Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Mosaïque du Christ Pantocrator
- Plafond de bois à muqarnas
- Inscription grecque à la base de la coupole
- Place occidentale du souverain
L’histoire du lieu
Le nom palatine rappelle le palais : l’église occupe une partie de la résidence royale ; elle possédait autrefois ses propres prêtres et revenus afin que les offices ne cessent pas. À l’intérieur, une basilique occidentale est unie à un sanctuaire à coupole de type byzantin, et la place du souverain se trouve du côté ouest, en face de l’autel. Au-dessus de la nef centrale subsiste un plafond de bois à cellules de muqarnas : les peintures montrent des musiciens, des chasseurs, des animaux et des bénédictions arabes, tandis que des mosaïques dorées du Christ et des saints scintillent près de la coupole.
Lorsque Roger II de Sicile ordonna de construire ici une église de palais, son titre royal restait contesté par un pape que reconnaissait la plus grande partie du monde chrétien occidental. Roger gouvernait la Sicile comme comte, puis hérita de possessions au sud de la péninsule des Apennins et cherchait à en faire un royaume héréditaire unifié.
En mille cent trente, deux papes furent élus simultanément à Rome. Anaclet II, qui avait besoin d’un allié puissant dans le sud de l’Italie, reconnut Roger comme roi. Plus tard, l’Église catholique considéra Anaclet comme un antipape, c’est-à-dire comme le rival illégitime du pontife légitime. Le couronnement de Roger eut lieu dans la cathédrale de Palerme. La chapelle palatine n’existait pas encore.
Le second élu, Innocent II, voulait priver Roger de son nouveau titre. L’empereur et de nombreux souverains d’Europe occidentale le soutinrent ; les barons du continent, qui ne voulaient pas se soumettre au roi de Sicile, se soulevèrent aussi contre Roger. La querelle de la couronne se transforma en guerre. Lorsqu’Anaclet mourut en mille cent trente-huit, Roger perdit le pape qui lui avait accordé son titre. Innocent l’excommunia et mena une armée vers le sud.
Le fils de Roger, duc des Pouilles et héritier du trône, apporta le dénouement. En mille cent trente-neuf, ses hommes battirent l’armée papale près de Galluccio et capturèrent Innocent. Trois jours plus tard, le pape captif reconnut Roger comme roi de Sicile, duc des Pouilles et prince de Capoue. Innocent retourna à Rome après avoir confirmé le titre contre lequel il avait fait la guerre ; Roger conserva la couronne et la transmit à ses descendants.
La construction de la chapelle avait commencé avant ce dénouement. Le mot « palatine » signifie ici « du palais » : Roger plaça l’église à l’intérieur de sa propre résidence, lui attribua un personnel de prêtres et des revenus destinés à assurer des offices permanents. Il la dédia à l’apôtre Pierre, ce même Pierre dont les deux papes rivaux se considéraient comme les successeurs.
Roger avait besoin d’un lieu à la fois pour le culte et pour les cérémonies de cour. Les bâtisseurs unirent une basilique occidentale à un sanctuaire à coupole de type byzantin. Des artisans de langue grecque composèrent des mosaïques dorées représentant le Christ Pantocrator, des prophètes et des saints. Des sculpteurs et des peintres de tradition islamique réalisèrent au-dessus de la nef centrale un plafond de bois formé de cellules à gradins, les muqarnas. Parmi les peintures qui s’y sont conservées figurent des musiciens, des courtisans en festin, des chasseurs, des animaux et des bénédictions arabes. Roger chargea des personnes issues de différentes cultures de cour de réaliser une même église royale chrétienne, sans les obliger à abandonner leurs techniques habituelles.
En mille cent quarante, la chapelle fut consacrée, bien que le décor se poursuivît. Après la mort de Roger, son fils et son petit-fils ajoutèrent de nouveaux cycles de mosaïques. Des offices catholiques y sont toujours célébrés, et la fonction d’église royale se lit dans sa disposition même : la place du souverain se trouvait du côté ouest, l’autel à l’est, sous l’image du Christ.
À la base de la coupole subsiste une inscription grecque endommagée de mille cent quarante-trois. Roger s’y qualifie de puissant porteur de sceptre et dédie l’église à Pierre, le premier des apôtres. Le nom d’Innocent n’y figure pas. Le titre que le pape avait d’abord rejeté puis confirmé après sa captivité, Roger fit inscrire dans la mosaïque comme un fait déjà accompli.
Sur place
Fonctionne selon les horaires du palais des Normands ; la liturgie dominicale ferme l’accès touristique de 09:45 à 11:15, et la réouverture est parfois retardée par des baptêmes.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.En entrant, laissez vos yeux s’habituer à la pénombre ; regardez le plafond séparément du cycle de mosaïques.
