Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Torse antique en marbre
- Tête barbue
- Corne d’abondance
- Sphinx et crocodile
L’histoire du lieu
Dans une étroite trouée entre les rues est couché un dieu-fleuve de marbre ; à ses pieds subsistent les vagues, un sphinx, un crocodile et de petites figures représentant les crues. Le torse fut sculpté vers le deuxième siècle de notre ère, lorsque des originaires d’Alexandrie — commerçants, marins, voyageurs et esclaves — vivaient dans cette partie de la Néapolis antique. On considère que leur communauté commanda le Nil comme signe du fleuve dont dépendait la prospérité de leur lointaine patrie. Le torse, les jambes, les vagues et des parties des animaux antiques côtoient aujourd’hui des ajouts de marbre plus tardifs, réunissant ainsi des siècles différents dans une même figure.
En mille six cent cinquante-sept, on démontait ici l’ancien bâtiment du Seggio del Nilo, le conseil des familles nobles du quartier. À côté gisait une figure de marbre décapitée, qui avait donné son nom à ce conseil. Les familles engagèrent le sculpteur Bartolomeo Mori : il devait installer le fragment antique sur un socle séparé et lui rendre un aspect reconnaissable.
Le torse de marbre est daté du milieu du deuxième siècle de notre ère. Il fut trouvé dans la partie de la Néapolis antique où vivaient des originaires d’Alexandrie : commerçants, marins, voyageurs et esclaves. Pour les deux premiers groupes, la mer était à la fois un gagne-pain et un risque permanent. La tradition leur attribue la commande d’une statue du Nil, le fleuve dont dépendait la prospérité de leur patrie. L’inscription sur le socle le répète prudemment : la statue fut érigée par les Alexandrins, « comme on le rapporte ». Les archéologues ne connaissent ni le commanditaire exact ni l’emplacement d’origine ; la sculpture pouvait même se trouver dans le jardin d’une riche demeure. En revanche, son origine égyptienne se lit avec assurance : le vieillard était couché parmi les vagues, entouré d’un sphinx, d’un crocodile et de petites figures représentant les crues du fleuve.
Au Moyen Âge, la tête du vieillard avait disparu. Le corps restant, avec ses enfants de marbre, fut compris autrement. Dans la Chronique de Parthénope, composée au quatorzième siècle, la figure est décrite comme une belle femme nourrissant cinq nourrissons. On y vit Naples elle-même, une ville-mère qui nourrit ses habitants. La statue fut surnommée « Cuorpo ’e Napule », le Corps de Naples, puis ce nom passa à la petite trouée urbaine qui l’entourait : Largo Corpo di Napoli.
Mori rendit à la figure une tête masculine barbue, réalisa un nouveau bras droit avec une corne d’abondance, restaura les têtes du sphinx et du crocodile et ajouta les enfants disparus. Après son intervention, le Nil était de nouveau couché devant les habitants, et les familles du Seggio conservèrent l’ancien emblème du quartier sur un nouveau socle.
Dans la statue actuelle, le torse, les jambes, l’épaule gauche, les vagues sous le corps et des parties des animaux sont antiques. La tête barbue, le bras droit et la corne d’abondance apparurent lors de restaurations ultérieures. Le nom de la place est resté de ces siècles où la tête n’était pas encore là et où le Nil était pris pour une femme avec des enfants.
Sur place
La petite place est ouverte en permanence.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.La statue se trouve dans un espace de rue animé ; observez-la sans bloquer le passage ni la circulation.
