Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Obélisque en granit
- Plaques de bronze portant les dédicaces
- Esplanade ouverte
- Clocher isolé
L’histoire du lieu
Sur deux faces de l’obélisque en granit figurent des dédicaces différentes : « au citoyen Minine » et « au prince Pojarski ». Les titres comptent ici davantage que les noms de famille. Au début de cette histoire, Minine vendait de la viande et administrait les recettes de la ville, tandis que Pojarski commandait des troupes.
À l’automne mille six cent onze, une garnison polono-lituanienne se trouvait dans le Kremlin de Moscou, et la première milice, qui tentait de libérer la capitale, s’était désagrégée. Kouzma Minine, staroste de zemstvo de Nijni Novgorod, administrateur élu des affaires communes des habitants, œuvrait à la création d’une nouvelle armée. Il vivait des revenus de son échoppe de viande et devait alors convaincre ses voisins de donner de l’argent à des soldats professionnels. Le prélèvement exceptionnel adopté par la ville était lourd : jusqu’aux deux tiers des biens étaient exigés pour les besoins de la milice.
Minine rassemblait le trésor, les vivres et l’équipement, mais ne se jugeait pas capable de commander des hommes. Les habitants de Nijni Novgorod envoyèrent chercher le prince Dmitri Pojarski, un chef militaire qui se remettait d’une grave blessure reçue lors de la lutte infructueuse pour Moscou. Pojarski accepta de diriger la nouvelle milice et proposa de confier à Minine tout l’approvisionnement matériel. Se retrouvèrent ainsi côte à côte un homme responsable devant les habitants des biens recueillis et un prince responsable de la campagne.
Avec les fonds rassemblés, ils engagèrent et équipèrent des guerriers. En chemin vers Moscou, de nouveaux détachements les rejoignaient et le trésor se remplissait. À l’automne mille six cent douze, les miliciens prirent Kitaï-Gorod, après quoi la garnison du Kremlin capitula. Minine, homme d’origine modeste, reçut le haut rang de noble de la Douma ; Pojarski devint boyard et poursuivit son service militaire.
Près de deux siècles plus tard, on commença à recueillir dans tout le pays des fonds pour un monument à Minine et Pojarski, destiné à Nijni Novgorod. Après la guerre de mille huit cent douze, le comité des ministres décida d’installer à Moscou un grand groupe en bronze. À Nijni Novgorod, on laissa un autre projet : un obélisque.
Même celui-ci arriva endommagé. Sa pointe s’était cassée lors du transbordement. Le sculpteur Ivan Martos et l’architecte Avraam Melnikov vinrent avec des tailleurs de pierre, raccourcirent le fût de pierre de deux sagènes, fixèrent la partie cassée sur une tige métallique et polirent les joints. L’obélisque fut inauguré en mille huit cent vingt-huit. Les plaques de bronze conservaient une date plus ancienne, mille huit cent vingt-six, année où elles avaient été coulées.
L’obélisque ne servait pas de pierre tombale, bien que la tombe de Minine se trouvât alors tout près. Après sa mort, le premier métropolite de Nijni Novgorod, Philarète, transféra les cendres considérées comme celles de Minine du cimetière de l’église Pokhvalinskaïa à la cathédrale de la Transfiguration-du-Sauveur. Lorsque la cathédrale fut reconstruite au dix-neuvième siècle, les restes furent placés dans sa partie souterraine.
En mille neuf cent vingt-neuf, des employés du musée ouvrirent les tombeaux de la cathédrale et emportèrent les restes qui y furent trouvés avant la destruction de l’église. Ce qui fut extrait de la tombe de Minine fut conservé au musée, puis transféré en mille neuf cent soixante-deux dans la cathédrale Saint-Michel-Archange. La cathédrale de la Transfiguration-du-Sauveur n’existe plus ici ; de son ancien ensemble, un clocher isolé a été reconstitué. À l’emplacement de l’ancienne sépulture, il reste une esplanade ouverte, et le nom de Minine demeure sur l’obélisque, à côté du nom de l’homme à qui il avait confié l’armée rassemblée.
Sur place
Le secteur ouvert du Kremlin est soumis à ses horaires généraux. L’obélisque et les éléments extérieurs se visitent sans billet.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.L’objet principal de cette étape est en partie absent ; prenez donc le temps de comparer mentalement l’obélisque, l’emplacement de l’église et les constructions actuelles. Ne comptez pas voir une cathédrale conservée ni la tombe d’origine.
