Étape 2 sur 8

Independence Hall

Independence Hall

Ici, l’indépendance apparaît comme une décision à laquelle l’un de ses anciens défenseurs refusa d’apposer sa signature.

10 min
Le bâtiment d’Independence Hall à Philadelphie
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À remarquer

  • Assembly Room
  • Rangées de tables et de fauteuils
  • Encrier d’argent

L’histoire du lieu

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L’Assembly Room, à l’intérieur de l’ancien Independence Hall, fut longtemps la salle de travail de la colonie : les législateurs s’y réunissaient, la cour y siégeait et le conseil du gouverneur y exerçait ses fonctions. Les rangées de tables et de fauteuils restituent l’aspect du dix-huitième siècle, bien qu’ils ne soient pas conservés de ces réunions et qu’aucun plan précis de leur disposition ne subsiste. Dans l’aile ouest est conservé un encrier d’argent considéré comme l’encrier authentique de cette époque. Le nom actuel de l’ensemble du bâtiment apparut plus tard, lorsque le nom d’Independence Hall dépassa les limites d’une seule salle.

Le premier juillet mille sept cent soixante-seize, dans la salle est de ce bâtiment, John Dickinson, délégué de Pennsylvanie qui cherchait à différer la rupture avec la Grande-Bretagne, se leva. La guerre durait déjà depuis plus d’un an. Le Congrès avait créé une armée commune, les navires britanniques approchaient de la Ville de New York, et la majorité des délégués se préparait à déclarer les treize colonies indépendantes.

Dickinson ne proposait pas de déposer les armes. Quelques années plus tôt, il s’était fait connaître par des articles contre les impôts britanniques, puis avait participé à la rédaction de textes expliquant pourquoi les colons avaient pris les armes. Mais l’indépendance à ce moment précis lui semblait dangereuse : les colonies n’avaient pas encore d’union solide entre elles, de traité avec un allié étranger, ni la certitude de pouvoir tenir pendant la guerre.

Il avait beaucoup à perdre. Avocat et propriétaire terrien fortuné, tirant notamment des revenus de domaines où travaillaient des personnes réduites en esclavage, Dickinson s’était précisément fait connaître comme défenseur des droits des colons. Il allait désormais contre ceux qui voyaient dans la rupture avec la Grande-Bretagne l’aboutissement de cette lutte. Plus tard, il reconnut qu’il s’attendait à perdre définitivement sa popularité déjà ébranlée.

Dickinson exposa ses arguments ici, dans l’Assembly Room du Pennsylvania State House. C’est ainsi que le bâtiment s’appelait alors : il avait été construit pour l’assemblée législative, la cour et le conseil du gouverneur de la colonie. En mai mille sept cent soixante-quinze, les députés de Pennsylvanie prêtèrent la salle au Deuxième Congrès continental, assemblée de représentants des treize colonies qui, durant la guerre, disposait de l’armée commune et négociait en leur nom. C’est donc ici que la décision fut prise, dans une salle prêtée par une institution en activité.

Le vote se faisait par colonie : chacune avait une voix, déterminée par la majorité de ses délégués. Le premier juillet, neuf colonies soutinrent l’indépendance, la Pennsylvanie et la Caroline du Sud s’y opposèrent, les voix des délégués du Delaware étaient également partagées, et les représentants de la Colonie de New York n’avaient pas l’autorisation de voter.

Le lendemain, Dickinson et un autre adversaire de la rupture immédiate, le négociant pennsylvanien Robert Morris, ne participèrent pas au vote. Parmi les cinq délégués restants de Pennsylvanie, les partisans de l’indépendance l’emportèrent par trois voix contre deux. La Caroline du Sud changea de décision, et le Delaware vota lui aussi pour. Douze colonies soutinrent la résolution d’indépendance ; la Colonie de New York s’abstint toujours.

Après cela, le Congrès passa encore deux jours à examiner le texte explicatif préparé par Thomas Jefferson et quatre autres membres du comité. Le quatre juillet, les députés approuvèrent la Déclaration d’indépendance. La plupart des signatures furent apposées sur son exemplaire manuscrit de cérémonie le deux août. Robert Morris apposa sa signature. Dickinson refusa.

Ce refus lui coûta son siège à l’assemblée de Pennsylvanie, mais il ne devint pas partisan de la Grande-Bretagne. Dickinson partit servir comme simple soldat dans la milice et, six ans plus tard, fut élu président de la Pennsylvanie : c’est ainsi que l’on appelait alors le chef du conseil exécutif de l’État. Sa carrière politique se rétablit ; sa signature ne fut jamais apposée sous la Déclaration.

Le nom « Independence Hall » vint plus tard. Lorsque Philadelphie prépara, en mille huit cent vingt-quatre, l’accueil du marquis de La Fayette, participant à la guerre d’indépendance, les organisateurs donnèrent à la salle de réunion le nom d’Independence Hall. Ce n’est que des décennies plus tard que ce nom s’étendit à l’ensemble du bâtiment.

Les tables et les fauteuils actuels de la salle restituent le décor du dix-huitième siècle, mais ils n’ont pas appartenu aux participants du vote ; même un plan précis de leur disposition n’a pas été conservé. Dans l’aile ouest est exposé un encrier d’argent que l’on considère comme celui qui fut utilisé lors de la signature de la Déclaration. La plume de Robert Morris plongeait dans l’encre. La place réservée au nom de John Dickinson resta vide.

Sur place

Temps sur place10 min
Point suivantCongress Hall
Entréeextérieur / billet pour l’intérieur

Le récit peut commencer dans la cour ; ne visitez l’intérieur que selon les règles d’accès en vigueur et avec une réservation séparée si elle est exigée.

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Où aller ensuite ?

Passez chez le voisin occidental d’Independence Hall et arrêtez-vous à l’entrée de la salle basse.

Étape 2 sur 8Ensuite : Congress Hall

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« La république dans l’Old City de Philadelphie » — 8 étapes, 1.9 km, 1 h 50 min.

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