Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- L’église de la Dormition à toit en pavillon
- La cathédrale de l’Exaltation-de-la-Sainte-Croix aux cinq toits en pavillon
- La tombe à droite des portes d’entrée
L’histoire du lieu
En mille huit cent quarante-huit, un bâtiment d’habitation vétuste s’effondra au monastère Broussenski de la Dormition. Les moniales échappèrent de peu à la mort. La nouvelle abbesse Olympiada avait été envoyée ici pour remettre en ordre le monastère, où les cellules en bois tombaient en ruine et où l’argent manquait pour restaurer l’ancienne église. Il lui fallait désormais reloger les sœurs, mais elle n’avait pas de quoi construire.
La vie d’Olympiada rapporte un épisode : le marchand de Kolomna Filipp Toupitsyne vit l’abbesse en pleurs, lui demanda ce qui s’était passé et promit de l’aider à bâtir des cellules en pierre. Après lui, d’autres habitants fortunés commencèrent à donner de l’argent. Olympiada fit construire plusieurs bâtiments d’habitation, organisa des repas communs pour les sœurs, puis s’attela à son projet le plus coûteux : la grande cathédrale de l’Exaltation-de-la-Sainte-Croix.
Le nouveau lieu de culte devint nécessaire à cause de l’ancienne église de la Dormition. Cette petite église blanche à toit en pavillon date de mille cinq cent cinquante-deux. Durant l’été de cette année-là, Ivan IV le Terrible rassemblait une armée à Kolomna avant de partir en campagne contre Kazan ; après la victoire, l’église fut érigée dans le Kremlin en mémoire de cette campagne. La première partie du nom du monastère vient de la dédicace de l’église à la fête religieuse de la Dormition de la Mère de Dieu. La plupart des chercheurs rattachent le mot « Broussenski » à brous, « poutre » : les premières cellules, la clôture et les autres bâtiments étaient en bois, ou, comme on disait alors, broussennye. Les documents n’ont conservé aucune explication certaine de ce nom. Après sa dévastation durant le Temps des troubles, l’ancien monastère masculin fut restauré en tant que monastère féminin.
Au milieu du dix-neuvième siècle, l’ancienne église de la Dormition était délabrée et ne pouvait accueillir toutes les sœurs. Mais la décision d’Olympiada de construire à côté une immense cathédrale à cinq toits en pavillon semblait dangereuse même à sa hiérarchie ecclésiastique. L’évêque Evgueni, venu rendre visite à deux de ses parentes moniales, rappela à l’abbesse la parabole évangélique de l’homme qui avait posé les fondations d’une tour sans calculer les dépenses et n’avait pas pu l’achever. Pour l’abbesse, c’était un avertissement direct : un chantier inachevé pouvait laisser la communauté sans argent et sans nouveau lieu de culte.
Olympiada continua de recueillir des dons. L’une des plus importantes contributions vint du bienfaiteur moscovite Iakov Ermakov, dont la fille vivait ici comme moniale sous le nom de Feofania : il finança la décoration intérieure de la cathédrale. Trois ans plus tard, l’évêque Evgueni revint à Kolomna, vit le bâtiment presque achevé, reconnut qu’il s’était trompé et offrit un Évangile destiné à l’autel. En mille huit cent cinquante-huit, la cathédrale fut consacrée.
Les moniales reçurent des bâtiments en pierre, des repas en commun et un lieu de culte spacieux. Au début des années mille huit cent soixante-dix, une importante exploitation fonctionnait déjà ici et une communauté féminine bien organisée y vivait. Après une longue interruption, la vie monastique reprit en mille neuf cent quatre-vingt-dix-sept ; aujourd’hui, des moniales vivent de nouveau ici et des offices y sont célébrés.
Olympiada mourut en mille huit cent soixante-treize. Les sœurs avaient obtenu à l’avance l’autorisation de l’enterrer à l’intérieur du monastère, à droite des portes d’entrée, en face de la cathédrale de l’Exaltation-de-la-Sainte-Croix qu’elle avait fait construire. Les moniales appelaient cette tombe « notre portière ».
Sur place
Monastère en activité ; l’accès au territoire et aux églises est soumis au calendrier des offices. Aucun horaire touristique distinct et stable n’est publié.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.C’est un monastère féminin en activité : parcourez les lieux dans le calme et, pendant les offices, contentez-vous d’observer les bâtiments de l’extérieur.
