Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- église-porte Saint-Nikolaï
- Descente du Chemin sanglant
- Façade blanche de l’église de la Dormition
L’histoire du lieu
La descente qui mène de l’église-porte Saint-Nikolaï à la façade blanche de l’église de la Dormition s’appelle le Chemin sanglant. Ce nom est lié à l’higoumène Kornili, le supérieur qui, pendant quarante et un ans, fut responsable du monastère sur une frontière militaire et s’efforça de permettre aux moines d’y vivre, d’y célébrer l’office et de s’abriter derrière un mur de pierre.
Kornili arriva ici au début des années mille cinq cent vingt, lorsque le monastère nourrissait à peine les frères. Il se souvenait que les moines ne recevaient parfois qu’un peu de grain ou d’avoine, qu’ils le moulaient eux-mêmes et faisaient cuire du pain. En mille cinq cent vingt-neuf, Kornili, âgé de vingt-huit ans, fut élu higoumène. Sous son autorité, les moines et des maîtres artisans invités reconstruisirent et décorèrent de peintures l’église de la Dormition, élevèrent un clocher, des ateliers et une enceinte fortifiée.
Les murs apparurent pendant la guerre de Livonie. Un commandant militaire du tsar participa à leur construction, et le tsar Ivan le Terrible, qui comptait conserver cette frontière, accordait au monastère des chartes de privilèges et lui faisait des dons. Le récit tardif selon lequel le tsar aurait vu la forteresse pour la première fois et l’aurait prise pour un projet secret de rébellion de Kornili simplifie trop les faits : la cour connaissait ces fortifications.
Le soupçon pouvait naître d’un autre lien. Andreï Kourbski, ancien voïvode du tsar, s’enfuit au grand-duché de Lituanie et devint un adversaire d’Ivan le Terrible. Il demandait aux moines de Petchory de lui envoyer des livres et, dans l’une de ses lettres, critiquait vivement le tsar. Les lettres étaient destinées à un moine proche de Kornili. Les historiens relient l’exécution de l’higoumène à cette correspondance, bien que les documents n’aient pas conservé l’accusation exacte.
Le vingt février mille cinq cent soixante-dix, Kornili fut exécuté sur l’ordre d’Ivan le Terrible. Le Récit monastique, rédigé peu après sa mort, l’exprime avec détours : le tsar terrestre « envoya en avant » l’higoumène vers le Tsar céleste, c’est-à-dire qu’il l’envoya à la mort. L’auteur n’a pas précisé où ni de quelle manière il fut tué.
Selon une tradition monastique plus tardive, Kornili accueillit le tsar avec une croix près des portes. Ivan le Terrible lui trancha lui-même la tête, se repentit aussitôt, souleva le corps et le porta vers le bas, jusqu’à l’église de la Dormition. Le sang laissait une trace sur le chemin : de là vient son nom. Cette scène relève précisément de la tradition : les premiers témoignages écrits ne confirment ni le lieu de l’exécution ni le coup porté par le tsar. La participation même d’Ivan ne fait presque aucun doute. Dans le synodikon du tsar, liste des personnes qui devaient être commémorées à l’église après leur exécution, le nom de Kornili figure en premier parmi les habitants de Pskov.
L’église de la Dormition, en contrebas, est aménagée à l’intérieur d’une colline de sable ; la façade extérieure dissimule l’entrée d’un espace souterrain. Après la mort de Kornili, son corps fut placé dans la paroi d’une grotte du monastère. En mille six cent quatre-vingt-dix, le métropolite de Pskov ordonna de transférer les restes de l’higoumène, vénérés comme de saintes reliques, dans l’église de la Dormition. Le reliquaire qui les contient s’y trouve encore aujourd’hui, à l’extrémité basse du chemin nommé d’après la tradition de son dernier parcours.
Sur place
Le territoire du monastère est ouvert de l’office du matin à celui du soir ; l’accès aux différentes églises est réglé par les offices et les indications données sur place par le monastère. Vérifié le 2026-06-24.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Ne gênez ni les déplacements des frères ni les offices ; mieux vaut réduire au minimum les conversations et les prises de vues près de l’entrée. Considérez le meurtre de Kornili comme une tradition monastique, et non comme une scène établie sans contestation.
