Étape 3 sur 4

La Vieille Charité

Centre de la Vieille Charité

L’ancien hospice montrera comment l’architecture séparait les gens et quelles traces de cet ordre ont subsisté après la restauration.

25 min
La Vieille Charité, Marseille, chapelle
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Audioguide · voix enregistréeÉcouter l’histoire du lieu

Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Le dôme ovale de la chapelle
  • Trois niveaux de galeries
  • Les rangées de petits pavés
  • Les murs extérieurs aveugles

L’histoire du lieu

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Les galeries de pierre s’élèvent autour de la cour sur trois niveaux, et un dôme ovale se dresse au-dessus de la chapelle centrale. Derrière des murs extérieurs presque aveugles, quatre ailes forment un îlot fermé qui servit longtemps d’hospice et de lieu de travail pour ses pensionnaires : des ateliers artisanaux y fonctionnaient. Plus tard, des familles vécurent dans les pièces désertées, et ces pièces sont aujourd’hui occupées par des musées, des expositions et des centres de recherche.

En mille six cent quarante et un, le conseil municipal ordonna aux mendiants marseillais de se présenter ici et d’y rester, et aux arrivants de quitter la ville dans les deux jours. Emmanuel Pasquier, chanoine de la cathédrale voisine La Major, voulait que les pauvres soient rassemblés sous un même toit et entretenus grâce aux dons et à ce qu’ils gagneraient eux-mêmes. Il réunit soixante-douze bienfaiteurs ; avec leur argent, on acheta ici plusieurs maisons, sur ce qui était alors la place de l’Observance. L’hospice fut nommé en l’honneur de Notre-Dame, Mère de Miséricorde. Le mot français « charité » signifie justement miséricorde.

La Charité se dota rapidement de serrures et de gardes. Dix gardes armés en uniforme rouge parcouraient Marseille à la recherche des mendiants et des vagabonds. On les appelait les « chasseurs de mendiants ». Les habitants se voyaient promettre une récompense pour leurs dénonciations, mais certains Marseillais prenaient la défense des personnes poursuivies et attaquaient les gardes. Les habitants de la ville qui étaient capturés étaient enfermés à la Charité, les étrangers expulsés. Pour une tentative d’évasion, on pouvait être exposé au pilori ou marqué au fer rouge.

Les pensionnaires de la Charité devaient payer leur entretien par leur travail. À l’intérieur fonctionnaient des ateliers de cordonniers, de charpentiers, de maçons et de tisserands. On enseignait la couture aux filles, la lecture, l’écriture, la navigation et la conduite d’un navire aux garçons, puis les administrateurs plaçaient les enfants comme apprentis, marins ou domestiques. Les malades étaient envoyés à l’Hôtel-Dieu voisin : cet « hôpital général » était destiné avant tout à isoler et à rééduquer les pauvres, et non à les soigner. Certaines années, il y avait plus d’un millier de personnes, et quatre devaient partager un même lit.

Les anciennes maisons ne pouvaient déjà plus contenir tout le monde. En mille six cent soixante et onze, les administrateurs chargèrent Pierre Puget, architecte royal originaire de ce quartier, de commencer l’édifice actuel. Ils lui imposèrent une condition précise : les bienfaiteurs et les administrateurs ne devaient pas se mêler aux pensionnaires, et les hommes, les femmes et les enfants devaient être séparés dans différentes parties du complexe.

D’où les quatre ailes presque aveugles vues de l’extérieur, les trois niveaux de galeries et la chapelle au milieu d’une cour fermée. Dans la chapelle même se dressaient des grilles ; des escaliers et des passages séparés permettaient aux différents groupes d’assister à l’office sans se rencontrer. Le dôme ovale de Puget couvrait un espace où même la prière suivait des parcours séparés à l’avance.

Après la Révolution, le travail forcé fut aboli, et l’on commença à y accueillir principalement des orphelins et des vieillards indigents. En mille huit cent quatre-vingt-dix, ils furent transférés dans le nouvel Hospice Sainte-Marguerite. Les Marseillais l’appelaient la Nouvelle Charité, et le bâtiment resté sur place, La Vieille Charité. Ainsi, le nom actuel ne marque pas l’âge de l’architecture en lui-même, mais le déménagement de l’institution elle-même.

Plus tard, des logements furent aménagés dans les salles désertées. Après la destruction d’une partie des quartiers près du Vieux-Port, on y installa des habitants de la ville qui avaient perdu leur logement ; dans les années mille neuf cent cinquante, cent quarante-six familles vivaient à la Charité. Lorsque l’écrivaine Edmonde Charles-Roux y amena le photographe Robert Doisneau, les habitants jetèrent sur leurs invités ce qui leur tombait sous la main : ils craignaient que les photographies n’accélèrent leur expulsion. Pour la même raison, on ne laissa pas les ouvriers commencer la restauration de la chapelle.

Parallèlement, Jean Cherpin, fondateur de l’association « Arts et livres de Provence », militait pour transformer la Charité en maison des sciences et des arts. D’autres proposaient de démolir les corps de logis, de construire de nouvelles maisons à leur place et de ne conserver que la chapelle. Le bâtiment fut préservé dans son intégralité ; les familles furent relogées d’ici à mille neuf cent soixante-deux et, après une longue restauration, des musées, des salles d’exposition et des centres de recherche y ouvrirent.

Les restaurateurs retirèrent les grilles, les doubles verrous à l’entrée et les cloisons de la cour. La plupart des pierres des arcades durent être remplacées une à une. Les emplacements des anciennes clôtures furent marqués par des rangées de petits pavés : aujourd’hui, les visiteurs des deux musées les franchissent librement, alors qu’autrefois ces lignes empêchaient les pensionnaires de la Charité de se rencontrer, même près de la chapelle centrale.

Sur place

Temps sur place25 min
Point suivantFort Saint-Jean et le musée au bord de la mer
Entréede l’extérieur

Horaires officiels à la date de vérification : mardi — dimanche, 09:00 — 18:00 ; fermé le lundi, sauf les lundis de Pâques et de Pentecôte ; la caisse ferme 30 minutes avant la fermeture. Les collections permanentes sont gratuites, les expositions temporaires peuvent être payantes.

Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Il vaut mieux écouter le récit dans la cour, sans gêner le passage ni le travail des institutions. Si l’espace intérieur est inaccessible, observez le complexe depuis l’extérieur ; la visite des expositions des musées se prévoit séparément.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Descendez vers La Major et longez le rivage jusqu’au Fort Saint-Jean.

Étape 3 sur 4Ensuite : Fort Saint-Jean et le musée au bord de la mer

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Vieux-Port et Le Panier : du rivage antique au Mucem » — 4 étapes, environ 2,4 km, Environ 2 heures avec de courtes pauses ; jusqu’à 3 heures en visitant les salles.

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