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Jardin archéologique du port antique

Jardin des Vestiges / Site archéologique du Port Antique

Vous comprendrez ici comment un chantier de construction est devenu une frontière ouverte sur la Marseille antique.

20 min
Jardin des Vestiges - Marseille 2014
José Luiz Bernardes Ribeiro · CC BY-SA 3.0; cropped/resized for app; ShareAlike applies
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Route grecque
  • Quai de pierre
  • Tours des portes de la ville
  • Sillons laissés par le godet

L’histoire du lieu

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Dans le jardin archéologique, on voit la limite de la Marseille antique : quatre tours de porte, une route vers le centre-ville et un quai au bord de l’eau. À l’extérieur des remparts, on enterrait les morts, et depuis les portes, la route partait en direction de l’Italie. À l’extrémité sud de la baie du Lacydon, les Romains approfondirent une darse pour les navires, aménagèrent un quai et construisirent un bassin d’eau douce. Puis la darse s’envas a, et des ateliers, des maisons et de nouvelles sépultures occupèrent l’ancien rivage ; la route grecque resta sous le pavement romain plus tardif.

Au printemps mille neuf cent soixante-sept, on creusait ici une excavation pour un complexe commercial et d’affaires ainsi qu’un parking souterrain. On connaissait d’avance l’existence d’antiquités : dès mille neuf cent treize, des constructeurs avaient trouvé un tronçon de mur massif. Le conseil municipal autorisa le démontage pierre par pierre de l’ancienne maçonnerie, puis sa reconstruction sur l’esplanade au-dessus du futur parking.

Les godets des excavatrices mirent au jour bien plus que ne l’avaient prévu les concepteurs. Les fouilles étaient dirigées par François Salviat, responsable des antiquités de Provence et de Corse, et par Maurice Euzennat, directeur de l’Institut d’archéologie méditerranéenne. Ils cherchaient à conserver les découvertes sur place. Les blocs extraits du sol pouvaient encore être exposés, mais ils auraient alors perdu leur lien avec la porte, la route, le rivage et les tombes.

Les archéologues dégagèrent environ cent cinquante mètres de fortifications, quatre tours, une entrée monumentale et un quai de pierre. Sous le pavement romain apparut une route grecque plus ancienne. Les maçonneries à l’intérieur du jardin appartiennent à des siècles différents, car les fouilles ont atteint la limite de la ville antique.

À cette limite se rejoignait tout ce dont avait besoin une personne arrivant à Marseille. La route venant d’Italie passait entre les tours et se prolongeait vers le centre-ville. Les zones funéraires se trouvaient à l’extérieur des remparts. Plus au sud, le rivage s’incurvait vers l’extrémité étroite de la baie du Lacydon : c’est ainsi que l’on appelait l’étendue d’eau dont le Vieux-Port actuel demeure une partie. À l’époque romaine, les habitants approfondirent ici une darse d’accostage, aménagèrent un quai de pierre et un bassin d’eau douce pour les marins et les habitants. Plus tard, la darse s’envas a, et des ateliers, des habitations et de nouvelles sépultures apparurent sur l’ancien rivage.

Paul-Marie Duval, professeur d’archéologie et d’histoire de la Gaule au Collège de France et président du Conseil supérieur de l’archéologie, engagea son autorité professionnelle en faveur de la préservation de la fouille. En août mille neuf cent soixante-sept, il expliqua publiquement qu’un déplacement détruirait l’organisation des maçonneries et rendrait le système défensif incompréhensible. Les archéologues montrèrent les découvertes aux journalistes et aux habitants, publièrent des résultats préliminaires en distinguant ce qui était prouvé des hypothèses.

En octobre, le ministre des Affaires culturelles André Malraux déclara les fouilles d’utilité publique et confia le terrain au service archéologique de l’État pour un an. Les constructeurs durent se retirer d’une partie du territoire. Les recherches se poursuivirent, l’ensemble découvert obtint le statut de monument historique et, en mille neuf cent quatre-vingt-trois, un musée et le Jardin des Vestiges ouvrirent ici. Le centre commercial fut construit sur les parcelles auxquelles les archéologues avaient renoncé ; environ un hectare fut conservé à ciel ouvert.

L’un des fragments sauvés porte encore le nom de mur de Crinas. Crinas était un médecin marseillais du premier siècle de notre ère. Il partit à Rome pour y trouver une clientèle fortunée, prescrivait des régimes alimentaires selon le mouvement des étoiles, s’enrichit et consacra une partie de sa fortune aux fortifications de sa Massalia natale, la Marseille antique. Lorsque le mur fut découvert en mille neuf cent treize, on le rattacha à ce don.

Les fouilles de Salviat et Euzennat corrigèrent l’attribution : la maçonnerie fut édifiée vers le milieu du deuxième siècle avant notre ère, près de deux siècles avant Crinas. Son nom est resté attaché au mur comme ancienne explication de la découverte.

Sur plusieurs blocs anciens, on distingue de larges sillons parallèles. Ils ont été laissés par les dents d’un godet d’excavatrice en mille neuf cent soixante-sept.

Sur place

Temps sur place20 min
Point suivantL’Hôtel de Ville et le quai nord du Vieux-Port
Entréede l’extérieur

Site archéologique du port antique : entrée libre ; horaires officiels à la date de vérification — mardi — dimanche, 09:00 — 18:00. L’accès est indiqué par la rue Barbusse.

Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Regardez uniquement depuis les zones ouvertes et les passages autorisés. Si le jardin est fermé, les principales ruines peuvent être observées depuis la bordure extérieure accessible ; ne franchissez pas les barrières.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Descendez au Vieux-Port et prenez à droite le long de l’eau.

Étape 1 sur 4Ensuite : L’Hôtel de Ville et le quai nord du Vieux-Port

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Vieux-Port et Le Panier : du rivage antique au Mucem » — 4 étapes, environ 2,4 km, Environ 2 heures avec de courtes pauses ; jusqu’à 3 heures en visitant les salles.

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