Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Pavillon à deux étages
- Carreaux bleu et blanc
- Peinture de laque rouge
- Lac de Pagodenburg
L’histoire du lieu
La Pagodenburg se trouve près d’un petit lac du parc : ce pavillon baroque à deux étages offrait aux courtisans une courte pause. On s’y changeait, on s’y reposait et l’on s’y attablait pour dîner en petit groupe. Le pavillon doit son nom aux peintures et aux figures de ses pièces ; à l’extérieur, il n’a ni tour à étages ni toits recourbés. En bas, des carreaux blancs et bleus reprennent les motifs de la porcelaine chinoise ; en haut, de petits appartements sont couverts de peintures de laque noire et rouge. À la place des anciennes allées droites, un ruisseau et un lac serpentent désormais autour de lui.
Max Emanuel commença à aménager cette partie de Nymphenburg autour d’un long terrain de jeu de mail, un jeu de cour dont sont ensuite issus le croquet et certaines formes de golf. Une boule de bois était poussée à l’aide d’un lourd maillet le long d’une piste droite, vers un arceau de fer. Un bon coup exigeait de l’élan : le terrain partait donc d’ici sur plusieurs centaines de mètres vers le nord.
Pour l’aménager, plusieurs sujets locaux durent céder à l’électeur environ deux hectares de forêt de chênes en mille sept cent deux. En mars, on commença à abattre les chênes qui se trouvaient ici, et l’abattage se poursuivit en avril. À la place des parcelles d’autrui apparut une piste de jeu droite, bordée d’allées parallèles. Les nobles participants ne devaient même pas toujours marcher jusqu’à leur boule : de petites voitures hippomobiles décorées les conduisaient par les chemins transversaux.
Après son retour d’exil, Max Emanuel décida d’achever le terrain par une maison séparée destinée aux joueurs. Il chargea le jeune architecte de cour Joseph Effner de construire, à l’extrémité sud de la piste, un pavillon à deux étages. Les courtisans pouvaient s’y changer, se reposer après une partie et dîner. Le seize juillet mille sept cent dix-neuf, à neuf heures du soir, on y apporta pour la première fois le dîner destiné à la société de cour : c’est ainsi que le journal du château nota l’ouverture du bâtiment.
Le nom de Pagodenburg ne renvoie pas à sa forme. À l’extérieur, Effner construisit un pavillon baroque européen, sans tour à étages ni toits recourbés. Un contemporain l’appela une « maison indienne » à cause des intérieurs : sur les murs et les plafonds, les artistes mêlèrent des figures chinoises, des ornements européens et ce que l’on considérait à la cour comme des motifs indiens et arabes. Le mot « pagode » désignait alors à la fois un temple asiatique et l’image d’une divinité orientale. Ce sont précisément ces figures à l’intérieur qui donnèrent son nom au pavillon.
Au rez-de-chaussée subsistent des carreaux hollandais bleu et blanc imitant la porcelaine chinoise. À l’étage sont aménagées de minuscules pièces de repos aux peintures de laque noire et rouge. Leur taille correspond à l’usage de cette maison : on n’y déplaçait pas une grande réception, mais on quittait brièvement le terrain de jeu en petit groupe.
Au début du dix-neuvième siècle, l’architecte paysagiste Friedrich Ludwig von Sckell transforma cette partie du jardin régulier en parc paysager. Il supprima le terrain de jeu de mail rectiligne ; à la place des allées transversales serpente aujourd’hui un ruisseau, et l’ancien bassin ovale avec ses fontaines fut remplacé par le petit lac de Pagodenburg. Du jeu subsistent le pavillon où les participants se changeaient et dînaient, ainsi que le nom emprunté aux figures de ses murs.
Sur place
La Pagodenburg est ouverte du 1 avril au 15 octobre, tous les jours de 9:00 à 18:00 ; elle est fermée en hiver. La dernière entrée et la vente des billets s’arrêtent 30 minutes avant la fermeture. Une rampe mobile est disponible, mais le seuil reste élevé ; l’étage supérieur n’est accessible que par un escalier étroit.
Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.L’idée exotique se révèle avant tout dans les intérieurs ; à l’extérieur, le pavillon paraît bien plus sobre. Si vous entrez, passez lentement d’une pièce à l’autre : leur effet repose sur le contraste marqué des couleurs, de la brillance et des proportions.
