Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La statue de bronze de Tilak
- Le petit jardin au bord de la plage
- La bande de sable
- La mer
L’histoire du lieu
Au bord de la plage de Girgaum Chowpatty se dresse une statue de Bal Gangadhar Tilak. Le premier août mille neuf cent vingt, son corps devait être emporté de Mumbai. Compagnon de Tilak et son futur biographe, Narasimha Chintaman Kelkar voulait organiser la crémation à Pune, où Tilak avait vécu et travaillé.
Tilak avait reçu une formation juridique, enseigné le droit, puis était devenu propriétaire et rédacteur de deux hebdomadaires. À travers Kesari, journal en marathi, il revendiquait le swaraj, l’autogouvernement de l’Inde. Le journal lui procurait des revenus et une tribune politique ; ses articles conduisirent deux fois le rédacteur sur le banc des accusés. Le second procès s’était déjà conclu par presque six ans d’emprisonnement à Mandalay. Le titre honorifique Lokmanya signifiait « vénéré par le peuple ».
Quand Tilak mourut dans un hôtel de Mumbai, le chirurgien qui le soignait, Gopalrao Deshmukh, conduisit Kelkar sur le balcon. En bas se tenaient des gens qui remplissaient les rues d’un grand marché à l’autre. L’estimation officielle comptait environ deux cent mille participants. Deshmukh proposa à Kelkar de leur demander d’abord s’il était possible d’emporter le corps à Pune. Kelkar renonça à son projet.
Un crématorium ordinaire ne pouvait accueillir une telle foule. Vasantrao Dabholkar, ancien shérif de Mumbai, obtint de l’administration britannique l’autorisation d’élever le bûcher funéraire directement sur le sable de la plage de Girgaum Chowpatty. L’autorisation fut accordée à condition que cette crémation ne fasse pas précédent et qu’il n’y en ait pas d’autres ici. Le corps de Tilak fut porté à travers la ville puis brûlé sur le rivage. Aucun autre défunt ne fut effectivement incinéré sur la plage.
Les habitants de la ville se mirent toutefois à réclamer un monument à l’endroit même du bûcher. Des conseillers municipaux indiens défendirent le projet pendant cinq ans, tandis qu’un comité dirigé par la poétesse et militante du mouvement pour l’indépendance Sarojini Naidu recueillait des fonds par souscription. Le sculpteur Raghunath Krishna Phadke obtint la commande grâce à une rencontre avec Tilak de son vivant : Tilak posa pour lui durant une heure entière, le laissa prendre ses mesures et le photographier sous tous les angles, avec et sans turban. Le premier août mille neuf cent trente-trois, la statue de bronze fut inaugurée exactement au-dessus du lieu de la crémation.
Cette bande de sable avait aussi un autre lien avec Tilak. La fête domestique de Ganesh existait bien avant lui. En mille huit cent quatre-vingt-douze, Tilak appela à transférer les célébrations dans des cours communes, où les voisins pouvaient se réunir et où pouvaient se tenir des conférences publiques. Dès l’année suivante, les habitants du Keshavji Naik Chawl, à Girgaum, organisèrent la plus ancienne célébration publique de Ganesh à Mumbai. La petite figure d’argile fut d’abord placée dans un appartement du premier étage, puis portée dans la cour commune et, le dernier jour, transportée à travers le quartier vers la mer.
C’est ainsi que se déroule le visarjan, l’adieu à Ganesh au cours duquel son effigie est immergée dans l’eau. Désormais, à la fin de la fête, des processions venues de différents quartiers de Mumbai se dirigent pendant des heures vers la plage de Girgaum Chowpatty. Des milliers de figures domestiques et publiques sont acheminées jusqu’au rivage ; les plus grandes n’atteignent l’eau qu’à l’aube. La mer explique le choix de ce lieu, et le sable ouvert permet d’accueillir des processions à l’étroit dans les rues de Girgaum.
Le nom même de « Chowpatty » a probablement conservé le souvenir de quatre bras de mer qui débouchaient autrefois ici sur le rivage. Ils n’existent plus, et le mot est devenu avec le temps, à Mumbai, un nom générique pour une plage urbaine.
La statue de Tilak se trouve dans un petit jardin, au bord de ce sable. À une profondeur d’environ neuf mètres sous son piédestal repose une boîte de fer contenant son turban, ses vêtements, ses chaussures, le livre Gita Rahasya et une biographie écrite par Kelkar, l’homme qui voulait emporter le corps de Tilak à Pune.
Sur place
Plage publique et accès depuis la promenade ; l’état, les barrières et l’accès changent après les pluies et pendant les fêtes.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.La plage reste un espace public vivant, particulièrement fréquenté pendant les fêtes. Respectez les processions et les rassemblements familiaux, ne gênez pas la circulation des personnes et n’entrez pas dans l’eau pour poursuivre l’itinéraire.
