Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Large allée centrale
- Rangées d’ormes
- Bancs de pierre
L’histoire du lieu
Jean-Baptiste Colbert vint sur la Grande Allée des Tuileries pour fermer le jardin aux Parisiens. Il dirigeait les constructions royales de Louis XIV et était responsable de la préservation des Tuileries, tout juste réaménagées. Jean-Baptiste Colbert en était convaincu : si l’on laissait les grilles ouvertes, les visiteurs piétineraient vite les chemins et abîmeraient les parterres de fleurs.
Le jardin avait récemment été redessiné par André Le Nôtre, le jardinier du roi. Il y traça une large allée rectiligne, du bassin rond au bassin octogonal, puis prolongea la perspective en direction des futurs Champs-Élysées. D’où son nom : la Grande Allée des Tuileries est le passage principal qui traverse toute la partie arborée du jardin. À son extrémité est se dressait alors le palais des Tuileries, et le chemin commençait devant sa façade.
Charles Perrault, son subordonné au sein de l’administration des constructions royales, parcourait l’allée avec Jean-Baptiste Colbert. La fonction de Charles Perrault et son salaire dépendaient de l’homme auquel il s’apprêtait à répondre. Il tentait de convaincre son supérieur que les femmes et les enfants ne cueillaient pas les fleurs ici, et que les visiteurs restaient tranquillement sur les chemins. On venait ici se remettre d’une maladie, discuter d’affaires et conclure un mariage. Si l’on fermait le jardin, ajouta Charles Perrault, il faudrait fixer de tels rendez-vous dans les églises.
Jean-Baptiste Colbert répondit qu’aux Tuileries, seuls des oisifs se promenaient. Charles Perrault demanda alors de consulter ceux qui étaient réellement responsables des plantations. Les jardiniers confirmèrent que les gens n’abîmaient rien : ils marchaient et regardaient, rien de plus. Un argument se révéla particulièrement pratique : là où les visiteurs se promènent, les mauvaises herbes poussent moins bien sur les chemins.
Charles Perrault décrivit cette scène bien des années plus tard dans ses propres mémoires ; ses répliques sont donc connues dans sa version, et non par un procès-verbal. Il rapporta le dénouement sans l’orner : Jean-Baptiste Colbert fit le tour du jardin, donna des instructions pour son entretien et ne reparla plus de le fermer.
Les Tuileries restèrent accessibles à la promenade, même si l’ouverture n’était pas encore totale : les gardes ne laissaient pas entrer les domestiques, les soldats ni les mendiants. Des bancs en bois furent installés le long des allées ; à la fin du dix-septième siècle, ils étaient presque deux cents.
Le palais depuis les fenêtres duquel cette perspective avait été calculée n’existe plus. La Grande Allée des Tuileries subsiste entre les deux bassins. Parmi les ormes plantés le long d’elle se trouvent vingt-six bancs de pierre, sur ce passage même où le supérieur envisageait d’écarter les promeneurs et où son subordonné le persuada de les laisser.
Sur place
Partie gratuite du jardin des Tuileries ; les horaires sont saisonniers et peuvent changer en raison d’événements.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Choisissez un endroit au bord de l’allée afin de ne pas gêner le flux venant en sens inverse. Après la pluie, le gravier peut être humide et, par temps sec et chaud, poussiéreux ; l’ombre est répartie de manière inégale.
