Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La surface calme de l’étang
- Le mur arrière du sanctuaire
- Le torii au bord de l’eau
L’histoire du lieu
Sarusawa est un étang artificiel. Il fut aménagé près de Kōfuku-ji en sept cent quarante-neuf pour un rite bouddhique : on y relâchait les poissons et les oiseaux capturés. Plus tard, les gens associèrent cette eau à une femme qu’il ne fut plus possible de libérer.
Uneme n’est pas son nom, mais une fonction à la cour. C’est ainsi qu’on appelait les filles et les sœurs de dignitaires provinciaux envoyées servir l’empereur. Elles lui apportaient ses repas, le servaient dans ses appartements et devenaient parfois ses concubines. Pour la famille, une telle fille était un lien avec la cour ; pour la jeune femme elle-même, sa situation dépendait des décisions d’un seul homme.
Une légende consignée au milieu du dixième siècle raconte l’histoire d’une uneme anonyme qui servait « l’empereur de Nara ». On ignore quel souverain était ainsi désigné. Des courtisans faisaient la cour à la jeune femme, mais elle les repoussait parce qu’elle aimait l’empereur. Un jour, il la fit appeler dans ses appartements. Pour elle, cette rencontre devint la promesse d’un autre destin ; pour lui, un épisode qu’il ne voulut pas répéter.
La jeune femme continua de servir à la cour et voyait presque chaque jour l’homme qui ne la rappelait plus. La nuit, elle quitta secrètement le palais et se noya dans l’étang de Sarusawa. L’empereur n’apprit pas aussitôt sa mort. Il vint alors ici, ordonna aux courtisans de composer des vers commémoratifs et, selon la légende, souhaita lui-même que l’eau ait eu le temps de sécher avant que les algues ne s’enroulent autour de ses cheveux. La jeune femme fut enterrée près de l’étang.
Plus tard, le sanctuaire Uneme fut construit pour son esprit ; il relève aujourd’hui de Kasuga-taisha. Le récit n’a pas conservé le nom personnel de la femme, et seule sa fonction est donc restée sur la plaque. Le sanctuaire tourne le dos tant au torii qu’à l’eau. Cela aussi s’explique par la légende : l’uneme n’aurait pas pu voir le lieu de sa mort et aurait, en une nuit, détourné le sanctuaire de l’étang.
La nuit de la pleine lune d’automne, les prêtres de Kasuga-taisha célèbrent ici un rite commémoratif. Les participants à la procession apportent un éventail orné de fleurs d’automne, le transportent sur l’une des deux embarcations cérémonielles, font le tour de l’étang à leur bord et jettent l’éventail dans l’eau. Un jour ordinaire, c’est le mur arrière du sanctuaire qui se trouve devant le torii ; une fois par an, les gens ramènent de nouveau l’histoire de la dame de cour anonyme jusqu’au lieu même de sa mort.
Sur place
L’étang est librement accessible ; l’enceinte du sanctuaire Uneme est habituellement fermée en dehors des événements et des festivals.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Il est pratique d’écouter ce récit depuis la berge, sans s’approcher de l’eau elle-même. Les embarcations de fête et l’éventail fleuri n’apparaissent que pendant le rite annuel.
