Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La tour du minaret
- La plateforme supérieure
- Les boules de cuivre sur la flèche
L’histoire du lieu
La maçonnerie de pierre de cette tour devient plus fine vers le haut : les bâtisseurs allégeaient ainsi les étages supérieurs, construits en grès local et en brique. Le minaret carré se dresse à l’angle est de la mosquée de la Koutoubia, près de la salle de prière principale. Ses façades sont divisées en cinq bandes d’arcs sculptés et de céramique verte et blanche. Au-dessus, une rangée de petites boules de cuivre est maintenue sur la flèche.
La tour fut construite pour le travail d’un seul homme. Le muezzin — le serviteur qui annonce aux fidèles l’heure de la prière — montait jusqu’à la plateforme supérieure et lançait l’appel successivement dans les quatre directions. Cela se répétait cinq fois par jour, de la prière avant l’aube à celle de la nuit. Aujourd’hui, la voix est diffusée par des haut-parleurs, mais à l’intérieur du minaret subsiste l’ancien parcours : six pièces sont superposées, et une large rampe inclinée les entoure. Elle mène presque à soixante-dix mètres de hauteur sans long escalier.
Là où s’achevait l’ascension du muezzin commence la légende de la boule d’or. C’est bien une légende, non un épisode historique établi. Dans une ancienne version, l’épouse du calife almohade Yacoub al-Mansour se nomme Aïcha. Le calife décida de divorcer d’elle, d’épouser une autre femme et de reprendre les bijoux qu’il lui avait lui-même offerts auparavant. Aïcha voulait conserver ses parures, mais elle comprenait que l’on trouverait n’importe quel coffre au palais et que celui qui accepterait de cacher son or risquerait sa vie.
Elle s’adressa à Bouchaïb, surnommé al-Miskine — le Pauvre. Il était orfèvre : chaque jour, il faisait fondre les bracelets, les bagues et les colliers d’autrui, mais après son travail il ne recevait qu’une petite rémunération. Bouchaïb voulait épouser Rana, la fille d’un tisserand du souk, mais il ne pouvait réunir la dot que son père exigeait. Aïcha promit de payer la somme nécessaire au mariage.
Bouchaïb jugea que le calife ordonnerait de chercher l’or enterré dans la terre, et de faire chercher celui jeté dans l’eau par des plongeurs. Il proposa de confier le trésor au feu et à l’air. L’artisan fit fondre les bijoux d’Aïcha, enferma les pierres précieuses dans une boule d’or et, de nuit, monta au minaret pour remplacer par elle la plus petite boule de cuivre de la flèche.
Après le divorce, Aïcha retourna dans la maison de son père. Les hommes du calife fouillèrent le palais, les maisons des habitants et les plans d’eau, mais ne trouvèrent pas les bijoux. Bouchaïb reçut la rémunération promise, versa la dot et épousa Rana. L’or, si l’on en croit le conteur, resta au-dessus de la ville, là où le muezzin montait chaque jour.
Une rangée de boules est encore enfilée sur la flèche. Elles sont fabriquées de feuilles de cuivre rivetées ; aucune boule d’or confirmée ne se trouve parmi elles. L’ancienne légende ajoute une dernière épreuve, elle aussi légendaire : des ouvriers auraient remarqué que, lorsqu’on la frappait, une boule ne rendait pas un son aussi sourd que les autres. Il est impossible de le vérifier depuis le sol.
Sur place
Observation extérieure dans un espace urbain ouvert ; le relief, la bande verte près du sommet et les proportions se lisent mieux sous une lumière latérale. L’accès à l’intérieur n’est pas inclus dans l’itinéraire.
Vérifié : 30 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Écoutez depuis l’extérieur, en choisissant un endroit hors du principal flux de passants. Pour mieux voir les boules au sommet, utilisez le zoom de l’appareil photo sans vous avancer sur la chaussée pour prendre la photo.
