Étape 6 sur 7

Monument aux héros de l’Armée d’Orient et des terres lointaines

Monument aux héros de l’Armée d’Orient et des terres lointaines

L’arc portera la mémoire du front lointain jusqu’à la route maritime par laquelle partaient les soldats.

15 min
Monument aux héros de l’Armée d’Orient et des terres lointaines : photo du contexte immédiat de l’itinéraire, et non du monument lui-même.
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • L’arc de granit
  • La Victoire de bronze
  • Les inscriptions sur la pierre
  • La mer dans l’ouverture de l’arc

L’histoire du lieu

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L’arc de granit, à l’entrée du Vallon des Auffes, fut érigé sur un promontoire rocheux au-dessus de la mer. L’eau est visible dans son ouverture, et une Victoire de bronze s’élève au-dessus de la pierre ; les noms de la fédération des anciens combattants, du comité et de la souscription nationale sont gravés sur les blocs eux-mêmes. Le monument est dédié à l’Armée d’Orient ainsi qu’aux soldats et marins morts loin de la France. Sous la figure de bronze subsiste une inscription sur le premier armistice.

La cérémonie de pose de la première pierre eut lieu tout à fait ailleurs. Les vétérans du front de l’Est réclamaient leur propre monument national : leurs camarades étaient morts aux Dardanelles et dans les Balkans, et les familles voulaient obtenir un lieu de mémoire en France. La Fédération des anciens combattants de l’Armée d’Orient, dirigée par Gustave Gouin, commença à recueillir des dons. L’État, le département et Marseille apportèrent également des fonds.

Le projet rencontra une opposition. La France avait déjà enseveli sous l’Arc de triomphe de l’Étoile, à Paris, le Soldat inconnu, qui devait représenter tous les morts. Les opposants à un monument distinct pour les unités de l’Est craignaient que la mémoire commune ne soit de nouveau divisée selon les fronts. Le Parlement approuva néanmoins les dépenses et, le huit mai mille neuf cent vingt-deux, le président de la République posa la première pierre à la sortie de l’avenue du Prado vers le rond-point des plages. L’arc actuel ne s’y trouve pas : la construction ne commença jamais sur le terrain choisi.

Deux ans plus tard, un concours fut organisé. Gaston Castel, architecte en chef du département et ancien prisonnier de guerre grièvement blessé, voulait installer un portique ouvert sur un promontoire rocheux face à la mer, afin qu’il soit visible de loin. L’emplacement fut déplacé ici, à l’entrée du Vallon des Auffes. Depuis le port de Marseille partaient des navires chargés de soldats, de mulets et de matériel militaire ; au-delà de la Méditerranée se trouvaient les fronts auxquels le monument était dédié. L’arc reçut ainsi un second nom : Porte d’Orient.

On appelait Armée d’Orient les unités françaises envoyées en mille neuf cent quinze, d’abord aux Dardanelles. Le débarquement à Gallipoli se termina par une défaite. Les troupes furent ensuite transportées à Salonique : elles tentèrent d’aider l’armée serbe en retraite et tinrent le front de Macédoine. Les soldats vivaient avec un ravitaillement insuffisant et une eau contaminée ; le scorbut, la dysenterie, le typhus et le paludisme emportaient des hommes autant que les combats. Tandis que le front bougeait à peine, ces militaires furent appelés avec mépris les « jardiniers de Salonique » et soupçonnés de s’être abrités de la véritable guerre. Les mots « terres lointaines » dans le nom du monument étendaient la dédicace à d’autres soldats et marins morts loin de la France.

En juin mille neuf cent dix-huit, Louis Franchet d’Espèrey prit le commandement des armées alliées en Orient. Il cherchait à percer les positions bulgares là où les voies de ravitaillement de deux armées bulgares passaient par la vallée du Vardar. Le quinze septembre, des unités françaises et serbes traversèrent les montagnes de Macédoine et rompirent le front. Le général Jouinot-Gambetta, commandant d’une brigade de cavalerie nord-africaine, mena les spahis et les chasseurs d’Afrique à cheval en contournement. Ils parcoururent environ quatre-vingts kilomètres dans les montagnes sans cartes, artillerie ni approvisionnement alimentaire et, le vingt-neuf septembre, occupèrent par surprise Üsküb, l’actuelle Skopje. Ce même jour, la Bulgarie signa l’armistice. Le premier État allié de l’Allemagne à sortir de la guerre fut celui dont le front avait été percé par une armée considérée comme inutile. Ses derniers soldats français ne rentrèrent chez eux qu’en mars mille neuf cent dix-neuf.

Le vingt-quatre avril mille neuf cent vingt-sept, Gustave Gouin remit officiellement le monument achevé au maire de Marseille. Sur la pierre figurent encore la fédération des anciens combattants, les membres du comité et la souscription nationale. Sous la Victoire de bronze sont gravés les mots : « vingt-neuf septembre mille neuf cent dix-huit — premier armistice ». La première pierre fut posée au Prado ; le résultat fut érigé ici, au-dessus de la route maritime de l’Armée d’Orient.

Sur place

Temps sur place15 min
Point suivantVallon des Auffes
Entréede l’extérieur

Ouvert jour et nuit en plein air ; les marches peuvent être glissantes après la pluie.

Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Le monument se visite de l’extérieur et ne nécessite pas de réservation. Sur les marches, regardez où vous mettez les pieds et tenez compte de la proximité de la route.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Descendez depuis l’arc sous le viaduc, vers le port de pêche.

Étape 6 sur 7Ensuite : Vallon des Auffes

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« De la Basilique Notre-Dame de la Garde au Vallon des Auffes (anciennement Vallon du Roi) » — 7 étapes, 3,5 km, 2–3 heures.

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