Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Bord de pierre octogonal
- Surface de l’eau
- Rampes en fer à cheval
L’histoire du lieu
Les huit côtés rectilignes de la cuve de pierre entourent le bassin occidental des Tuileries. Sur les côtés s’incurvent deux rampes en fer à cheval : le jardin régulier s’arrête ici, et au-delà, une allée d’arbres se poursuit vers Chaillot, à l’origine des Champs-Élysées. En mille six cent soixante-quatre, Louis XIV et Jean-Baptiste Colbert entreprirent la grande transformation du jardin, prolongeant son extrémité lointaine par une route au-delà des domaines du palais.
En mille six cent trente-sept, André Le Nôtre, âgé de vingt-quatre ans, obtint le droit de succéder à son père comme jardinier titulaire des Tuileries. Son père et son grand-père y travaillaient également ; André Le Nôtre lui-même naquit dans une maison située sur le territoire du jardin. Les Tuileries procuraient à sa famille un emploi, un logement et un revenu bien avant qu’il ne devienne célèbre pour les jardins de Versailles.
À partir de mille six cent soixante-quatre, Louis XIV et son ministre Jean-Baptiste Colbert chargèrent André Le Nôtre de refaire le jardin. Le principal spectateur était l’homme à la fenêtre du palais des Tuileries. De là, les parties proches et lointaines devaient former une composition claire, bien que la perspective réduisît inévitablement tout ce qui se trouvait à l’extrémité de la Grande Allée des Tuileries.
André Le Nôtre corrigea cela par la géométrie. Il fit le bassin éloigné environ deux fois plus grand que le bassin rond près du palais. Depuis la fenêtre, les deux semblaient de dimensions comparables. Les huit côtés droits donnèrent au bassin occidental son nom actuel, et deux rampes en fer à cheval marquèrent la limite du jardin.
André Le Nôtre ne fit pas s’arrêter la ligne sur l’eau. Derrière le bassin, selon son plan, on aménagea une route bordée d’arbres en direction de la colline de Chaillot — les futurs Champs-Élysées. Le roi obtint une perspective qui allait au-delà de son jardin ; plus tard, sur son prolongement apparurent l’obélisque, l’arc de triomphe de l’Étoile et la Grande Arche de la Défense.
André Le Nôtre mourut en mille sept cents dans sa maison aux Tuileries. La maison disparut. Le palais depuis les fenêtres duquel avait été calculée l’illusion de distance brûla en mille huit cent soixante et onze, et ses vestiges furent démantelés. Il est désormais impossible de vérifier l’effet initial depuis le point prévu.
Au bord même, la correction optique paraît une immense étendue d’eau. Depuis la fin du dix-neuvième siècle, on y met à l’eau de petits voiliers. Et, à l’entrée du côté de la place de la Concorde, dans une arcade aveugle sous la terrasse, se dresse un buste en bronze d’André Le Nôtre : les fenêtres de son principal spectateur ont disparu, le bassin calculé pour elles est resté.
Sur place
Partie du jardin des Tuileries ; accessible aux heures du jardin, sous réserve de restrictions liées à des événements.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Il est pratique de faire une pause au bord de l’eau, mais par temps venteux, on entend moins bien. Le récit ne nécessite d’entrer dans aucun bâtiment ; la visite du musée de l'Orangerie et de ses salles Claude Monet est organisée séparément.
