Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Façade principale
- Deux clochers
- Atrium sud
- Fenêtres archéologiques
L’histoire du lieu
Le mot « cathédrale » est lié à la cathèdre de l’archevêque, son siège officiel dans l’église. L’actuelle cathédrale métropolitaine de Mexico fut construite à côté d’un lieu de culte plus ancien, alors en activité : il se dressait là où se trouve aujourd’hui l’atrium sud devant la façade. Sous l’atrium, les archéologues ont mis au jour une partie de ses murs, de ses pièces, de ses chapelles et de ses autels ; certains vestiges sont visibles à travers les fenêtres archéologiques. Les deux clochers qui encadrent la façade principale furent ajoutés plus tard.
Le quinze janvier mille six cent vingt-quatre, des Indiens employés sur le chantier de cette cathédrale prirent des échelles de travail et les portèrent à travers la place jusqu’au palais du vice-roi. Les échelles furent appuyées contre les fenêtres tandis que d’autres participants à la révolte mettaient le feu aux portes principales du palais.
Une chronique contemporaine des événements appelle précisément ces hommes « les Indiens du chantier de l’église principale ». Les historiens les rattachent à des brigades venues des quartiers de San Juan Tenochtitlan et de Santiago Tlatelolco. Les habitants de ces quartiers travaillaient sur les chantiers de la ville en échange d’une exemption de tribut. Un document rédigé cinq ans plus tard accordait à un ouvrier de la cathédrale deux réaux par jour. Leur participation à l’attaque contre le représentant du roi les exposait à un procès pour rébellion.
L’édifice imposant d’aujourd’hui était alors encore en construction. Plus au sud, à l’emplacement de l’actuel atrium devant la façade, se dressait l’ancienne cathédrale de Mexico, alors en activité. C’est là que se trouvait la cathèdre de l’archevêque, son siège officiel dans l’église. C’est de là que vient le mot « cathédrale » : la taille du bâtiment ne suffit pas, à elle seule, à lui donner ce nom.
L’archevêque de Mexico était Juan Pérez de la Serna. Il voulait que les tribunaux ecclésiastiques et le droit d’asile dans un couvent ne soient pas soumis aux ordres du représentant du roi. Le vice-roi Diego Carrillo de Mendoza, marquis de Gelves, gouvernait la Nouvelle-Espagne, nom de la vice-royauté espagnole dont Mexico était le centre. Il voulait remettre à la justice civile le fonctionnaire Melchor Pérez de Varaiz, accusé de transactions illégales et de spéculations sur le grain. Varaiz s’était réfugié au couvent de Santo Domingo, et le différend sur son arrestation devint un affrontement entre deux systèmes judiciaires.
Le vice-roi ordonna l’expulsion de l’archevêque de la ville. Juan Pérez de la Serna répondit en excommuniant le représentant du roi et en ordonnant la cessation des offices dans les églises de son diocèse. Cette interdiction s’appelait un interdit : pour les habitants de la ville, l’ordre habituel de la vie religieuse était suspendu. Les noms des excommuniés étaient affichés sur les portes, et les cloches annonçaient la sanction. L’exil de l’archevêque et la fermeture des églises devinrent la cause immédiate du soulèvement. Lorsque le vice-roi interdit aux gens de se rassembler sur la place, deux Indiens furent arrêtés et fouettés publiquement pour avoir désobéi à l’ordre de se disperser.
Quelques jours plus tard, une foule encercla le palais. Les ouvriers apportèrent les échelles de la cathédrale, les assaillants brisèrent les fenêtres, libérèrent les prisonniers et atteignirent les appartements du représentant du roi. Le marquis de Gelves ôta son vêtement officiel et ses lunettes, puis attacha un mouchoir blanc à son chapeau : c’était le signe auquel les participants à la révolte reconnaissaient les leurs. Ainsi vêtu, il sortit par une porte latérale et gagna un couvent franciscain. Le palais fut pris, et le pouvoir passa à l’Audience royale de Mexico.
Les vainqueurs ne conservèrent pas non plus leurs fonctions. Le marquis de Gelves fut remplacé par un nouveau vice-roi. Juan Pérez de la Serna fut appelé en Espagne ; il reçut plus tard un siège épiscopal à Zamora et ne revint jamais à Mexico. Lors de l’enquête sur la révolte, plus de cent personnes furent arrêtées ; des amendes et des peines de prison furent infligées à des artisans, des commerçants, des étudiants et des ecclésiastiques. En mille six cent vingt-sept, le roi pardonna à tous les accusés sans exception et leur rendit officiellement leur honneur.
L’ancienne cathédrale de Mexico fut démolie peu après la révolte. Sous l’atrium sud, les archéologues ont trouvé ses murs, ses pièces, ses chapelles et ses autels ; une partie des vestiges est visible à travers les fenêtres archéologiques. Les tours actuelles et les cloches qui y sont suspendues apparurent plus tard. De ce jour, il reste ici les murs souterrains de la première cathédrale et la distance exacte à travers la place que les ouvriers parcoururent avec les échelles jusqu’aux fenêtres du palais.
Sur place
Depuis l’extérieur, on perçoit bien l’échelle et la position de la cathédrale par rapport à la place. À l’intérieur, observez le silence et ne gênez pas l’office ; l’accès à certaines zones peut être limité.
