Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Bas parapet de pierre
- Route à six voies
- Rangée ininterrompue d’immeubles art déco
- Courbe de la promenade
L’histoire du lieu
La courbe du littoral suit une étroite bande de terres gagnées le long de la baie de Back Bay. À l’origine, on y projetait un quartier neuf avec des institutions, des jardins et des logements, mais du côté de la mer, on a finalement réservé l’espace à une route et à une promenade ouverte. La basse clôture de pierre laisse l’eau tout près, tandis que derrière elle, la ligne ininterrompue d’immeubles art déco compose la courbe en façade urbaine. Au sud, elle arrive à Nariman Point, au-delà duquel commence le tronçon suivant de terres créées au bord de la mer.
Devant la mer s’étend un bas parapet de pierre, sur lequel les gens s’assoient face à l’eau. Derrière lui passent six voies de circulation, puis se dresse une rangée ininterrompue d’immeubles art déco. La municipalité nomme officiellement cette route du nom de Netaji Subhas Chandra Bose. « Netaji » signifie « dirigeant respecté » : Bose œuvrait pour l’indépendance de l’Inde et dirigea la lutte armée contre la domination britannique. Les habitants ont toutefois conservé pour la promenade son nom habituel de Marine Drive, la route de la mer.
Les constructeurs ont façonné l’actuelle ligne du littoral par étapes. Le tronçon en face de Churchgate est né d’un projet qui devait repousser la mer bien plus loin. En mille neuf cent dix-huit, deux groupements privés proposèrent de remblayer à leurs frais une partie de la baie de Back Bay. Le gouverneur de Bombay, George Lloyd, jugea que le profit de la vente des nouvelles terres devait revenir au Trésor et plaça le projet sous contrôle de l’État. On promettait de nouvelles institutions, des jardins et des logements, même si les parcelles les plus chères étaient destinées à des acheteurs aisés.
Les calculs furent confiés à l’ingénieur portuaire George Buchanan. Il proposa de gagner mille cent quarante-cinq acres de terre et estima les travaux à trente-sept millions de roupies. La principale machine devait être une drague : conçue pour les sols meubles, elle était censée extraire deux mille verges cubes par heure. Buchanan n’exigea pas de forage de contrôle et approuva l’achat de la machine sans essai dans le port de Bombay.
Sous l’eau se trouvait une argile compacte. La drague resta inutilisée pendant vingt et un mois et, une fois mise en marche, elle ne fournissait qu’à peine plus de la moitié du rendement promis. Environ neuf cent mille verges cubes de remblai repartirent dans la baie à travers une digue maritime insuffisamment étanche. Dès l’année suivante, le devis fut porté à soixante-dix millions de roupies. En mille neuf cent vingt-six, on calcula qu’à ce rythme les travaux ne s’achèveraient qu’en mille neuf cent quarante-cinq et coûteraient cent dix millions.
Khurshed Framji Nariman, membre du conseil législatif qui réclamait une enquête publique, commença à faire sortir ces chiffres des dossiers administratifs. Il gagnait sa vie comme avocat au tribunal de police. Ce n’était pas un barrister britannique privilégié : les fonctionnaires soulignaient que Nariman n’était qu’un défenseur judiciaire local et insinuaient même que son travail constant avec les accusés l’empêchait de juger honnêtement.
Nariman publiait des analyses des devis dans le Bombay Chronicle et exigeait que tout le département des travaux soit examiné. Lorsqu’on lui proposa d’entrer dans une commission consultative à laquelle il était interdit d’étudier le travail du département lui-même, il refusa. La campagne mena néanmoins à une enquête officielle. Lors des audiences, Nariman affirma que l’on tentait de faire de l’ingénieur l’unique coupable, alors que le gouverneur avait lancé l’entreprise sans contrôle complet du conseil législatif.
L’ingénieur Thomas Harvey, dont le nom fut mentionné dans les témoignages, obtint l’ouverture d’une procédure pour diffamation. Pour Nariman, une condamnation aurait porté un coup à la réputation dont dépendait sa pratique d’avocat. Il se défendit lui-même devant le tribunal de police et examina pendant plus d’un an les comptes, les contrats et les témoignages des employés. En janvier mille neuf cent vingt-huit, le tribunal l’acquitta : Nariman avait formulé ses accusations de bonne foi et n’avait pas pris Harvey pour cible à titre personnel. Quelques années plus tard, il devint maire de Bombay.
Après l’enquête, le gouvernement réduisit le projet. En mille neuf cent vingt-neuf, seuls quatre des huit tronçons prévus étaient achevés ; une partie des terres gagnées fut réservée à Marine Drive et à sa digue maritime. C’est pourquoi une bande relativement étroite de route et de promenade ouverte à tous longe la baie, plutôt qu’un quartier neuf continu tel que Lloyd et Buchanan l’avaient imaginé.
Au sud, cette courbe se termine à Nariman Point. Le quartier d’affaires, créé plus tard sur le tronçon suivant de terres gagnées, fut nommé en l’honneur de Khurshed Nariman. La route est parvenue au promontoire qui porte le nom de l’avocat qui força l’arrêt du projet initial de la route.
Sur place
Promenade publique pour une promenade en extérieur ; aucun horaire particulier de passage n’a été trouvé.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.C’est ici que commence le plus long tronçon à découvert. Restez sur la partie piétonne, tenez compte du soleil, de la pluie et de la fatigue ; les récits sur les appartements ne supposent pas la visite des immeubles résidentiels.
