Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La façade de pierre
- L’étage supérieur de l’ancienne salle municipale
- L’étage inférieur de l’ancienne prison
- Les pierres tombales du panthéon
L’histoire du lieu
La façade de pierre sur la place s’élève sur deux étages, et derrière elle les salles du musée côtoient les pierres tombales. Autour du panthéon sont rassemblés des documents judiciaires et des objets liés à la vie de la ville minière et aux personnes que le tribunal de la Couronne a déclarées traîtres au monarque. Leurs noms sont gravés sur la dalle centrale, et les restes de ceux qu’on a pu retrouver dans des tombes africaines sont enterrés à côté.
En mille sept cent quatre-vingt-cinq, le gouverneur Luís da Cunha Meneses ordonna de construire ici une nouvelle salle du conseil municipal et une prison. L’étage supérieur était destiné aux fonctionnaires, l’étage inférieur aux prisonniers. Pour les travaux, le gouverneur fit sortir environ cinq cents personnes de l’ancienne prison. Des esclaves noirs et ceux que les fonctionnaires avaient inscrits comme « vagabonds » furent contraints d’extraire la pierre, de cuire la chaux et de transporter les matériaux sous surveillance et sous le fouet.
Tomás António Gonzaga surveillait le chantier. Il était ouvidor, c’est-à-dire juge de la Couronne, et l’un des meilleurs poètes de Vila Rica. Son traitement et sa carrière le liaient à l’administration portugaise dont il se moquait. Dans les satiriques « Cartas Chilenas », le gouverneur devint un tyran prêt à torturer des gens pour une immense prison. L’attribution à Gonzaga fut établie plus tard : les poèmes circulaient anonymement, car accuser ouvertement son supérieur pouvait coûter au juge son poste et sa liberté.
Quelques années plus tard, Gonzaga entra dans le cercle des conspirateurs qui voulaient détacher Minas Gerais du Portugal et établir une république. Dans la langue des juges de la Couronne, « Inconfidência Mineira » signifiait trahison envers le monarque ; on appela Inconfidentes les accusés du complot, bien qu’ils n’aient pas eux-mêmes choisi ce nom. Pour Gonzaga, l’affaire se termina par une condamnation à mort, commuée en dix ans d’exil au Mozambique. Il quitta Vila Rica prisonnier et, en Afrique, redevint avocat et fonctionnaire, se maria et ne revint jamais.
Au milieu du vingtième siècle, le bâtiment qu’il avait condamné dans ses poèmes était entièrement occupé par une prison. En mille neuf cent trente-huit, les détenus furent transférés dans une nouvelle colonie pénitentiaire près de Belo Horizonte. Presque au même moment, le président Getúlio Vargas ordonna de retrouver en Afrique les tombes des Inconfidentes exilés et de rapporter au Brésil les restes retrouvés. Le corps de bâtiment en pierre, désormais vacant, sur la place, fut destiné à leur sépulture.
Le vingt-et-un avril mille neuf cent quarante-deux, Vargas inaugura ici le Panteão dos Inconfidentes. Les noms de tous les condamnés furent gravés sur la dalle centrale, les os retrouvés en Afrique furent placés sous les pierres tombales latérales, et une dalle fut laissée vide pour ceux dont les tombes avaient disparu. Autour du panthéon, les employés réunirent des documents judiciaires et des objets reliant le complot à la vie de la ville minière. C’est ainsi que naquit le Museu da Inconfidência. Il ouvrit le onze août mille neuf cent quarante-quatre, exactement deux cents ans après la naissance de Gonzaga.
Les restes transportés posèrent aussitôt aux employés une question embarrassante : à qui appartenaient exactement certains os. Plusieurs ensembles ne furent pas admis au panthéon pendant des décennies, en raison d’étiquettes douteuses. Depuis les années mille neuf cent quatre-vingt, les chercheurs du musée reconstituaient le parcours de ces restes depuis les tombes africaines, tandis que des spécialistes de l’odontologie médico-légale étudiaient l’âge et l’état de chaque fragment. En deux mille onze, ils confirmèrent l’identité de trois exilés, et leurs os furent enfin enterrés ici, plus de deux siècles après leur mort en Afrique.
Sous la dalle portant le nom de Tomás António Gonzaga reposent des restes qui lui sont attribués, mais leur authenticité n’est pas définitivement prouvée. À côté demeure une pierre tombale vide. Le gouverneur construisit une prison à cet endroit, Gonzaga en dénonça la construction, et le musée ouvrit le jour de son anniversaire ; il continue aujourd’hui de distinguer les Inconfidentes retrouvés de ceux qui n’ont reçu ici qu’un nom gravé.
Sur place
Mar–jeu 10:00–18:00, entrée jusqu’à 17:00 ; ven–sam 10:00–20:00, entrée jusqu’à 19:00 ; dim 10:00–18:00, entrée jusqu’à 17:00 ; entrée gratuite.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Ne comptez pas sur une visite rapide : les objets essentiels sont discrets et demandent de lire les cartels. Si l’entrée est fermée, observez depuis la place la division de l’ancien bâtiment entre pouvoir et détention.
