Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Toiture au-dessus de la salle de prière
- Terrasse artificielle
- Escalier menant à l’entrée
- Grande salle de prière
L’histoire du lieu
Au-dessus de la place s’élève une immense salle de prière : un escalier y mène depuis une élévation de terre. Lorsque le marché bruissait tout autour, les habitants de différents quartiers s’y rassemblaient le vendredi pour la prière collective, et les dimensions de l’édifice répondaient à ce rôle. Le nom Djoumaya a conservé le souvenir du vendredi, et Muradiye celui de la fondation caritative du sultan qui finançait la mosquée elle-même et ses desservants. Les chercheurs datent les murs actuels d’environ mille quatre cent vingt-cinq, bien qu’une ancienne tradition urbaine ait désigné un autre sultan Murad comme commanditaire.
À l’été mille huit cent soixante-dix-huit, on enlevait déjà la toiture de cette mosquée. La guerre russo-turque était terminée, des troupes russes étaient stationnées à Plovdiv, et de nombreux édifices musulmans étaient démantelés ou occupés pour d’autres usages. Avant la guerre, on comptait dans la ville trente-trois mosquées et salles de prière ; en novembre, il n’en restera qu’une seule apte au culte.
Le vingt-deux juillet, Yusuf Rıza et Nashid Rashid arrivèrent ici : ils étaient les représentants ottomans de la Commission internationale des Rhodopes. La Commission recueillait des informations sur le sort des réfugiés et des biens détruits. Le rapport consigna que leur arrivée arrêta le démantèlement de Muradiye, la « mosquée de Murad ». Le document ne dit pas qui avait ordonné d’enlever la toiture, ni ce que les commissaires avaient exactement déclaré. Le résultat est connu : les ouvriers cessèrent de démanteler l’édifice.
Sauver les murs ne rendit pas encore la salle de prière aux fidèles. À l’automne, des unités russes utilisèrent Muradiye comme entrepôt. Après leur départ, la communauté musulmane de Plovdiv demanda que les deux mille livres conservées dans le trésor régional soient attribuées à la réparation de cette mosquée et de la mosquée Imaret. Les membres de la communauté comptaient sur l’argent des anciennes fondations caritatives qui finançaient les édifices et leurs desservants. Leur demande fut refusée : les fonctionnaires déclarèrent que le statut de ces fonds n’était pas encore réglé. La grande restauration de Muradiye ne fut réalisée qu’en mille neuf cent huit.
Le nom « Djoumaya » explique pourquoi une salle aussi immense était nécessaire. « Djouma » signifie la prière collective du vendredi, et Oulou Djoumaya désigne la principale mosquée du vendredi. Le vendredi, des fidèles de différents quartiers s’y rassemblaient ; c’est pourquoi elle fut installée au milieu du marché qui existait alors. Les bâtisseurs élevèrent la mosquée sur une terrasse artificielle et la relièrent par un escalier aux rangées commerciales. Le marché a disparu, mais la direction demeure : la rue piétonne de la ville et la place convergent toujours vers l’entrée.
Les historiens se demandent auquel des deux sultans Murad appartenait le projet initial. Une ancienne tradition désignait Murad Ier, qui conquit Plovdiv. Des recherches plus récentes datent l’édifice actuel d’environ mille quatre cent vingt-cinq, sous le règne de Murad II ; des registres de dépenses de la fin du quinzième siècle relient la mosquée à une fondation caritative du sultan. Elle a donc conservé deux noms : Muradiye rappelle le commanditaire, Djoumaya sa fonction.
En juillet mille huit cent soixante-dix-huit, seule une partie de la toiture avait eu le temps d’être démontée. Aujourd’hui encore, les fidèles se rassemblent dessous pour la prière du vendredi.
Sur place
Mosquée en activité ; aucun horaire touristique officiel n’est publié. L’entrée dépend des prières et de la décision des desservants.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.C’est un lieu de culte en activité : ne gênez pas la prière et n’entrez que lorsque la visite est appropriée ; les peintures ne sont visibles que de l’intérieur.
