Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Le parapet de granit avec sa rainure
- Le lit du Naviglio Grande
- Alzaia Naviglio Grande
- Ripa di Porta Ticinese
L’histoire du lieu
Les tables des cafés occupent les deux côtés du canal, mais leurs noms différents remontent à l’époque où les rives remplissaient des fonctions différentes. Ripa di Porta Ticinese est la rive près de Porta Ticinese. Alzaia Naviglio Grande est le chemin de halage où passait la corde avec laquelle les bateliers tiraient les bateaux à contre-courant.
Chargés, les bateliers rejoignaient Milan par l’eau : le courant portait lui-même les barges jusqu’à la Darsena. Après le déchargement, il fallait ramener le bateau vers le lac Majeur et les carrières, faute de quoi le voyage suivant n’aurait pas eu lieu. Ramer à contre-courant sur une lourde barge ne servait à rien. C’est pourquoi le responsable rassemblait à la Darsena jusqu’à douze bateaux, les liait proue contre poupe et engageait des charretiers avec leurs chevaux. Ils se plaçaient précisément sur l’Alzaia et tiraient le convoi depuis ici.
Le premier tronçon jusqu’à Castelletto di Abbiategrasso prenait environ une journée. Plus loin, le courant devenait plus fort : douze chevaux ne pouvaient tirer que six barges. Après les avoir livrées, les charretiers revenaient chercher celles qui restaient. Toute la remontée jusqu’aux sources durait au moins deux semaines. Les bateliers ne gagnaient pas leur vie grâce à une seule livraison spectaculaire à Milan, mais en répétant ce cycle : descendre avec la cargaison, décharger, ramener le bateau et prendre de nouveau une commande.
La corde passait dans des anneaux et contournait les angles de pierre. Près de l’entrée de la Darsena, sur le parapet de granit, on voit encore une profonde rainure qu’elle a creusée au fil de nombreux voyages. C’est la trace littérale du métier qui a donné son nom à l’Alzaia.
Dans les années mille neuf cent trente, les propriétaires de barges commencèrent à utiliser de petits tracteurs à la place des chevaux, capables de passer sous les ponts bas. Puis les clients choisirent de plus en plus souvent les camions. Le trente mars mille neuf cent soixante-dix-neuf, la dernière barge de fret passa par ce tronçon : sa coque d’acier, longue de trente-huit mètres, livra à la Darsena cent vingt tonnes de sable. Après le déchargement, aucun nouveau voyage commercial ne fut plus programmé.
Ermanno Colombo, le dernier batelier du Naviglio Grande, appartenait à une génération qui vivait encore de ce métier. Son fils Enrico se souvenait du travail de son père comme épuisant et dangereux : dans le brouillard, une seule erreur à la barre pouvait se terminer par une chute dans l’eau. Enrico lui-même ne devint pas batelier : il choisit la restauration. En deux mille quinze, on lui confia brièvement la barre d’une ancienne barge restaurée, conduite jusqu’à la Darsena en mémoire des anciens voyages.
Lorsque les commandes de fret cessèrent, les artistes, marchands et antiquaires qui travaillaient sur ces rives commencèrent à y organiser des expositions en plein air et de petits marchés. En mille neuf cent quatre-vingt-deux, ils créèrent une association commune pour ces manifestations. C’est pourquoi l’actuelle bande du soir, avec ses restaurants, ateliers et boutiques, s’est développée le long de l’ancien itinéraire de fret, tandis que le marché mensuel d’antiquités occupe toujours près de deux kilomètres de quai. Tout près de la Darsena, parmi ses étals et ses tables, demeure le granit avec la rainure creusée par la corde.
Sur place
Le quai est accessible comme espace urbain ouvert. Les cours des maisons à galeries sont souvent privées : regardez seulement depuis les portails ouverts et respectez les interdictions d’entrée.
Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Empruntez le quai accessible au public, sans vous arrêter au milieu de l’affluence dense du soir. Casa Merini demeure une adresse résidentielle ; la chambre restaurée se trouve dans un espace distinct via Magolfa et nécessite une visite séparée.
