Étape 6 sur 8

église Sainte-Marie-de-l'Amiral (la Martorana)

Santa Maria dell'Ammiraglio — La Martorana

L’église permet de suivre comment le nom de la fondatrice voisine évince celui de son propre créateur.

25 min
Le Christ pose la couronne sur Roger II de Sicile dans une mosaïque de l’église Sainte-Marie-de-l'Amiral (la Martorana).
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Mosaïque du couronnement de Roger II de Sicile
  • Mosaïque de Georges d'Antioche
  • Noyau médiéval de mosaïques
  • Travées baroques

L’histoire du lieu

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Derrière les travées baroques se cache ici le petit noyau carré de l’ancienne église : sous la coupole, des inscriptions grecques ont subsisté, tandis que des prières arabes de la liturgie grecque couraient autrefois sur la ceinture de bois. L’église fut construite près de la maison d’un influent courtisan pour les chrétiens grecs et arabophones de Palerme, et en même temps comme sépulture familiale. Plus tard, les moniales agrandirent l’église, démolirent la façade avec son vestibule, couvrirent la cour et remplacèrent l’abside médiévale par un grand sanctuaire. Ainsi, les travées baroques touchent de près l’étroit centre de mosaïques, et deux époques tout à fait différentes sont visibles dans un même bâtiment.

À l’entrée, deux mosaïques se font face. Sur l’une, le Christ pose la couronne sur Roger II de Sicile. Sur l’autre, devant la Vierge, un homme est prosterné ; de la mosaïque d’origine, il ne subsiste que son visage et ses mains. C’est Georges d'Antioche, cet amiral même en l’honneur duquel l’église est officiellement appelée église Sainte-Marie-de-l'Amiral (la Martorana), Sainte-Marie de l’Amiral.

Georges était un chrétien syrien et gagnait sa vie grâce à son aptitude à compter l’argent des autres. Il administrait le trésor du souverain de Mahdia, ville du littoral de l’actuelle Tunisie. Selon les récits des chroniqueurs arabes, après la mort de son protecteur, Georges craignit son successeur, attendit le jour où la surveillance se relâchait à cause de la prière solennelle, puis s’enfuit à Palerme sur un navire sicilien. Les historiens considèrent les détails de cette fuite comme peu fiables, mais son ancien service dans le trésor africain ne fait presque aucun doute.

À Palerme, Georges proposa ses compétences à Roger II de Sicile. Il connaissait le grec et l’arabe, savait lever les impôts et maîtrisait les affaires de la côte africaine. On lui donna d’abord le modeste poste de fonctionnaire de district, puis on lui confia des missions diplomatiques, l’administration et la flotte royale. Ici, le titre d’amiral désignait une dignité issue du titre arabe d’émir ; Georges était à la fois le principal ministre de Roger II de Sicile et le commandant des expéditions navales. Son salaire, sa position et sa sécurité dépendaient de l’utilité qu’il apportait au roi.

Au sommet de sa carrière, en mille cent quarante-trois, Georges fit construire, près de sa maison, une église pour les chrétiens grecs et arabophones de Palerme, ainsi qu’une future sépulture pour sa famille. C’est pourquoi des inscriptions grecques courent sous la coupole, tandis que des prières de la liturgie grecque étaient écrites en arabe sur la ceinture de bois. Dans une mosaïque, Georges fit représenter son protecteur Roger II de Sicile en habit impérial, recevant directement sa couronne du Christ. En face, il se plaça lui-même, étendu aux pieds de la Vierge, qui demande au Christ d’accepter son don et de pardonner les péchés du donateur.

Georges mourut en mille cent cinquante et un. Il existait des épitaphes funéraires pour lui, sa mère et son épouse ; leurs textes nous sont parvenus dans une ancienne copie sur parchemin, mais les tombeaux eux-mêmes et les inscriptions ne sont plus dans l’église.

Le nom de « Martorana » apparut plus tard. En mille cent quatre-vingt-quatorze, la noble palermitaine Éloïse Martorana fonda, avec son mari Goffredo, un couvent bénédictin de femmes voisin. Ses moniales revendiquaient des biens autrefois donnés par Georges à son église et, au quinzième siècle, obtinrent le transfert de l’édifice même. Le roi de Sicile Alphonse d'Aragon le rattacha au couvent. Le nom de famille de la fondatrice du monastère passa à l’église et évinca, dans l’usage courant, le nom de l’amiral.

Les moniales avaient besoin de davantage d’espace. En mille cinq cent quatre-vingt-huit, elles démolirent la façade et le vestibule d’origine, couvrirent la cour ouverte et prolongèrent l’église jusqu’au clocher. Dans les années mille six cent quatre-vingt-dix, elles détruisirent l’abside médiévale centrale, où se trouvait probablement une autre mosaïque de la Vierge, et aménagèrent le grand sanctuaire actuel. D’où le contraste abrupt à l’intérieur : les travées baroques de l’ancienne église conventuelle jouxtent le petit noyau carré de Georges.

Le couvent fut fermé en mille huit cent soixante-six. Depuis mille neuf cent trente-sept, l’église Sainte-Marie-de-l'Amiral (la Martorana) sert l’Église catholique italo-albanaise, et la liturgie y est de nouveau célébrée selon le rite byzantin. Le nom de famille d’Éloïse est resté sur tout le bâtiment, celui de Georges dans la dédicace officielle, et de l’amiral lui-même, il ne subsiste sur le mur que le visage et les mains jointes pour la prière.

Sur place

Temps sur place25 min
Point suivantéglise San Cataldo
Entréesur billet

Visite touristique lun–sam 10:00–13:00 ; billet ordinaire — 2 euros.

Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

L’intérieur importe ici plus que la façade ; avant votre visite, vérifiez l’accès et ne gênez pas l’office s’il est en cours.

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Où aller ensuite ?

Traversez la place vers l’église voisine aux trois coupoles.

Étape 6 sur 8Ensuite : église San Cataldo

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Palerme royal : du palais au pont de l'Amiral » — 8 étapes, 3,8 km, 4 h 15 min.

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