Étape 7 sur 7

place de la Concorde

Le destin de deux membres d’une même famille montrera pourquoi le nom conciliateur de la place est devenu le dénouement familial de la Révolution.

15 min
place de la Concorde @ jardin des Tuileries @ Paris
Guilhem Vellut · CC BY 2.0; cropped/resized for app
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À remarquer

  • Obélisque de Louxor
  • Figure de Rouen
  • Figures de pierre des villes françaises

L’histoire du lieu

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Les autorités municipales aménagèrent ici un vaste espace libre autour d’une statue équestre du monarque, afin de marquer son rétablissement après une grave maladie. La figure de bronze fut plus tard renversée et envoyée à la fonte, et le nom de la place changea avec les changements de pouvoir en France. Aujourd’hui, son centre est occupé par l’obélisque de Louxor, tandis que des allégories de pierre de villes françaises se dressent sur ses bords, parmi lesquelles Rouen. Le nom de Concorde fut rendu à la place comme signe de réconciliation après les années révolutionnaires.

Au bord ouest de la place, à peu près devant la figure de pierre représentant Rouen, se dressait, le matin du vingt et un janvier mille sept cent quatre-vingt-treize, l’échafaud de Louis XVI. L’exécution ne se déroula pas sous l’actuel obélisque de Louxor : pour l’ancien roi, la guillotine avait été déplacée de l’autre côté de la place.

Ce choix était délibéré. Au milieu du dix-huitième siècle, la municipalité parisienne commanda une statue équestre de Louis XV pour marquer le rétablissement du roi après une grave maladie. Une immense place ouverte fut aménagée autour du monument et reçut le nom du monarque. Après la prise d’assaut du palais voisin des Tuileries, en août mille sept cent quatre-vingt-douze, la monarchie fut abolie. Les révolutionnaires renversèrent la statue de Louis XV et envoyèrent le bronze à la fonte, tandis que la place était rebaptisée place de la Révolution. Des milliers de personnes pouvaient s’y rassembler, et exécuter le roi à l’endroit créé pour glorifier son grand-père permettait de faire de la sentence un événement public.

Louis XVI était alors prisonnier de la tour du Temple et cherchait à être acquitté. Il fut jugé par la Convention nationale, assemblée élue qui avait aboli la monarchie et proclamé la république. Les députés accusèrent l’ancien roi de complot contre la liberté publique et la sûreté de l’État. Parmi les preuves figuraient sa tentative de fuite hors du pays et ses relations secrètes avec des cours étrangères.

Le verdict fut rendu par appel nominal : chaque député montait à la tribune, et son vote devenait connu du public. Sur les sept cent vingt et un présents, trois cent soixante et un se prononcèrent pour la mort immédiate, soit exactement une voix de plus que la moitié.

Parmi eux se trouvait Philippe Égalité, cousin de Louis et député à la Convention nationale. Avant la Révolution, il était l’un des plus riches grands seigneurs de France ; ses domaines familiaux et les galeries commerçantes du Palais-Royal, qu’il louait à des petits commerçants, lui procuraient des revenus. Après la chute de la monarchie, Philippe cherchait à être considéré comme un député républicain et non comme un possible prétendant au trône. À sa demande, la Commune de Paris lui attribua, ainsi qu’à ses descendants, le nom de famille Égalité — « Égalité ». Lors du vote, il déclara agir par devoir de député et réclama la mort de son parent.

Le lendemain, Louis fut amené ici depuis la tour du Temple. À dix heures vingt-deux, le couperet de la guillotine tomba. Au cours des mois suivants, les exécuteurs déplacèrent la machine plus près du jardin des Tuileries et la laissèrent presque un an : plus de mille personnes furent exécutées sur la place de la Révolution.

Son vote pour la mort du roi ne préserva pas Philippe Égalité des soupçons. Au printemps, son fils aîné Louis-Philippe Ier, général de l’armée républicaine, passa avec le commandant rebelle Dumouriez la ligne de front pour rejoindre les Autrichiens. Les députés ordonnèrent l’arrestation de membres de la maison de Bourbon comme otages. Philippe rappela à la Convention nationale sa fidélité à la république et exigea que son statut de député soit respecté, mais il fut envoyé en prison. Le six novembre mille sept cent quatre-vingt-treize, le Tribunal révolutionnaire l’accusa de vouloir s’emparer du trône. La sentence fut prononcée et exécutée le même jour, sur cette même place.

Après la Terreur, le Directoire, nouveau régime républicain, donna en mille sept cent quatre-vingt-quinze à la place le nom de Concorde, afin de marquer la réconciliation des Français. Plus tard, la maison de Bourbon, de retour, la dédia de nouveau aux rois et projeta d’élever en son centre un monument à Louis XVI. Après la révolution de mille huit cent trente, Louis-Philippe Ier, fils de Philippe Égalité exécuté, devint roi des Français. Sous son règne, le nom de Concorde fut définitivement rendu à la place, le projet de monument fut abandonné, l’obélisque de Louxor fut dressé au centre et des allégories de villes françaises furent installées sur les bords.

Aucune trace précise de l’échafaud de Louis XVI n’a subsisté. Son emplacement n’est indiqué qu’approximativement, devant la figure de Rouen, qui ne fut installée ici que sous Louis-Philippe Ier, fils du député qui avait voté la mort du roi.

Sur place

Temps sur place15 min
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Place urbaine ouverte ; les cheminements peuvent changer en raison de la circulation, de travaux et d’événements.

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En raison de la circulation intense, restez dans les zones piétonnes et n’empruntez que les passages réservés aux piétons. Il vaut mieux observer la composition complète de la place à distance, sans chercher à s’approcher de chaque détail.

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« Perspective royale : du Louvre à la place de la Concorde » — 7 étapes, environ 1,7 km, environ 2 heures.

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