Étape 6 sur 8

avenue de Breteuil

Avenue de Breteuil / Promenade de Breteuil

Cette longue perspective servira à raconter l’histoire d’un ouvrage d’ingénierie dont il ne reste plus rien en surface.

15 min
Allée verdoyante de l’avenue de Breteuil avec une perspective vers les Invalides.
Polymagou · CC BY-SA 4.0; cropped/resized for app; ShareAlike applies
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Audioguide · voix enregistréeÉcouter l’histoire du lieu

Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Allée centrale
  • monument à Pasteur
  • Dôme des Invalides doré
  • place Georges-Mulot

L’histoire du lieu

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L’avenue s’étire en ligne droite vers le dôme doré des Invalides, et une longue allée centrale la traverse en son milieu. À son extrémité sud fonctionnait autrefois un abattoir qui exigeait tant d’eau que ce paisible paysage urbain se trouva lié à un travail effectué loin sous terre. Le flux fut dirigé vers la place au centre de l’avenue, où une tour d’eau en fonte élevait l’eau vers les réservoirs municipaux. Le monument à Pasteur se dresse aujourd’hui à son emplacement, et tout près subsiste le nom de l’homme dont le travail a changé ce tronçon.

Le Breteuil du nom est Louis-Auguste Le Tonnelier de Breteuil, diplomate, puis ministre de la Maison du roi et de Paris sous Louis XVI. Cette fonction associait les affaires de la cour royale aux affaires de la ville. Ses contemporains attribuaient au ministre l’embellissement de la capitale, et son nom s’attacha à la route menant aux Invalides. La voie elle-même, traversant les champs de Grenelle, existait bien avant son ministère.

Le travail le plus risqué sur cette avenue se déroula à son extrémité sud, sur le terrain de l’abattoir. L’abattoir avait besoin d’une telle quantité d’eau que l’approvisionnement de cinq établissements semblables coûtait chaque année à Paris des dizaines de milliers de francs. Le physicien François Arago convainquit le conseil municipal de chercher de l’eau sous terre. Il espérait atteindre une couche de sable aquifère sous l’épaisseur de la craie parisienne et obtenir un jaillissement qui remonterait à la surface sans pompe.

Le forage fut confié à Louis-Georges Mulot, entrepreneur issu d’une famille de puisatiers. En décembre mille huit cent trente-trois, il installa un treuil dans la cour de l’abattoir : dix ou douze hommes l’actionnaient d’abord ; plus tard, des chevaux les remplacèrent. Mulot était payé au mètre foré et devait prouver que le calcul de François Arago valait quelque chose.

Au bout de trois ans, le trépan atteignit quatre cents mètres, mais l’eau ne venait toujours pas. Puis des centaines de mètres de tiges de fer, avec l’outillage de forage, s’effondrèrent dans le puits. Il fallut plus d’un an pour les retirer à l’aveugle, en accrochant les fragments par leur filetage. Le public riait de l’obstination de Mulot ; une revue théâtrale fit même apparaître un personnage comique nommé « Monsieur Mulot, père et fils ». Le conseil municipal paya encore cent mètres, mais ils se terminèrent eux aussi dans une roche sèche. Lorsque le crédit municipal fut épuisé, l’entrepreneur poursuivit le forage à ses frais.

François Arago non plus ne voulait pas renoncer. Il comparait les altitudes du terrain et les affleurements de couches aquifères dans d’autres régions de France, soutenant que des sables verts contenant de l’eau devaient se trouver sous l’argile. Le vingt-six février mille huit cent quarante et un, à une profondeur de cinq cent quarante-huit mètres, le trépan pénétra enfin dans cette couche. Une eau d’environ vingt-huit degrés remonta dans le tuyau et jaillit dans la cour de l’abattoir. Huit années de moqueries prirent fin avec ce mot de Mulot à François Arago : « Nous avons de l’eau. »

Cette victoire exigea un nouveau travail. L’eau charriait du sable et, quelques mois plus tard, la pression écrasa une partie de la conduite. Les ingénieurs réparèrent le puits et dirigèrent le flux vers la place au milieu de l’avenue. On y éleva une tour d’eau en fonte, haute d’environ quarante-deux mètres : dans ses conduites, l’eau montait assez haut pour gagner ensuite les réservoirs municipaux.

La tour fut démontée en mille neuf cent trois. Le monument à Pasteur se dresse aujourd’hui à son emplacement, et la petite place Georges-Mulot, à quelques pas d’ici, marque le point où Mulot avait réellement percé le sol. Il ne reste rien de la tour de fonte qui interrompait autrefois la perspective des Invalides.

Sur place

Temps sur place15 min
Point suivantDôme des Invalides
Entréede l’extérieur

Allée ouverte de la place Vauban à la place de Breteuil ; fermetures locales possibles des aires de jeux, des piscines, des pelouses ou des passages en raison de travaux et d’événements urbains.

Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Le tronçon est long et ouvert ; traversez les chaussées uniquement aux endroits signalés et faites une pause sur la bande végétalisée, sans empiéter sur la circulation des vélos.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Gardez le dôme devant vous et continuez jusqu’à la place au pied de l’ensemble.

Étape 6 sur 8Ensuite : Dôme des Invalides

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Le Paris monumental : du Trocadéro au pont Alexandre-III » — 8 étapes, environ 6,2 km, 3,5–4,5 heures.

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