Étape 3 sur 7

Fraunces Tavern

Fraunces Tavern

La taverne reliera la fin de la guerre aux dettes de l’armée et au renoncement volontaire au commandement.

18 min
Vue historique de Fraunces Tavern à l’angle de Pearl Street et Broad Street.
Historic American Buildings Survey · Public Domain Mark 1.0; cropped/resized for app
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Façade en brique
  • Enseigne de la taverne
  • Long Room
  • Vieilles poutres du plafond

L’histoire du lieu

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Au dix-huitième siècle, les clubs de la ville et les hommes d’affaires ne trouvaient souvent aucun endroit couvert où se réunir, et les tavernes remplissaient cette fonction. Au deuxième étage de cette maison de brique se trouvait la Long Room : on y organisait des repas privés et des réunions, tandis que la Bourse, le port et le quai étaient déjà en activité à proximité. Plus tard, les salles furent occupées par les administrations du gouvernement commun des États. Aujourd’hui, il y a toujours un restaurant en bas et un musée à l’étage ; d’anciens murs, le plafond et des poutres ont subsisté dans la Long Room.

L’enseigne actuelle conserve le nom de Samuel Fraunces, aubergiste de New York. Il gagnait sa vie grâce aux repas préparés sur commande, aux plats cuisinés et aux sommes versées par ses pensionnaires. Pour acheter cette grande maison de brique près des quais de la ville, Fraunces hypothéqua sa précédente taverne. En mille sept cent soixante-deux, un établissement ouvrit ici sous l’enseigne de la reine Charlotte de Mecklembourg-Strelitz, également connu sous le nom de Queen's Head. On finit par l’appeler Fraunces Tavern, du nom de son propriétaire.

Au dix-huitième siècle, la taverne offrait à la ville un espace qu’il était souvent impossible de trouver ailleurs. Dans la Long Room, au deuxième étage, étaient organisés des repas privés, des réunions de clubs et des rendez-vous d’affaires. La Bourse, le port et Whitehall Slip se trouvaient à proximité. C’est pourquoi George Washington fixa ici son ultime rencontre avec ses officiers, le quatre décembre mille sept cent quatre-vingt-trois.

Washington commandait l’Armée continentale, l’armée commune des États qui s’étaient soulevés contre la Grande-Bretagne. Il voulait remettre le commandement qu’il avait reçu de leurs représentants et rentrer chez lui après huit années de guerre. Pour ses officiers, cette séparation signifiait la perte du service dont beaucoup tiraient leur subsistance. Leur solde accusait des années de retard ; au printemps, un appel anonyme avait circulé parmi les militaires, proposant de ne pas se disperser et de contraindre le Congrès à les payer. Washington avait alors convaincu les officiers de renoncer aux menaces. À présent, la Grande-Bretagne avait reconnu l’indépendance, ses troupes avaient quitté New York neuf jours auparavant, et Washington devait confirmer ses paroles antérieures en partant lui-même.

Le seul témoignage détaillé laissé par un participant est celui du colonel Benjamin Tallmadge, qui avait dirigé pendant la guerre le réseau de renseignement de Washington. Il rédigea ses souvenirs quarante-sept ans plus tard : les paroles exactes ne sont donc connues que par ce souvenir tardif. La rencontre elle-même et la tension qui y régnait furent confirmées par un journal new-yorkais paru deux jours après.

Selon le récit de Tallmadge, les officiers se réunirent dans la Long Room pour midi. Washington entra, but du vin avec eux et déclara : « Le cœur empli d’amour et de gratitude, je prends congé de vous. » Il demanda ensuite à chacun de s’approcher et de lui serrer la main.

Le plus proche était Henry Knox, chef de l’artillerie, qui devait désormais se séparer de l’homme sous le commandement duquel il avait passé presque toute la guerre. Knox s’avança le premier. Washington ne put poursuivre son discours, serra sa main et l’embrassa. Les autres officiers firent ensuite leurs adieux. Ils sortirent avec leur commandant et l’accompagnèrent jusqu’à Whitehall Slip. De là, une barge transporta Washington à Paulus Hook, nom que portait alors l’actuelle Jersey City.

Le vingt-trois décembre, à Annapolis, Washington rendit sa commission au Congrès continental, l’assemblée des représentants des États qui l’avait nommé commandant en chef. Le lendemain, il arriva à Mount Vernon en simple particulier.

Pour Knox, l’histoire de ce bâtiment se poursuivit autrement. Deux ans plus tard, les locaux de la taverne furent loués par le gouvernement commun des États, qui y installa les administrations des Affaires étrangères, de la Guerre et du Trésor. Knox revint dans la même maison en qualité de secrétaire aux Affaires militaires. Dans ce bâtiment, les employés du Trésor examinaient aussi les arriérés de solde des soldats et remboursaient les dépenses des officiers : ces mêmes sommes à cause desquelles l’armée avait failli refuser de se disperser.

Aujourd’hui encore, le rez-de-chaussée est occupé par un restaurant, tandis que la Long Room fait partie du musée situé aux étages supérieurs. Après des incendies et de nombreux remaniements, la façade retrouva son aspect colonial en mille neuf cent sept ; la salle elle-même a conservé son ancien emplacement ainsi qu’une partie de ses vieux murs, de son plafond et de ses poutres. Le Fraunces Tavern Museum conserve également le manuscrit de Tallmadge, récit écrit quarante-sept ans après qu’il eut quitté ce bâtiment derrière Washington pour se rendre au quai.

Sur place

Temps sur place18 min
Point suivantFederal Hall National Memorial et Wall Street
Entréede l’extérieur

La façade et l’angle de Pearl Street et Broad Street sont accessibles à toute heure de la journée ; les salles du musée à l’étage suivent les horaires propres au musée et peuvent fermer les jours fériés ou lors d’événements. Le parcours ne nécessite pas d’entrer, mais avant de visiter l’intérieur, mieux vaut consulter le site officiel du musée.

Vérifié : 15 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Pour cette étape, il suffit d’observer le bâtiment de l’extérieur. Le musée et les salles historiques se visitent séparément, après vérification des conditions d’entrée.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Remontez Broad Street vers Wall Street et tournez en direction des colonnes de marbre.

Étape 3 sur 7Ensuite : Federal Hall National Memorial et Wall Street

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Lower Manhattan : le port et le pouvoir » — 7 étapes, environ 3 km, 3–3.5 heures.

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