Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- L’arche monumentale du côté du Dôme
- La coupole en verre
- La salle octogonale
- Le sol en mosaïque
L’histoire du lieu
Sous l’arche monumentale du côté du Dôme commence une rue urbaine couverte qui relie la place du Dôme à la place près du Teatro alla Scala. Elle a traversé l’ancien labyrinthe de ruelles étroites, et un second passage la coupe sous une coupole de verre, formant une salle octogonale au sol en mosaïque. Le long de ce carrefour intérieur, des boutiques et des cafés fonctionnaient dès le début : les passants allaient entre les deux principales places, les locataires obtenaient du public et la ville des revenus des locaux.
Le trente décembre mille huit cent soixante-dix-sept, Giuseppe Mengoni, âgé de quarante-huit ans, architecte et entrepreneur de l’arche monumentale du côté du Dôme, monta sur les échafaudages pour une dernière inspection. Il restait un jour avant l’échéance prévue par le contrat. Mengoni tomba et mourut sur le coup.
Il œuvrait pour cette arche depuis seize ans. Après le départ de l’administration autrichienne, les fonctionnaires milanais s’occupèrent du centre-ville. Entre le Dôme et la place récemment aménagée près du Teatro alla Scala se trouvait un quartier de rues étroites. La municipalité voulait y tracer une voie directe et lança un concours d’architecture. Mengoni, jeune ingénieur venu de Bologne, cherchait à obtenir sa première grande commande urbaine. Sa proposition fut d’abord écartée du premier prix, mais, après de nouveaux tours, c’est à lui que fut confié le projet définitif.
Mengoni traça entre les deux places une rue couverte et la croisa d’un second passage. Sous la coupole centrale en verre se forma un espace octogonal, bordé de boutiques et de cafés. On pouvait aller du Dôme au théâtre, se rencontrer et faire des achats sous un même toit. Le commerce y était prévu par les concepteurs dès le début : les locataires bénéficiaient du passage des piétons, et la ville, des revenus des locaux.
Le nom lui-même renvoie au projet des premières années de l’Italie unifiée. Vittorio Emanuele II fut le premier roi du nouvel État et soutenait personnellement ce coûteux chantier, qui suscitait des débats. Le sept mars mille huit cent soixante-cinq, il posa la première pierre au centre du futur octogone. Dans le granit, on plaça une boîte de plomb contenant le procès-verbal de la cérémonie, des plans, des photographies et des monnaies italiennes et anglaises. Deux ans plus tard, le roi revint et signa l’acte d’ouverture de la galerie, qui portait déjà son nom.
Le passage fut ouvert au public alors que l’entrée principale du côté du Dôme n’était pas encore achevée. Puis une société de promotion anglaise fit faillite et céda les biens immobiliers à la municipalité. Mengoni fut écarté de la direction pendant plusieurs années. Lorsqu’il y fut rétabli, il répondit de l’arche finale de son propre nom et de son propre argent : en mille huit cent soixante-seize, l’architecte prit lui-même ce chantier à forfait.
Après sa mort, les fonctionnaires milanais renoncèrent à plusieurs parties du projet d’ensemble : la Loggia royale, le prolongement des portiques et le Palais de l’Indépendance, que Mengoni comptait construire face au Dôme. L’arche du côté du Dôme est la dernière partie qu’il eut le temps d’achever. Sous elle commence la rue couverte Vittorio Emanuele II ; en face, l’emplacement destiné au palais du projet de Mengoni est resté vide.
Sur place
Il y a souvent du monde près de la mosaïque ; ne bloquez pas le passage et observez le sol depuis le bord si une file s’est formée autour.
