Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Volets de fer
- Roues de levage
- Goulottes à café
- Ouvertures en arc vitrées
L’histoire du lieu
Derrière les arches vitrées s’étendent les anciens étages portuaires, où les marchandises étaient autrefois hissées directement depuis le quai. Les volets de fer s’ouvraient, les roues de levage extérieures tiraient les marchandises jusqu’au niveau voulu, et l’entrepôt devenait une étape d’un court trajet entre le navire et les usines de la ville. Après le départ de l’activité portuaire, les bâtiments restèrent longtemps vides, mais une galerie publique traverse désormais les anciens compartiments et mène vers la cour et le toit ouvert. Les goulottes et les mécanismes conservés furent laissés en place, bien que des sacs de marchandises ne soient plus entreposés derrière les arches depuis longtemps.
Le nom « Empire Stores » peut se traduire par « entrepôts de l’État impérial » : « État impérial » est le surnom de New York, et le mot « stores » désignait ici des lieux de stockage de marchandises. En mille huit cent soixante-neuf, la société Nesmith & Sons commença à construire l’actuel complexe à la place d’entrepôts détruits par un incendie. Il en résulta sept bâtiments reliés, aux épais murs de brique et de pierre.
À l’origine, les ouvertures en arc n’avaient pas de vitres. Les ouvriers ouvraient les volets de fer, soulevaient les marchandises depuis le quai grâce à des roues de levage extérieures et les faisaient entrer directement à l’étage voulu. On y entreposait du sucre, de la mélasse, de la laine, du caoutchouc et d’autres marchandises arrivées à New York par mer. Peu à peu, le café devint la cargaison principale.
Le grossiste en épicerie John Arbuckle voulait vendre du café à des gens qui devaient acheter des grains verts et les torréfier chez eux à la poêle. Une seule fournée trop torréfiée signifiait un produit perdu. En mille huit cent soixante-huit, Arbuckle fit breveter un procédé permettant de conserver l’arôme de grains déjà torréfiés sous un revêtement protecteur. Dans la recette du brevet, pour cent livres de café, il fallait vingt-quatre œufs, ainsi que du sucre, de la gélatine et de la colle de poisson. Arbuckle commença ensuite à conditionner le café dans des sacs en papier d’une livre sous la marque Ariosa.
Un tel produit exigeait une chaîne fiable, du navire jusqu’à l’acheteur. Arbuckle transféra sa production sur le front de mer de Brooklyn, où les navires chargés de café du Brésil pouvaient accoster près de ses usines. Les sacs étaient déchargés à Empire Stores, hissés par les ouvertures en arc et gardés à l’intérieur jusqu’à leur envoi vers les torréfacteurs, moulins et ateliers de conditionnement voisins. Les revenus d’Arbuckle dépendaient de la capacité d’un café identique, dans un paquet reconnaissable, à parvenir à des centaines de villes lointaines avant de perdre son goût.
Le calcul réussit. Ariosa devint la première marque nationale de café conditionné, Arbuckle devint multimillionnaire et, en mille neuf cent six, son entreprise torréfiait environ vingt-cinq millions de livres de café par mois et approvisionnait quatre cents entrepôts de distribution. Après la mort de John, l’entreprise continua à développer le nœud local. Vers mille neuf cent vingt, la société des frères Arbuckle acheta Empire Stores et fit arriver jusqu’aux bâtiments son propre chemin de fer de marchandises. On y entreposait des grains non torréfiés pour la marque Yuban ; les restes des rails sont encore visibles dans les rues voisines.
En mille neuf cent quarante-cinq, la société vendit les entrepôts. La torréfaction et le transport des marchandises furent ensuite transférés ailleurs, et les bâtiments restèrent vides pendant des décennies. La commission municipale les intégra à un district historique, fermant ainsi la voie à leur démolition. Les nouveaux propriétaires et les architectes percèrent un passage public à travers les anciens compartiments d’entrepôt, aménagèrent une cour et un escalier menant à un toit ouvert. En deux mille dix-sept, des magasins, des restaurants, un musée et des bureaux ouvrirent à l’intérieur.
Les volets de fer, les roues de levage et les goulottes à café furent conservés lors de la transformation. Derrière les vitrages des arches actuelles subsistent les ouvertures par lesquelles les ouvriers tiraient depuis le quai les sacs de John Arbuckle.
Sur place
La cour et les galeries sont ouvertes environ 7:00–23:00 (pendant la saison chaude) et 7:00–22:00 (en hiver) ; les restaurants et les magasins ont leurs propres horaires.
Vérifié : 17 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Les principaux détails historiques se lisent depuis l’extérieur ; vérifiez vous-même l’accès aux espaces intérieurs et aux différents établissements.
