Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Les cinq coupoles de l’église-porte de la Nativité de Saint-Jean-Baptiste
- Deux arches successives
- Le portail cérémoniel extérieur
- La base de la Tour Rouge
L’histoire du lieu
L’entrée principale mène au mur est de la forteresse monastique : on y laissait entrer le tsar et le patriarche, tandis que les personnes, les voitures et les animaux empruntaient les portes de la Dormition voisines. L’actuelle église à cinq coupoles a remplacé l’église Saint-Serge : l’ancien sanctuaire fut démonté, et son autel transféré au Réfectoire Saint-Serge. Les deux arches successives et la partie basse de la Tour Rouge ont conservé l’alignement de l’ancien passage ; le portail cérémoniel extérieur ne fut ajouté qu’au dix-neuvième siècle. Aujourd’hui, tous les visiteurs entrent par les arches, et au-dessus de la seconde reste en activité l’église-porte de la Nativité de Saint-Jean-Baptiste.
Dans la nuit du huit août mille six cent quatre-vingt-neuf, le tsar Pierre Ier, âgé de dix-sept ans, arriva à ces portes pour y chercher protection. Officiellement, la Russie avait alors deux tsars. Son demi-frère aîné, Ivan V Alexeïevitch, en raison d’une grave maladie, prenait à peine part aux affaires. Leur sœur aînée, Sophie Alexeïevna, gouvernait pour eux deux. Elle cherchait à prolonger sa régence, tandis que Pierre Ier, devenu adulte, exigeait d’être admis au gouvernement.
Cette nuit-là, on annonça à Pierre Ier que des streltsy armés — soldats des régiments permanents de la capitale — se rassemblaient au Kremlin de Moscou et qu’une attaque contre sa cour de Preobrajenskoïe se préparait. Les historiens discutent de l’existence d’un véritable ordre de meurtre : les adversaires s’accusaient mutuellement de complot. Pierre Ier lui-même crut à la menace. Il laissa sa mère, sa femme et presque toute sa cour, sauta sur un cheval et partit au galop avec quelques compagnons vers la Laure de la Trinité-Saint-Serge.
Ce choix explique l’ancienne fonction de la Porte Sainte. Les murs de pierre faisaient du monastère une forteresse, et la route de Moscou en approchait par l’est. Le passage principal était ouvert au tsar et au patriarche. Les autres personnes, les voitures et les animaux empruntaient les portes de la Dormition voisines. Pierre Ier entra ici non comme pèlerin : il cherchait une forteresse où son titre de tsar pourrait être soutenu par des portes verrouillées et par ses propres ordres.
Depuis le monastère, Pierre Ier ordonna aux colonels, aux courtisans et aux hommes de service de venir auprès de lui. Il risquait tout ce qu’il avait. Sa propre cour vivait séparément, à Preobrajenskoïe, et son appui armé ne se composait encore que de petites unités de jeu, issues d’exercices militaires. Si les régiments de Moscou étaient restés avec Sophie Alexeïevna, la fuite aurait pu passer pour la panique du plus jeune tsar, incapable de gouverner le pays.
Les premiers jours, l’issue resta incertaine. Sophie Alexeïevna tenta de convaincre son frère de revenir, mais Pierre Ier refusa et lui interdit de venir au monastère. Puis le patriarche, les commandants militaires, les courtisans et des détachements toujours plus nombreux de streltsy arrivèrent auprès de lui. Fiodor Chaklovity, chef du Prikaze des Streltsy et principal soutien militaire de Sophie Alexeïevna, cherchait à maintenir son gouvernement. Lorsqu’il fut arrêté à Moscou et conduit auprès de Pierre Ier à la Laure, Sophie Alexeïevna n’eut plus personne pour résister. Chaklovity fut exécuté après une enquête, Sophie Alexeïevna fut reléguée au couvent de Novodievitchi, et Pierre Ier revint à Moscou pour prendre le gouvernement. Ivan V Alexeïevitch conserva le titre de tsar, mais continua à prendre à peine part aux affaires.
Quatre ans plus tard, on commença à construire l’église actuelle au-dessus de ce passage. L’ancienne église Saint-Serge fut démontée, et son autel fut transféré dans la nouvelle église-réfectoire Saint-Serge. Le remplacement fut financé par Grigori Dmitrievitch Stroganov, l’un des plus riches producteurs de sel du pays. La nouvelle église-porte de la Nativité de Saint-Jean-Baptiste fut alors édifiée.
On appelle le Précurseur le prophète évangélique Jean, qui préparait les hommes à l’apparition du Christ et le baptisa dans le Jourdain. Ici, le choix de ce nom avait aussi un autre destinataire : Jean le Précurseur était considéré comme le saint patron céleste du tsar Ivan V Alexeïevitch. La construction commença alors qu’Ivan V Alexeïevitch restait officiellement l’aîné des deux tsars. Il mourut en mille six cent quatre-vingt-seize, et l’église ne fut consacrée qu’en mille six cent quatre-vingt-dix-neuf, lorsque Pierre Ier gouvernait déjà seul.
L’église-porte de la Nativité de Saint-Jean-Baptiste à cinq coupoles n’existait pas encore la nuit de la fuite de Pierre Ier, et le portail cérémoniel extérieur n’apparut qu’au dix-neuvième siècle. Pierre Ier passa par la Tour Rouge et par l’arche de l’ancienne église Saint-Serge, qui se dressait à l’emplacement de l’église actuelle. La base de la tour et l’alignement des deux passages successifs ont subsisté. Tous les visiteurs y entrent désormais ; au-dessus de la seconde arche fonctionne toujours l’église nommée en l’honneur du saint patron céleste du frère qui, après cette nuit-là, ne resta tsar que par son titre.
Sur place
Le passage par les portes dépend du fonctionnement du monastère en activité. Les offices dans l’église-porte ont lieu selon un horaire distinct ; l’accès à l’intérieur n’est pas garanti.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Ne vous attardez pas au milieu du passage et laissez passer les processions liturgiques et les groupes organisés.
