Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Façade du Teatro alla Scala
- Palazzo Marino
- Monument à Léonard de Vinci
- Arc de la galerie Victor-Emmanuel-II
L’histoire du lieu
Entre la façade du théâtre et l’hôtel de ville se trouve une place ouverte ; en son centre, un groupe en bronze représente le maître avec quatre élèves. Elle a hérité son nom de l’église de la cour où environ vingt prêtres célébraient des offices pour les membres vivants et morts de la famille Visconti. Les propriétaires des loges du théâtre avaient des droits de propriété sur leurs places et payèrent eux-mêmes la construction de la nouvelle salle, tout en conservant ces droits. Le nom de famille de Beatrice della Scala est resté sur l’affiche du théâtre et sur les plaques de la place.
Depuis la galerie Victor-Emmanuel-II, on débouche devant la façade du Teatro alla Scala. En face se trouve le Palazzo Marino, l’hôtel de ville de Milan ; au centre, Léonard de Vinci est entouré de quatre élèves. Cet aspect n’est apparu qu’au milieu du dix-neuvième siècle. Jusqu’en mille huit cent cinquante-huit, il n’y avait pas de place ici.
Son nom est bien plus ancien. En mille trois cent quatre-vingt-un, Beatrice della Scala, fille du dirigeant de Vérone et épouse du dirigeant milanais Bernabò Visconti, décida de remplacer la petite église qui se trouvait ici par une grande église de l’Assomption de la Vierge. Scala est le nom de famille de sa lignée véronaise. La nouvelle église fut d’abord appelée Santa Maria alle Case Rotte, d’après les « maisons en ruine » qui l’entouraient ; puis elle prit le nom de sa fondatrice : Santa Maria della Scala.
Beatrice mourut alors que les murs étaient déjà élevés, mais que l’entretien du clergé n’avait pas encore été assuré. Bernabò mena son projet à terme : l’église compta environ vingt prêtres, tenus de célébrer des offices pour les membres vivants et morts de la famille Visconti. Le nom de famille de cette femme devint ainsi celui de l’église de la cour et le resta pendant près de quatre siècles.
En mille sept cent soixante-seize, un incendie détruisit l’ancien opéra milanais du palais ducal. Les propriétaires de ses loges perdirent plus que leurs places aux spectacles : les loges étaient considérées comme leur propriété. L’impératrice Marie-Thérèse chargea Giuseppe Piermarini de construire ici un nouveau théâtre, sur le terrain de Santa Maria della Scala, devenue vétuste. Les frais furent mis à la charge des propriétaires des loges ; en échange, on leur céda le terrain de l’ancienne église et on leur restitua la propriété des loges de la nouvelle salle. L’église fut démolie et, en mille sept cent soixante-dix-huit, le théâtre qui en conserva le nom ouvrit ses portes.
Devant le théâtre passait toujours une rue étroite. Les vieilles maisons se dressaient presque contre la façade, et les voitures s’accumulaient près de la galerie couverte où les passagers descendaient. En mille huit cent cinquante-six, l’administration ordonna de démolir le quartier d’en face ; deux ans plus tard, un espace ouvert se forma entre le théâtre et le Palazzo Marino. Le nom de piazza della Scala lui fut donné en mille huit cent soixante-cinq.
Plus tard, les fonctionnaires municipaux y transférèrent le monument à Léonard prévu pour une autre place. Le sculpteur Pietro Magni représenta le maître au-dessus de quatre élèves qui avaient travaillé à Milan ; le groupe fut inauguré en mille huit cent soixante-douze, alors que la galerie Victor-Emmanuel-II et l’hôtel de ville étaient déjà là tout près.
Il ne reste aucun mur de l’église de Beatrice : le théâtre se dresse à son emplacement. Son nom de famille a subsisté sur l’affiche du théâtre et sur les plaques de la place, qui n’existait pas encore ici du vivant de Beatrice.
Sur place
Contournez le monument pour voir l’ensemble du groupe ; les façades se comparent plus facilement depuis la partie centrale de la place.
