, les créneaux, les meurtrières et les embrasures ont été décoratifs dès le premier jour : la porte Kent n’a jamais défendu la ville. Elle a refermé une brèche que des gens avaient délibérément ouverte pour la circulation.
Sur place
La visite extérieure est libre. L’accès au sommet de la muraille dépend de la saison, de la météo et des restrictions en vigueur du service des parcs.
Vérifié : 30 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Observez le décor depuis le trottoir d’en face, sans vous avancer sur la chaussée pour prendre une photo. Les portes se comprennent le mieux en les traversant : elles relient les deux côtés de la muraille, elles ne les contrôlent pas.
