Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Grille en fonte
- Pelouse
- Arcades de pierre
- Red House rouge
L’histoire du lieu
Le cercle d’arcades de pierre s’est élevé sur les bords de l’ancien Bombay Green, une place commerciale à ciel ouvert. On y concluait des affaires de coton et d’opium ; après la démolition du fort de Bombay, la municipalité vendit les parcelles périphériques à des sociétés commerciales anglaises et laissa le centre au jardin. Le commerce passa derrière les façades identiques des bureaux et des banques, tandis qu’au milieu du quartier d’affaires subsista une pelouse derrière une grille en fonte. À l’heure du déjeuner, les employés viennent toujours ici avec leurs boîtes-repas.
À l’intérieur d’une grille en fonte se trouve un jardin ; tout autour s’étire un arc d’arcades de pierre abritant banques et bureaux. Le jour, les employés viennent sur la pelouse avec leurs boîtes-repas. Cette proximité entre un jardin et un quartier d’affaires fut imaginée dès le dix-neuvième siècle.
Autrefois, toute la place s’appelait Bombay Green. Des marchands de coton et d’opium y concluaient des affaires en plein air. Après la démolition du fort de Bombay, la municipalité vendit les parcelles périphériques à des sociétés commerciales anglaises et réserva le centre à un jardin public. Le commerce s’installa dans des bâtiments aux façades identiques, et l’ancien terrain de négoce devint un cercle de bureaux.
Dans l’un de ces bâtiments, le Red House rouge, travaillait la rédaction du Bombay Chronicle. L’avocat et homme politique Ferozeshah Mehta l’avait fondé comme réponse indienne au puissant The Times of India. En mille neuf cent treize, il invita le journaliste britannique Benjamin Guy Horniman à en devenir rédacteur en chef. Horniman voulait offrir aux partisans de l’autogouvernement indien un quotidien en anglais. À cette époque, il gagnait déjà sa vie comme journaliste en Inde depuis sept ans ; la fonction de rédacteur en chef était sa profession et sa position dans la société.
Au printemps mille neuf cent dix-neuf, l’administration britannique adopta la loi Rowlatt, qui permettait de détenir des personnes sans procédure judiciaire ordinaire. Horniman militait pour l’abrogation de la loi et, le huit avril, publia dans le Bombay Chronicle un appel à la résistance non violente. Le gouverneur de Bombay, George Lloyd, cherchait à mettre fin à cette campagne et préféra expulser le rédacteur plutôt que de porter l’affaire devant les tribunaux.
Cinq jours après cette publication, le treize avril, des milliers de personnes se rassemblèrent au jardin Jallianwala Bagh, à Amritsar. Le brigadier-général Reginald Dyer, qui avait décidé de punir les participants à un rassemblement interdit, ordonna aux soldats d’ouvrir le feu sans avertissement. Des centaines de personnes moururent. La censure militaire empêchait la transmission depuis le Pendjab d’informations sur la fusillade et les châtiments qui suivirent.
Le correspondant Govardhan Das voulut faire passer des témoignages de témoins oculaires malgré cette interdiction et les envoya à la rédaction du Bombay Chronicle. Horniman publia le récit reçu. Le vingt-six avril, on l’emmena malade de son lit, puis, le lendemain, on l’embarqua sur le vapeur Takada et on l’envoya en Angleterre. Le journal fut obligé de présenter ses textes au préalable au censeur. Les éditeurs interrompirent la publication et ne la reprirent qu’une semaine plus tard, après l’abolition de cette obligation. Govardhan Das fut condamné à trois ans de prison pour avoir transmis des informations.
En Angleterre, Horniman obtint la publication, dans le Daily Herald, des photographies sorties d’Inde, puis publia un livre sur Amritsar. On lui refusa longtemps l’autorisation de revenir. À la rédaction resta son assistant, Syed Abdullah Brelvi, qui voulait préserver la ligne antérieure du journal. En mille neuf cent vingt-quatre, il prit la tête du Bombay Chronicle et le dirigea pendant un quart de siècle. Horniman ne put revenir qu’en mille neuf cent vingt-six.
Jusqu’à l’indépendance, le jardin s’appelait Elphinstone Circle, en mémoire de John Elphinstone, ancien gouverneur de Bombay. En mille neuf cent quarante-sept, il fut renommé en l’honneur de Horniman. Le journaliste eut le temps de voir son nom sur la carte et mourut un an plus tard.
Le Bombay Chronicle cessa de paraître en mille neuf cent cinquante-neuf. Au Red House, on publie désormais le Mumbai Samachar. Le cercle porte le nom du rédacteur expulsé, et la rue près de l’ancienne rédaction porte le nom de Brelvi, qui poursuivit la publication du journal après l’expulsion de Horniman.
Sur place
Espace urbain ouvert avec un jardin au centre. L’accès à certaines entrées du jardin peut varier ; il vaut mieux observer les façades et les arcades depuis le bord extérieur du cercle.
Vérifié : 30 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Le jardin convient pour faire une pause, mais observez le cercle dans son ensemble : son sens ne réside pas dans une seule façade, mais dans le lien entre le centre vert, les banques, les bureaux et la rédaction.
