Étape 5 sur 8

Conciergerie

Conciergerie

Une évasion manquée mènera de la cellule de prison au procès accéléré de l’ancienne reine.

15 min
Conciergerie
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À remarquer

  • Tours médiévales
  • Murs noirs de la chapelle commémorative
  • Larmes d’argent sur les murs

L’histoire du lieu

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Derrière les murs de la Conciergerie, où se trouvait une prison pendant la Révolution, le vingt-huit août mille sept cent quatre-vingt-treize, l’inspecteur des prisons Jean-Baptiste Michonis fit entrer dans la cellule de l’ancienne reine de France un visiteur. Pour les gardes, c’était un homme admis par un fonctionnaire. Marie-Antoinette reconnut Alexandre Gonsse de Rougeville, un royaliste qui avait décidé de la faire sortir de prison. Rougeville laissa tomber à ses pieds deux œillets. Dans les pétales de l’un d’eux était caché un billet : il avait des hommes, de l’argent et un plan d’évasion.

Marie-Antoinette était ici depuis vingt-six jours. Son mari, Louis XVI, avait déjà été exécuté. Ses enfants restaient détenus dans la prison parisienne du Temple, et elle-même en avait été transférée seule dans la nuit du premier au deux août : la Convention nationale, l’assemblée qui gouvernait la république, préparait un procès distinct contre l’ancienne reine.

C’est précisément pour cela qu’on l’avait placée à la Conciergerie. À la fin du quatorzième siècle, les rois cessèrent d’habiter le palais de l’Île de la Cité, mais y laissèrent les tribunaux et la prison. Ils relevaient d’un concierge, nom alors donné à un haut fonctionnaire royal doté de pouvoirs judiciaires. C’est de sa fonction que vient le nom de la Conciergerie. Pendant la Révolution, le Tribunal révolutionnaire, juridiction extraordinaire chargée de juger les ennemis de la république, siégeait à l’étage, tandis qu’en bas les accusés attendaient d’être appelés. La plupart y passaient quelques jours : de leur cellule, on les menait à la salle d’audience, puis, après le verdict, à la charrette dans la cour. Les exécutions elles-mêmes n’avaient pas lieu à la Conciergerie.

On laissait presque pas Marie-Antoinette écrire. Deux gendarmes montaient la garde dans sa cellule jour et nuit, même lorsqu’elle se changeait. Elle écrivit sa réponse à Rougeville avec une épingle sur un morceau de papier : elle était constamment surveillée, mais elle acceptait de partir. Michonis risquait son poste et sa vie : sans son laissez-passer, Rougeville n’aurait pas franchi les portes de la prison. L’évasion fut fixée à la nuit du deux au trois septembre.

Ensuite, les témoignages divergent. Selon un récit tardif des participants, Marie-Antoinette sortit de sa cellule, franchit plusieurs portes et fut arrêtée par un garde devant la dernière grille, au-delà de laquelle commençait la cour. Les documents permettent seulement d’affirmer avec certitude que la tentative de libération fut découverte et que la reine ne sortit pas. Rougeville s’enfuit et parvint en Belgique. Michonis fut arrêté et envoyé à la guillotine durant l’été de l’année suivante. Le directeur de la prison, Richard, et sa femme furent eux aussi arrêtés, et la garde fut renforcée.

Marie-Antoinette fut transférée dans une autre cellule, où il était plus facile de la surveiller. Le trois octobre, la Convention exigea qu’elle soit jugée sans délai. Les deux défenseurs désignés ne furent admis au dossier que la veille de l’audience ; devant eux se trouvait une pile de documents qu’il ne leur restait que quelques heures pour lire. Le quatorze octobre, le procès commença à l’étage, au-dessus des locaux de la prison. Plus de quarante témoins parlèrent pendant vingt heures. On l’accusait de comploter avec des monarques étrangers, de dépenser l’argent de l’État et de tenter de rétablir la monarchie. Lorsqu’un des accusateurs répéta une fausse accusation concernant son propre fils, elle répondit que la nature elle-même ne permettait pas à une mère de répondre à cela, puis s’adressa aux mères présentes dans la salle.

À l’aube du seize octobre, les jurés reconnurent Marie-Antoinette coupable. On la ramena en bas. Dans sa cellule, elle écrivit une dernière lettre à la sœur de son mari ; la destinataire ne la reçut pas. Vers midi, l’ancienne reine fut conduite à la place de la Révolution, l’actuelle place de la Concorde, et exécutée.

En mille huit cent seize, Louis XVIII, frère du roi exécuté, approuva l’aménagement d’une chapelle commémorative à l’emplacement de cette seconde cellule. Aujourd’hui, ses murs noirs sont peints de larmes d’argent. La première cellule de Marie-Antoinette se trouvait plus près de la cour des femmes ; la chapelle marque précisément la pièce où elle fut transférée après les œillets de Rougeville et l’évasion manquée.

Sur place

Temps sur place15 min
Point suivantplace Dauphine
Entréesur place

L’histoire peut s’écouter depuis l’extérieur, en regardant la façade du palais. Une entrée distincte est nécessaire pour les salles et la chapelle commémorative ; ne prenez pas la chapelle tardive pour la cellule conservée de Marie-Antoinette.

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Où aller ensuite ?

Longez la façade nord du palais et tournez entre les maisons vers la place triangulaire.

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Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Île de la Cité : de Notre-Dame de Paris à l’extrémité ouest » — 8 étapes, 2.6 km, 1 h 35 min.

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